L'Eure Agricole Et Rurale 07 février 2020 à 08h00 | Par Laurence Geffroy

Sébastien Windsor, un président national apprécié du terrain.

Atypique mais fédérateur, l’agriculteur de Vieux-Manoir (76) a été élu le 29 janvier président de l’assemblée permanente des chambres d’agriculture.

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- © VALERIE SORIEUL

Sébastien Windsor, agriculteur à Vieux-Manoir (76) vient d’être élu à l’unanimité, à 49 ans, président de l’assemblée permanente des chambres d’agriculture. Le dernier Normand à accéder à ce poste était un agriculteur eurois, Jean-François Hervieu, en 1995.

Depuis 2006, année où Sébastien Windsor est entré au sein de la chambre d’agriculture de Seine-Maritime, il a parcouru bien du chemin. François Fihue, ancien président de cette même chambre, se rappelle leur rencontre. « C’était à l’occasion du festival de l’agriculture [en juin 2002] qui avait lieu à Vieux-Manoir. J’ai tout de suite été impressionné par le dynamisme qu’il dégageait ». Quelques années plus tard, il le convainc de s’engager. « Il avait un parcours atypique, il avait travaillé dans l’industrie avant de retourner vers l’agriculture». Sébastien Windsor est en effet diplômé de l’école des Mines de Nancy, aujourd’hui classée quatrième meilleure école d’ingénieurs de France. Mais ses racines le rattrapent le jour où il reprend l’exploitation familiale de polyculture-élevage de 260 hectares (céréales, lin, colza), à l’âge de 28 ans.

 

TECHNIQUE ET RECHERCHE

Avec une formation scientifique, il continue d’être naturellement attiré par la technique et la recherche. « Il a beaucoup d’idées, poursuit François Fihue. A l’époque, il a fallu le convaincre que pour les mettre en application, il fallait être au bon endroit ». Sa principale difficulté alors, c’était « d’accepter d’aller à une vitesse raisonnable ». Celui qui l’a fait rentrer au sein du réseau des chambres est aujourd’hui « heureux de constater que je ne me suis pas trompé(…) Il donne envie de le suivre, c’est de cela dont on a besoin ».

Par la suite, Sébastien Windsor a été repéré par Xavier Beulin, alors président de la FNSEA, et l’agriculteur du Vieux-Manoir est entré comme administrateur à la fédération française des producteurs d’oléoprotéagineux (FOP), puis dans le groupe Avril. Cette filière lui tient particulièrement à coeur. Le colza érucique développé en Haute-Normandie est pour lui un exemple de valorisation économique réussie. Fabrice Moulard, président de la FNSEA 27 est aussi administrateur à la FOP où il côtoie régulièrement le président de l’APCA. « Il est curieux de nature, proche des gens et il a une grande capacité à les emmener, c’est un accélérateur. Pour preuve, il a été élu à l’unanimité, c’est plutôt rare ».

 

ACCESSIBLE

Sébastien Windsor est à l’aise dans tous les environnements, que ce soit avec un ministre où lors d’une manifestation syndicale. Sur le terrain, il tient à garder unlien avec les agriculteurs qu’il représente et « il est plutôt accessible même si ce n’est pas l’image qu’il peut parfois renvoyer », témoigne Sylvain Gangneux, animateur syndical à la FNSEA 76. « Il apprécie le travail collectif. Sur sa ferme, il a créé une porcherie collective, il est dans une Cuma… Il est souvent le moteur des projets mais il sait s’appuyer sur des gens compétents ». Pour les agriculteurs de son département, « c’est une chance d’avoir quelqu’un de cette qualité qui prend des responsabilités. A l’heure actuelle, c’est rare que chez de telles personnes, ce soit l’intérêt communqui prime », souligne Guillaume Burel, vice-président de la FNSEA 76.

Lors de son élection le 29 janvier, Sébastien Windsor a rappelé que sa présence sur le territoire était « essentielle » et « source d’efficacité ». Il a expliqué que l’échelon départemental des chambres d’agriculturene devait pas disparaître. Si au fil du temps, il a pu donner l’impression de cumuler les présidences, il a annoncé renoncer à celles de l’association de coordination technique agricole (Acta) et de Terres Inovia. En revanche, il conserve ses fonctions chez Avril et la présidence de l’école d’ingénieurs d’Unilasalle, pour garder un pied dans les filières et dans la formation, deux enjeux qu’il estime prioritaires pour l’agriculture de demain.

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