L'Eure Agricole Et Rurale 11 mai 2017 à 11h00 | Par L'Eure Agricole

Un ennemi qui parade au crépuscule : le carpocapse

POMMES ET POIRES Les larves de Cydia pomonella, ou carpocapse, sont responsable de la chute prématurée des fruits.

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Sur la 1ère et 2ème photo dégâts de carpocapse.
La carpocapse hiverne sous forme de larve (3ème photo), cachée dans les anfractuosités de l'écorce ou dans différents abris au niveau du sol. Les premiers papillons (4ème photo) apparaissent début mai en Normandie.
Sur la 1ère et 2ème photo dégâts de carpocapse. La carpocapse hiverne sous forme de larve (3ème photo), cachée dans les anfractuosités de l'écorce ou dans différents abris au niveau du sol. Les premiers papillons (4ème photo) apparaissent début mai en Normandie. - © Fredon de Basse-Normandie

Cet ennemi, improprement appelé le "ver de la pomme" cause des dégâts au niveau des fruits qui sont parfois importants. En plus de créer dans les pommes des galeries encombrées de déjections, les attaques de carpocapse sont des portes d’entrée aux contaminations de champignons agents de pourriture du fruit de type Moniliose.

Le reconnaître

Cydia pomonella, est plus connu sous le nom de carpocapse. Le papillon mesure environ 20 mm de long. Ses ailes sont striées de différentes nuances de gris. Leur extrémité est occupée par une tache ovale caractéristique, bordée de deux liserés bronzés brillants à reflets dorés. La chenille mesure environ 1,5 mm à la sortie de l’œuf. Après sa croissance dans le fruit, elle atteint finalement 18 à 20 mm de long. La colo-ration générale est crème à rose pâle, sa tête brun foncé, avec une plaque thoracique noire.

Apparition des papillons début mai

Le carpocapse hiverne sous forme de larve diapausée*, cachée dans les anfractuosités de l’écorce ou dans différents abris au niveau du sol. Au printemps, il y a nymphose et apparition des premiers papillons début mai en Normandie. Leur sortie s’échelonne sur deux mois environ. Le carpocapse est très discret et vole au crépuscule. Il est assez frileux comme papillon et n’aime pas les intempéries. Les carpocapses s’accouplent uniquement si les températures au coucher du soleil atteignent 15°C sans vent et sans pluie. Après l’accouplement, les œufs (entre 50 et 100 par femelle) sont déposés sur les feuilles ou les fruits de l’arbre. La durée d’incubation des œufs est, en moyenne d’une quinzaine de jours selon les variations de températures. Avec des journées à 15°C de moyenne, il faudra 18 jours d’incubation et à 20°C de moyenne, il fau-dra 9 jours. Au-delà de 20 jours, les œufs ne sont plus viables.

La jeune larve sortie de l’œuf circule, en général, plusieurs heures, « stade baladeur », à la recherche d’un fruit. La durée de la croissance larvaire à l’intérieur du fruit est de 20 à 30 jours.

En Normandie, on compte le plus souvent une génération par an, mais il peut y avoir un début d’une seconde génération de carpocapse si l’été a vu de fortes températures. Il n’y a que quelques larves qui se nymphosent pour donner des papillons, les autres larves restent en diapause jusqu’au printemps suivant.

Après son stade baladeur, la chenille pénètre dans le fruit. Elle progresse vers le cœur du fruit en créant une galerie encombrée de déjections. Le fruit attaqué chute prématurément.

Les mésanges au service des arboriculteurs

Comme toujours, il faut penser prévention d'abord. Il faut donc favoriser les ennemis naturels du carpocapse, en particulier les chauves-souris et les oiseaux insectivores, notamment les mésanges. En verger, deux espèces de mésanges sont particulièrement adaptées : la mésange bleue et la mésange charbonnière.

Les mésanges sont des passereaux insectivores. Les chenilles représentent 50 à 70 % de leur alimentation. Il a été montré que les mésanges pouvaient consommer jusqu'à 47 % des larves diapausantes du carpocapse dans des vergers de pommiers. Toutefois, pour construire leur nid, les mésanges ont besoin de cavités. Face à la diminution des habitations naturelles (vieux arbres), il est intéressant de leur proposer des nichoirs. Pour accueillir les mésanges dans son verger, certaines conditions sont à respecter :

- Le diamètre du trou d'envol doit mesurer 26 mm pour la mésange bleue et 32 mm pour la mésange charbonnière.

- Ne pas installer les nichoirs sur les arbres qui seront secoués !

Pour optimiser la réussite des nichoirs dans un verger il est utile de se reporter à la fiche technique « favoriser les auxiliaires dans les ver-gers cidricoles. Les oiseaux insectivo-res : les mésanges. Lutter contre les chenilles » réalisé par la chambre d’Agriculture de Normandie, l’IFPC et l’établissement public local Alençon-Sées (www.chambre-agriculture-normandie.fr/fileadmin/user_upload/National/FAL_commun/publications/Normandie/svpc-mesange.pdf).

Dorothée Larson-Lambertz

*diapause : arrêt du développement d'un insecte à un stade donné.

Le BSV

Le bulletin de santé du végétal hebdomadaire donne, pour chaque bassin de production, la tendance du vol, les possibilités d’accouplements et de pontes des carpocapses grâce à des observations dans les vergers de références, des données météorologiques et des outils de modélisation (outil d’aide à la décision).

Le BSV est consultables gratuite-ment sur les sites internet de la Draaf, des partenaires techniques et des chambres d’Agriculture de Normandie.

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