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Valentin Vandermeersch, un retour à la terre évident.

Éleveur à Serquigny, Valentin Vandermeersch, 26 ans, l'affirme : c'est l'agriculture qui le passionne le plus. Conscient que la communication est le talon d'Achille de la profession, il a à coeur d'expliquer son métier et de casser les clichés.

40 hectares non labourables sont réservés au pâturage des Blondes d'Aquitaine à Serquigny.
40 hectares non labourables sont réservés au pâturage des Blondes d'Aquitaine à Serquigny.
© © HF

C'est dans un cadre champêtre que Valentin Vandermeersch présente l'exploitation familiale en polyculture élevage. La route pour parvenir à la ferme est bordée par les céréales, tandis que les vaches côtoient les pâturages. Non loin d'une mare colonisée par les roseaux et grenouilles, un bardot à l'âge incertain « un peu cabochard, est là pour la décoration ». La ferme est à l'image de son futur successeur : paisible.

 

PREMIERES AMOURS

Détenteur d'un bac scientifique qui n'a « rien à voir avec l'agriculture », Valentin Vandermeersch voulait une formation générale « pour pouvoir faire un peu ce que je voulais après... je suis quand même resté dans l'agriculture », plaisante-t-il. Bien qu'il ait réfléchi « à droite à gauche pour faire autre chose », reprendre la ferme familiale est resté son « objectif principal ». C'est dans cette optique qu'il a suivi un BTSA Analyse, conduite et stratégie de l'entreprise agricole, ainsi qu'une certification de spécialisation en comptabilité et gestion. « C'est vraiment l'agriculture qui me passionne le plus », assure-t-il.

 

LA RELEVE ASSUREE

Originaires de Belgique, ses grands-parents se sont d'abord installés à Goupillères avant d'arriver à Serquigny. Aujourd'hui, Valentin Vandermeersch travaille avec ses parents, associés sur la ferme de 210 hectares qu'il devrait reprendre un jour. Cette dernière s'étend sur la commune du Tilleul-Othon, mais surtout à Serquigny où l'ensemble des bovins pâture sur 40 hectares d'herbage non labourables. Les 50 Blondes d'Aquitaine allaitantes de l'exploitation consomment le mélange fermier produit sur place, « on n'achète pas de blé ailleurs », affirme-t-il, tandis que le reste est exporté à l'étranger depuis Rouen. La viande, quant à elle, peut se retrouver sur les étals des magasins U et autres grandes surfaces.

 

PROJET D'ABEILLES

Des projets pour la ferme ? Pas réellement, « ça tourne bien comme ça. On a déjà regardé pour un atelier porc ou taurillon... on est plus tournés vers l'élevage, car en culture, à part faire de plus hautes valeurs ajoutées, on ne peut pas beaucoup évoluer ». Cependant, au détour des tables d'alimentation, Valentin Vandermeersch évoque un projet d'apiculture inattendu : « les abeilles sont très importantes pour nous, ce sont elles qui viennent polliniser les plantes. Ce n'est pas dans notre intérêt de leur faire du mal ». Si ses premiers tests sont concluants, il met ça sur le compte de la « chance du débutant » et il pense suivre une formation en apiculture prochainement.

 

L'AINE SUR QUI COMPTER

D'abord président des JA du canton, Valentin Vandermeersch estimait ne pas être assez impliqué au regard des responsabilités qui lui incombaient. Aujourd'hui trésorier adjoint aux JA27, il reste vice-président du canton afin « d'épauler et de donner des conseils, si jamais les plus jeunes ont besoin de moi ». La principale raison de son investissement chez les JA est de « défendre le métier et ses valeurs ». Il voit ça comme « une grande porte ouverte à la communication qui permet de montrer ce qu'on fait, et ce qu'on ne fait pas, malgré ce que les gens pensent ». Entre le monde agricole et le reste, « les JA font la jonction ».

 

COMMUNIQUER CONTRE LES CLICHES

Son cheval de bataille ? « Les pesticides. Je n'aime pas ce mot-là. » Chaque produit phytosanitaire a un nom et une utilisation précise, alors que « dans ''pesticide'', les gens entendent ''peste'' et ça fait peur, souffle-t-il. La plante a besoin d'être soignée. [...] Nous ne sommes pas des empoisonneurs. » Valentin Vandermeersch a quelques réserves sur l'action de sensibilisation Class'Eure Végétal : « je ne pense pas que les maternelles comprennent vraiment », mais « le top, ce serait les collégiens ».

 

TRANSMETTRE SA PASSION

L'éleveur reste toutefois optimiste et revient sur la présence des JA au forum des métiers : « ça permet à quelques jeunes de trouver une vocation... oui parfois ça arrive ! », s'exclame-t-il. « Très souvent ça vient de la famille, mais il y en a d'autres qui ne sont pas issus du monde agricole, il ne faut pas les freiner, ils sont les bienvenus », assure le jeune agriculteur. Valentin Vandermeersch « défend au maximum » ceux désireux de s'installer : « si on ferme la porte aux non-agri, on est mort ». Le renouvellement des générations est un enjeu majeur, d'autant plus face à l'érosion de la profession, mais les JA sont là et le trésorier adjoint espère « qu'on aura toujours besoin de nous », et il a raison.

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