Aller au contenu principal

UE/Mercosur : la FNSEA interpelle le président de la République.

Alors que le président brésilien est en visite en France pour convaincre Emmanuel Macron du bien-fondé de l'accord UE/Mercosur, la FNSEA, la FNB et les filières alimentaires concernées appellent Emmanuel Macron à ne pas ratifier cet accord.

© AdobeStock

A la veille de la rencontre entre Emmanuel Macron et Luiz Inacio Lula da Silva, le 22 juin, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau, a décidé d'interpeller le président de la République. « En l'état, cet accord permettrait l'importation de plusieurs centaines de milliers de tonnes de sucre, d'éthanol, de viandes bovines, de volaille ou encore de maïs issus de systèmes agricoles aux antipodes des normes exigées des agriculteurs européens. En l'état, il serait une source de distorsion de concurrence inacceptable engendrant de nouvelles pertes de production sur le territoire français », insiste-t-il. Avant de rappeler les engagements antérieurs en la matière : « la position de la France au sujet de cet accord est actée depuis 2019 : pas d'accord sans clauses miroirs ! Vous-même, monsieur le Président, vous avez réaffirmé lors du Salon de l'agriculture 2023 l'indispensable réciprocité des normes de production sanitaires et environnementales, au regard des impératifs de souveraineté alimentaire et de lutte contre la déforestation importée ». Sans oublier que l'Assemblée nationale s'est opposée, il y a quelques jours à une ratification du texte en l'état pour les mêmes raisons.

« Un changement d'avis est inconcevable, à l'heure où la France réfléchit à un Pacte et Loi d'orientation et d'avenir agricole, où la planification écologique doit guider l'ensemble des perspectives de production de notre pays », estime le président de la FNSEA et de conclure : « restez ferme, monsieur le Président, l'agriculture française est un atout économique et un pilier essentiel de la croissance verte, au coeur de la stratégie de souveraineté alimentaire qu'il vous appartient de défendre ! »

 

MISE EN GARDE DE LA FNB...

La Fédération nationale bovine (FNB) estime que l'échange entre les deux chefs d'Etat doit être l'occasion, pour le président de la République, de clarifier la position de la France sur l'accord Union européenne/Mercosur conclu par la Commission européenne. Le doute subsiste, en effet, quant à l'attitude du Gouvernement sur ce dossier. Olivier Becht, le ministre délégué au Commerce extérieur n'a-t-il pas déclaré que : « la France n'a jamais été opposée à cet accord », malgré les engagements du président de la République. Pour la FNB, Emmanuel Macron doit absolument lever le doute et réaffirmer que « l'accord conclu avec le Mercosur, tout comme l'instrument additionnel non-contraignant proposé par la Commission européenne, ne répondent en rien aux exigences françaises ». « Nous n'imaginons pas que le plan d'Emmanuel Macron puisse être de demander la réduction de nos troupeaux sur nos territoires afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre du pays... pour mieux ouvrir les vannes au boeuf brésilien », résume Patrick Bénézit, le président de la FNB.

 

... ET DES FILIERES ALIMENTAIRES

Les filières agroalimentaires sont sur la même longueur d'ondes. Les interprofessions : Interbev, Intercéréales, AIBS (betteraves) et Terres Univia (oléagineux) appellent le chef de l'Etat à faire preuve de la plus grande fermeté et à ne pas ratifier l'accord « sous aucune condition ». Et cela pour deux raisons. D'abord parce que la France et l'Europe « ne peuvent imposer toujours plus de normes à leurs agriculteurs et leurs entreprises, tout en facilitant en parallèle l'arrivée sur leur marché de produits agricoles et agroalimentaires importés pour lesquels il a été fait usage de pratiques, de produits phytosanitaires, de médicaments vétérinaires strictement interdits par la réglementation nationale ou européenne. » Ensuite parce qu'il « n'est pas crédible de faire de la souveraineté alimentaire de la France et de l'Union européenne une priorité dans le discours politique, tout en fragilisant la production intérieure par un accroissement continu des volumes d'importation de produits agricoles et alimentaires à droits de douane nuls ou réduits ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

De nombreux projets seront impactés par la baisse et la fin des tarifs d'achat.
La méthanisation agricole à l'épreuve de la fin des tarifs d'achat.
Durant la dernière décennie, le fort développement de la méthanisation en injection s'est largement appuyé sur le mécanisme des…
Pour certains systèmes d'incorporation de conservateur, comme chez Pöttinger, le produit est stocké dans une cuve frontale.
Quelles solutions pour appliquer le conservateur dans le fourrage dès le pressage ?
Le conservateur incorporé dans le fourrage lors de la récolte contribue à préserver la qualité, à réduire les pertes et à…
Les responsables syndicaux ont convié le préfet sur l'exploitation d'Antoine, Charlotte et Anthime Grandjacques.
Rencontre avec le préfet de l'Eure : l'installation au cœur des enjeux.
Vendredi 11 septembre, les responsables de Jeunes Agriculteurs de l'Eure ont convié le préfet sur l'EARL des Bruyères à…
Un cheval sous anesthésie au bloc chirurgical. Au CHVE de Livet, les box post-opératoires sont capitonnés. "Le réveil est une période critique de la chirurgie, avec un taux de mortalité opératoire plus élevé que chez l'humain."
À l'hôpital des chevaux : "ils ont gagné 10 ans de vie".
Le centre hospitalier vétérinaire équin de Livet, dans le Pays d'Auge, est en constante évolution pour prodiguer des soins…
Pour être sûr d'appliquer la bonne distance de sécurité, consultez l'outil gratuit "Distance Riverains" proposé par Arvalis.
Pulvérisation en grandes cultures : la liste des matériels homologués pour réduire la dérive s'étoffe.
Retrouvez la liste des matériels reconnus pour leur effet antidérive. Leur utilisation est un prérequis pour réduire les…
Exploitant du complexe aquatique, élus des communes qui ont participé à l'investissement, représentants de la filière granulé de bois et bois énergie, techniciens spécialisés dans le fonctionnement des chaudières à pellets de bois, tous étaient réunis lors de cette journée de sensiblisation organisée par Propellet.
"Laisser une place pour le granulé de bois".
Propellet organise des journées de découverte du granulé de bois dans toute la France. La journée normande a eu lieu le 10…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole