L'Eure Agricole Et Rurale 08 février 2022 a 08h00 | Par Stéphane Laferté / Clément Fontaine

Un 1er levier pour gérer au mieux un azote coûteux et peu disponible.

Azote cher, parfois indisponible… Afin de pallier à ces contraintes, pourquoi ne pas penser au pilotage de l’azote sur les cultures en sortie d’hiver ? Décryptage.

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La réalisation de reliquats d’azote en sortie d’hiver (RSH) prend pour cette campagne culturale encore plus de sens. La fertilisation azotée minérale et organique doit en effet venir en complément des fournitures du sol. Pour cela, il est nécessaire de bien évaluer le RSH, quantité d’azote minéral disponible en sortie d’hiver, variable chaque année.

Ce dernier dépend de nombreux facteurs (Reliquat post récolte, minéralisation automnale, couverture végétale, précipitations hivernales…). Les valeurs obtenues pour les RSH sont un élément incontournable pour réaliser le Plan prévisionnel de fertilisation. L’azote déjà absorbé par la culture  de céréales et colza est également un poste non négligeable, très variable selon les parcelles et les années.

 

Rappels obligations réglementaires

L’agriculteur doit utiliser le reliquat effectué sur sa parcelle. En zone vulnérable, au moins un reliquat doit être effectué par exploitation. Il est possible d’extrapoler les données à une parcelle de l’exploitation ayant la même profondeur de sol, une même culture en place ou prévue, et un même précédent.

Une synthèse départementale de reliquat sera effectuée d’ici mi-mars. Cependant, n’hésitez pas à faire plus de reliquats que l’obligation réglementaire.

Un reliquat par culture (relevant de la méthode du Bilan) et précédent nous semble le plus judicieux.

On peut également affiner par type de sol.

 

Afin d’avoir une information la plus fiable pour chaque parcelle ou groupe de parcelles, il est important de réaliser le RSH dans les meilleures conditions possibles et sur la profondeur d’horizon technique et réglementaire adéquate techniquement.

 

 

Un prélèvement, sept consignes.

1/ Période de prélèvement

Les reliquats d’azote sont généralement réalisés en sortie d’hiver pour le calcul du bilan azote prévisionnel. Il est impératif d’intervenir avant le premier apport d’azote et au plus tard avant la reprise de minéralisation du sol.

 

2/ Prélèvement en diagonale ou en croix

Les parcelles sont plus ou moins hétérogènes et cette hétérogénéité peut être visuelle ou non (même type de sol, mais passé cultural différent…). Il est recommandé de prélever en diagonale ou en croix de façon à obtenir une valeur « moyenne du reliquat azoté » de la parcelle, sauf dans le cas où une parcelle a été conduite de façon différente risquant d’influencer significativement le reliquat azoté (une zone avec produit organique, une autre sans…). Dans ce cas, il est recommandé d’effectuer une analyse de reliquats par zone.

 

3/ Matériel de prélèvement

Tarière : l’idéal est d’être équipé d’une tarière de type « gouge » qui limite les mélanges d’horizons et facilite le prélèvement. Par défaut, il est possible d’utiliser une bêche et pensez à prévoir un seau (n’ayant pas contenu d’engrais azoté) pour recueillir la terre par horizon prélevé.

 

4/ Profondeur de prélèvement

La profondeur de prélèvement doit être adaptée à la profondeur du sol. Généralement, les reliquats sont réalisés sur trois horizons distincts (0/30 cm, 30/60 cm, 60/90cm) dans les sols profonds (limons) et deux horizons, voire un seul, dans les sols superficiels.

Elle doit aussi être adaptée à la culture : 90 cm pour l’ensemble des cultures si le sol le permet, sauf cas particulier comme la pomme de terre et le lin où il est recommandé de prélever sur 45 cm.

Attention à ne pas mélanger les horizons au moment de l’extraction de la tarière, de la « vidange » de chaque horizon et au moment de la mise en sachets.

 

5/ Dix carottages minimum

Pour réaliser un échantillon représentatif, il est indispensable d’effectuer dix carottages minimum, quel que soit le matériel utilisé. Ces 10 carottages doivent être espacés de 10 mètres afin de recouper plusieurs passages de roues par la diagonale.

 

6/ Conditionnement des échantillons

La quantité de terre prélevée varie en fonction du matériel utilisé. Au cas où elle est collectée dans un seau, elle doit être mélangée et homogénéisée avant de sous échantillonner et de transférer le sachet. Selon les laboratoires,  le sachet doit contenir entre 300 et 800 g de terre.

 

7/ Remplissage du questionnaire

Le questionnaire agronomique doit être rempli soigneusement car il conditionne la bonne interprétation et le bon calcul du conseil de dose azotée.

L’échantillonnage réalisé, il est important de respecter certains délais et conditions d’acheminement vers le laboratoire afin de ne pas fausser les valeurs.

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