L'Eure Agricole Et Rurale 23 décembre 2020 a 08h00 | Par Thierry Guillemot

Viens chez moi, j’habite chez une copine.

Une sous-capacité en bâtiment, un trop-plein de travail, un bilan fourrager trop juste, un problème environnemental, une activité que je ne maîtrise pas ou qui ne me plaît pas... Et si je déléguais l’élevage de mes génisses laitières ? Un nouveau service créé et encadré par Littoral Normand.

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Jean-Michel Leroy et François Capelle (éleveurs
de génisses), Thierry Hulmer (président de Littoral Normand), Jean-Michel Cuminet (vétérinaire-conseil et référent génisses Littoral Normand), Benoît Colombel (responsable de projets Littoral Normand).
Jean-Michel Leroy et François Capelle (éleveurs de génisses), Thierry Hulmer (président de Littoral Normand), Jean-Michel Cuminet (vétérinaire-conseil et référent génisses Littoral Normand), Benoît Colombel (responsable de projets Littoral Normand). - © DR.

Elles sont sarthoises, mais passeront leur jeunesse dans la Manche, chez Jean-Michel Leroy, agriculteur à Montpinchon. Jean-Michel, comme son collègue François Capelle du Gaec de la Bauquière (Quettreville-sur- Sienne), est un ancien producteur de lait qui se spécialise désormais dans l’élevage de génisses laitières pour autrui. Un nouveau service, Déleggénisses, porté sur les fonts baptismaux par Littoral Normand.

 

DES ÉLEVEURS D’EXCELLENCES

Un nouveau service, enfin en Normandie, car de l’autre côté du Couesnon ou dans les Pays de la Loire, la délégation de l’élevage des génisses existe depuis 30 ans. « On veut des éleveurs techniciens de la génisse, des éleveurs d’excellence », prévient d’emblée Thierry Hulmer, le président de Littoral Normand. Ils sont deux pour l’instant, mais l’appel à candidatures pour un troisième est lancé car la demande est là. Chacun peut y trouver son compte dans le cadre d’un contrat gagnant/gagnant où les risques sanitaires, juridiques, financiers (...) sont maîtrisés. Le cahier des charges est drastique. Sur le plan sanitaire, il a été élaboré en collaboration avec les groupement de défense sanitaire (GDS) avec une précaution renforcée sur les maladies réglementées, la paratuberculose, le BVD, la néosporose.

Côté technique, 7 à 8 pesées sur 24 mois sont imposées. Les génisses sont accueillies vers l’âge de 20 jours et retournent dans leur élevage d’origine 50 à 60 jours avant vêlage. Prix d’achat : 200 euros environ. Prix de revente : 1 500 euros environ.

Le différentiel de 1 300 euros servant à rémunérer l’éleveur et couvrir les frais de services apportés par Littoral Normand.

 

DE NOUVELLES ORIENTATIONS POUR CERTAINS

« Cela peut donner de nouvelles orientations à certaines exploitations », estime Thierry Hulmer. Des bâtiments d’élevage inoccupés, une salle de traite à bout de souffle, mais pas de volonté de réinvestir pour des raisons diverses, des surfaces en herbe ou un potentiel fourrager sous-exploité, un problème médical comme les troubles musculo-squelettique (TMS) obligeant à changer son fusil d’épaule (...), les raisons peuvent être variées. Cependant, il faut compter l’équivalent d’une UTH (Unité de Travail Horaire) et une capacité de logement de 80 génisses à l’année (soit 160 sur 2 ans) pour approcher de l’optimum. Reste le cas de l’agriculture biologique. Le dossier est ouvert, mais l’approche technique et réglementaire suppose l’élaboration d’un cahier des charges différencié. Si la demande est récurrente, Littoral Normand saura y répondre à n’en pas douter.

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