L'Eure Agricole Et Rurale 03 septembre 2014 à 08h00 | Par F. Carbonell

Une fin de moisson extrêmement tendue dans l’Eure

Rarement une récolte aura été aussi pénible à conclure.Avec, pour les céréales notamment, des résultats loin d’être satisfaisants. Avec, dans l’Eure, de vraies disparités.

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- © DR/DR

2014 restera, dans les annales des moissons, comme une récolte incroyablement compliquée. Et pourtant, les premières coupes auguraient (presque) d’un déroulement sans histoire. Seulement, c’était sans compter sur une « invitée » surprise dont personne ne voulait : la pluie. Ponctuelle, au début du mois d’août, incessante ensuite. Résultat : une moisson qui n’en finissait pas. Au point qu’à l’heure de cette parution, il y a encore du blé debout ! Dans ce contexte bien particulier, les résultats obtenus sur le territoire eurois ne sont pas à la hauteur des potentiels annoncés à la sortie du printemps. Le métier d’agriculteur est ainsi fait. Malgré leur application et leur technicité, les agriculteurs auront toujours à faire aux incertitudes de la météo. Cette saison 2014 aura été malheureusement, sur ce plan là, exemplaire.

La qualité manque...
A la date du vendredi 29 août, voici ce que les responsables des productions céréalières des coopératives Cap Seine et Sévépi nous annonçaient. A commencer par Pierre Ouvry, le directeur du pôle agricole chez Cap Seine. «  Pour l’Eure, à ce jour, la collecte est quasiment bouclée, à 98 %, avec un très gros coup de collier le week-end dernier (23 et 24 août). Pendant ces deux jours, c’est pratiquement 50 000 tonnes qui furent collectées (sur un total de 220 000 t)  dont un tiers pour l’Eure. Notamment le dimanche où, même si le blé n’était pas totalement sec, les agriculteurs ont fait une très grosse journée, en sachant que le début de semaine était annoncé pluvieux. Des blés qui ont été récoltés dans des conditions acceptables, au regard des circonstances du moment. » Pour autant, le responsable de Cap Seine rappelle que « ces blés collectés se situaient, côté humidité, entre 16 et 20...() Seulement, les agriculteurs ont compris qu’il valait mieux moissonner des blés humides et les sécher que de prendre le risque d’une dégradation de la qualité...() Tout cela a nécessité, pour la coopérative, des efforts importants en termes logistiques et d’infrastructures. Nous avons la chance d’avoir des outils opérationnels (et neufs pour certains) qui nous permettent de sécher des volumes extrêmement importants. Ainsi, près de 150 000 tonnes vont être séchées, mélangées afin d’optimiser la qualité finale. »


Côté rendements, Pierre Ouvry explique « qu’ils sont plutôt bons sur la zone de notre coopérative. Nous devrions être autour de 85 q/ha pour le blé même s’il est toujours délicat de parler de moyenne. Les qualités, par contre, sont marquées naturellement par les problèmes d’humidité. Les premiers PS se situent autour de 75. Même si la pression de maladies dans certaines parcelles et un manque de protection ont fait souffrir certains blés. » Côté qualité, «en protéines, nous avons des blés allant de 8,5-9 à 15,2 avec une moyenne à 11,2. C’est plutôt satisfaisant. » Quant au temps de chute Hagberg (c’est la mesure de qualité boulangère de la farine), «nous appréhendions beaucoup cet aspect de la qualité. Nous sommes très clairement plutôt rassurés à l’échelle de Cap Seine et, si l’on se focalise sur l’Eure, c’est plutôt BON même s’il y a des micro secteurs qui ont été touchés, notamment à cause d’un mois de juin frais et pluvieux."


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André Férard, le responsable opérationnel de Sévépi, évoque lui aussi les difficultés de cette récolte sur la zone de la coopérative avec des résultats beaucoup plus tendus. Explications. « D’abord les orges. Nous sommes dans les moyennes de l’an passé : 78 q/ha  pour les orges d’hiver, 71 q/ha pour les orges de printemps. Du côté de la qualité, pour les orges de brasserie, nous sommes dans des taux de protéines tout à fait correctes (10,5). Toujours pour les orges, en volumes, il y a une progression de + 7 %. Elle s’explique par la progression des surfaces d’orges d’hiver et non pas aux rendements. »


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La suite de cet article dans l'Eure Agricole et Rurale du 04/09/14, page 7

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