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« Valoriser les qualités de la race »

Le syndicat limousin de Haute-Normandie étoffe l’offre à ses adhérents et entend affirmer les qualités de la race lors des comices régionaux de 2019.

Les adhérents du syndicat limousin de Haute-Normandie se sont réunis le 25 janvier dernier à Radepont.
Les adhérents du syndicat limousin de Haute-Normandie se sont réunis le 25 janvier dernier à Radepont.
© C.B.

Pour leur assemblée générale, les membres du syndicat limousin de Haute Normandie s’étaient donnés rendez-vous au château de Bonnemare à Radepont. Le lieu, propriété de M. Vandecandelaere, membre fondateur du syndicat est atypique pour un tel rendez-vous. Ses murs chargés d’histoire possèdent cette magie qui dépayse, propice aux retrouvailles et aux échanges. Pour les éleveurs, l’actualité reste marquée par les campagnes de dénigrement de la viande. « Nous devons revenir aux fondamentaux de la race en valorisant ses qualités » a ainsi plaidé Anthony Grisel, président du syndicat. Pour l’éleveur de Boos (76), il faut « promouvoir la race limousine auprès du grand public et leur expliquer notre façon de travailler » Le président a ainsi invité ses adhérents à exposer leurs animaux aux deux temps forts régionaux de l’année : le Forum des races à viande de Forges (8 avril 2019) et le comice des Andelys (Champs en fête à Bouafles, les 22-23 juin 2019). Les deux manifestations accueillent chacune autour de 5000 visiteurs. « Si vous avez des reproducteurs à vendre c’est à Forges qu’il faut être » a-t-il rappelé.

OFFRE GÉNÉTIQUE

Anthony Grisel est également revenu sur la nouvelle offre génétique proposée par le syndicat : achat de doses en commun et incitation à l’achat de reproducteurs inscrits. Pour l’achat d’un taureau inscrit au Herd-book en France, le syndicat offre un chèque de 75 euros à ses adhérents. Pour l’achat d’un animal inscrit Herd-book dans l’Eure ou la Seine-Maritime, cette aide passe à 150 euros. « Cela permet de payer les actes sanitaires sur le taureau, ce qui n’est pas négligeable » notait M. Grisel. Rémi Carpentier, président de l’association Normandie Maine, a fait le point sur la filière Blason Prestige – Label rouge, notant un grand nombre de bêtes proposées, une liste d’attente qui s’allonge à 2 mois et un cahier des charges qui se durcit. Plus problématique, la mise en place d’une limite de poids de carcasse à 470 kg a alimenté un débat entre éleveurs et vendeurs de viande. « Les carcasses deviennent de plus en plus lourdes. Quand on est dans les R et qu’on a une bête de plus de 500 kg, les bêtes ne sont pas valorisables » a déploré Rémi Carpentier, pointant la baisse du pouvoir d’achat.« L’artisan boucher veut des carcasses qui fassent 400-430 kg. Il peut ainsi proposer un bifteck pour deux personnes à un prix accessible »a expliqué Didier Carpentier, de la Socopa du Neubourg. Le professionnel a également pointé la baisse de la consommation de viande rouge. « Un boucher qui faisait une demi-bête tous les 8 jours, aujourd’hui, il la passe en 10 jours ». Pour le professionnel,« la meilleure limousine est aujourd’hui une bête courte qui a du dos. Elle peut être classée en R+ ou en U, elle sera bonne ». Devant des éleveurs qui voient leur nombre rétrécir, des prairies labourées et des bâtiments vides, le professionnel de la viande les a enjoint à « continuer à faire des bêtes de qualité », rappelant que la race limousine était idéale pour répondre à l’exigence qualitative des clients.

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