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Une concurrence nouvelle pour attirer les éleveurs.

Les éleveurs laitiers font face à un choix inédit : choisir entre plusieurs organismes de sélection (OS), alors qu'il n'en existait jusqu'ici qu'un seul, dont ils étaient souvent assez éloignés. Pour les entreprises de sélection, une nouvelle forme de concurrence apparaît, en tant qu'OS, pour attirer le maximum d'éleveurs dans leurs programmes. L'enjeu : obtenir suffisamment une base de données suffisamment large. Gènes Diffusion promet des OS « nouvelle génération ».

Vaches laitières au pâturage.
Vaches laitières au pâturage.
© Véronique Rychembusch

«Le modèle économique des organismes de sélection (OS) attireraou non les éleveurs », résume Stéphane Devillers, responsable du service juridique d'Allice, la fédération des entreprises de sélection. La mise en place du nouveau règlement zootechnique européen (RZE) a entraîné la libéralisation du secteur de la génétique animale. Les données des éleveurs, notamment laitiers, se posent alors au coeur des enjeux du secteur. Sans données, un OS ne peut mener un programme de sélection. C'est le coeur même de son métier. Avoir accès à la plus grande base de données sera le premier challenge des nouveaux OS. Et pour convaincre les éleveurs de se rattacher à son OS, il faudra des arguments. Avec la restructuration du secteur les éleveurs vont se demander « Qu'est-ce que cela va m'amener ? », explique Laurent Schibler, responsable développement et innovation chez Allice. D'autant plus qu'aujourd'hui « les éleveurs laitiers n'ont pas forcément connaissance d'être dans un programme de sélection », décrypte-t-il. Plus de 90 %des vaches laitières sont inscrites au livregénéalogique géré par les OS. Cette inscription est gratuite et automatique par le biais du contrôle laitier. C'est moins vrai en race à viande où l'inscription est payante et réalisée à la demande de l'éleveur.

UNE NOUVELLE GÉNÉRATION D'OS

Avec le lancement de ses nouveaux OS en Holstein et Charolais le 12 juin, Gènes Diffusion promet des « OS de nouvelle génération » avec un modèle économique « complètement différent de ce que l'on faisait avant, basé sur une offre de service », explique Alain Guillaume, son président « En deux mois, un peu plus de 5 000 éleveurs ont signé le consentement pour adhérer à nos nouveaux OS », se félicite-t-il assurant que « si les éleveurs entrent dans un OS c'est qu'il y trouve un intérêt ». À l'inverse, en Montbéliarde, on ne promet pas de grande révolution. Si les trois entreprises de sélection de cette race laitière ont chacune créé leur propre OS, c'est plus pour s'adapter au nouveau règlement que pour « renverser la table », défend Dominique Peinturier, directeur d'Eva Jura. « Certes, quand nous serons OS, nous proposerons des services complémentaires ais ce ne sera pas une grande révolution », explique-t-il. Des propos corroborés par Tristan Gaiffe, directeur d'Umotest : « Nous pourrons proposer de nouveaux services mais à la marge du standard collectif. » « À terme il y aura deux types d'OS. Les premières à visée purement génétique. Les deuxièmes serviront de base à de nouvelles structures », analyse Laurent Schibler. « Le problème du modèle économique des OS à visée génétique, c'est qu'elles sont moins intéressantes pour les éleveurs ». « La pluralité des organismes de sélectionne sera possible que si elles amènent une valeur ajoutée pour les éleveurs », résume Stéphane Devillers.

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