L'Eure Agricole Et Rurale 23 février 2017 à 15h00 | Par L'Eure Agricole

Un jus de pomme responsable

Le label "100 % pommes de France " s'appuie sur une charte garantissant une origine et une production réalisée selon des préceptes de responsabilité sociale et environnementale.

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Le logo "100 % pommes de France" apposé sur les bouteilles certifiera un jus de pommes produits de façon responsable et durable.
Le logo "100 % pommes de France" apposé sur les bouteilles certifiera un jus de pommes produits de façon responsable et durable. - © JC.Gutner

Le marché français des jus de fruits et légumes a tendance à se tasser avec - 11 % en volume entre 2009 et 2016, en grande et moyenne surface. Ce n’est pas le cas du jus de pomme qui affiche de bons résultats sur la même période : +10 % en volume. Sa part de marché est passée de 9 % à 11 % entre 2009 et 2016. Le pur jus de pomme semble avoir remporté la bataille contre les jus à base de concentrés et de nectars d’origine étrangère. Il ne cesse de progresser avec 54 %des volumes de jus de pomme en 2016, contre 33 % en 2009. « Le travail de l’interprofession dès 2010 a permis ce regain d’intérêt des marques distributeurs pour les purs jus français. A l’initiative de l’Unicid, l’association de promotion des jus de pommes de France (APJPF), représentée par certains opérateurs de la filière, s’est mobilisée pour communiquer sur les atouts environnementaux et sociétaux du pro-duit qui provient à 60 % des vergers cidricoles. Un logo « 100 % pommes de France » a été créé pour valoriser l’origine des jus de pommes et les savoir-faire français », explique Jean-Louis Benassi, directeur de l’Unicid. Les transformateurs sont engagés dans cette démarche,ainsi que 1 500 producteurs de Bretagne, Normandie et Pays de la Loire.

Un niveau élevé de contractualisation

Aujourd’hui, la filière va plus loin avec une charte d’engagement pour une production responsable qui vient d’être signée le 27 janvier en la présence du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. Cette charte met la barre haut en matière de normes sociales, sanitaires, environnementales, de qualité et de traçabilité : un ancrage fort des producteurs sur le territoire et des transformateurs implantés en France, des pratiques agricoles et de transformation durables, une qualité irréprochable à toutes les étapes sont les critères d’exigibilité. Exceptionnel dans le monde l’agroalimentaire, les producteurs et les transformateurs engagés dans cette charte seront mutuellement liés par des contrats d’achat à long terme de 15 à 18 ans.

Impliquer les producteurs dans une filière durable

Eric Doré produit des pommes à cidre sur un verger de 27 hectares de basses tiges à Boise-mont, dans l’Eure. Il transforme 20 % de ses pommes en cidre et jus de pommes, vinaigre et cidre de glace. Le reste est vendu à la coopérative Agrial avec laquelle il a un contrat d’achat. 30 000 bouteilles de jus de pomme nature, pétillant et pétillant framboise sont vendues en direct sur la ferme, en grandes surfaces et en restauration. « Il y a un intérêt grandissant pour le jus issu de pommes françaises chez les consommateurs. On voit de plus en plus de « Made in France » en GMS. Tous les producteurs normands qui fabriquent du cidre ont, pour la plupart, augmenté leur production de jus de pommes. J’espère donc que les producteurs vont complètement adhérer à cette charte qui est une chance car elle inscrit nos productions dans une démarche de progression constante ».

Le logo « 100% pommes de France » alors apposé sur les bouteilles certifiera un jus de pommes produit de façon responsable et durable. « Nous produisons nos pommes en rai-sonné depuis longtemps déjà et nous utilisons des techniques intégrées basées sur l’observation. Nous avons abandonné le traite-ment systématique et favorisons le développement des insectes auxiliaires dans le verger qui est enherbé. Des haies fleuries et des nichoirs favorisent la biodiversité. Beaucoup de producteurs tra-vaillent de cette façon depuis long-temps ».

La coopérative Agrial est l’un des initiateurs de la démarche. « Par cette charte, la filière cidre veut aller plus loin que l’origine du pro-duit. Elle répond à un besoin du consommateur d’avoir des pro-duits qui sont élaborés à côté de chez lui. L’avantage que nous avons, en tant que producteurs cidricoles, c’est que nous n’avons pas besoin de pommes visuelle-ment parfaites. Cela implique donc moins de traitements phy-tosanitaires et, pour certains, le passage en bio n’est pas très com-pliqué. Cela permettra de répondre à une demande de jus de pommes bio en progression », précise le président Jean-Luc Duval.

Catherine Hennebert

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15 millions d’euros d’aides européennes sont disponibles pour la France pour le programme Fruits et Légumes à l’école, a rappelé Légumes de France le 3 avril. Malheureusement, les responsables de la filière craignent que les lourdeurs administratives ne rebutent les opérateurs pour utiliser ce dispositif.

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