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Rénovation de prairies en agriculture biologique. Pourquoi pas la prairie céréalière ?

Diminution de rendement, flore indésirable, adventices, zones nues... Qui ne s'est jamais posé la question de rénover sa prairie ? Explications et conseils.

EXEMPLE DE MISE EN PLACE CHEZ ETIENNE LEGRAND, AGRICULTEUR AB DANS LA MANCHE.
EXEMPLE DE MISE EN PLACE CHEZ ETIENNE LEGRAND, AGRICULTEUR AB DANS LA MANCHE.
© DR.

Lorsque la prairie présente moins de 30 % de bonnes espèces, la destruction complète est nécessaire. La rénovation s'envisage lorsque la prairie ne satisfait plus l'éleveur, mais compte encore une proportion supérieure à 30 % de bonnes espèces.

 

La prairie céréalière : qu'est-ce que c'est ?

Cette technique, peu connue en Normandie, est pratiquée en Vendée par certains éleveurs en agriculture biologique depuis une dizaine d'années et plus récemment par quelques éleveurs bio bas-normands. La prairie céréalière consiste à sursemer un mélange céréalier, accompagné d'espèces prairiales, dans une prairie permanente ou semée. Le tout s'effectue avec un travail du sol superficiel.

 

Conditions d'implantation

La période idéale d'implantation de la prairie céréalière se situe entre la fin d'été et septembre. Comme pour le sursemis, il est nécessaire de raser préalablement la prairie avec un pâturage sévère ou une fauche. Un travail du sol superficiel à 4-5 cm de profondeur est ensuite effectué en sol ressuyé afin de préparer de la terre meuble en surface. Laquelle constituera le lit de semences pour les graines. Le choix de l'outil de travail du sol se fait par rapport aux disponibilités en matériel de l'exploitant (cultivateur rotatif, bêche roulante ou déchaumeur à disque). Avec un déchaumeur à disque, deux passages, si possible en croisé, sont conseillés. Eviter cet outil en présence de rumex.

Place au semis, une semaine plus tard environ, selon les conditions climatiques, avec un semoir à céréales classique ou semoir direct, en deux temps : d'abord le mélange céréalier (80 à 120 kg/ha), profondeur 2-3 cm, puis dans un second temps, les espèces prairiales (25-30 kg/ha de mélange multi espèces), profondeur 1 cm. Le tout est roulé deux fois avec un rouleau type packer qui aplanira précisément les creux.

 

Les avantages du non-labour sans les inconvénients du sursemis

L'absence de labour permet de rénover des prairies engagées dans des mesures agro environnementales, où le retournement est interdit. Cela maintient la portance des sols, limite le déstockage de carbone et évite la remontée de cailloux. En comparaison avec le sursemis, le travail superficiel du sol fournit de la terre meuble préparant un lit de semences plus favorable à la germination des graines qu'avec un sursemis.

En présence d'agrostis, graminée qui possède des propriétés anti germinatives, le travail superficiel n'est pas suffisant. Une rupture botanique est nécessaire avec une culture type crucifère fourragère par exemple.

 

Pourquoi un mélange céréalier ?

Le mélange céréalier implanté couvre rapidement le sol et fournit une biomasse supplémentaire en 1re exploitation. De plus, « les racines creusées par la céréale jouent un rôle de draineur en sols humides et favorisent l'exploration des racines dans le sol en profondeur », note Etienne Legrand, agriculteur et membre du GIEE lait bio bas carbone dans la Manche.

Quant au choix des céréales, la technique doit rester économique ; il n'est pas question d'acheter des semences de céréales ou de protéagineux spécialement pour les implanter dans la prairie, utilisez plutôt des semences fermières.

Ce peut-être une céréale pure comme de l'avoine d'hiver ou bien des mélanges de diverses céréales (triticale, orge, avoine), auxquels des protéagineux peuvent être ajoutés.

 

Un retour rapide en exploitation

Comme le sursemis, cette technique a l'avantage de ne pas laisser trop longtemps la prairie non exploitée. « Au printemps suivant, la prairie céréalière réimplantée pourra être remise dans le cycle de pâturage, ou récoltée en fauche précoce avec un volume conséquent », précise Etienne Legrand. En sols portants, un déprimage très précoce aura une action positive sur le couvert, favorisant le tallage des graminées, et apportant de la lumière aux légumineuses pour leur développement.

En Vendée, selon les années, les éleveurs bio récoltent la prairie céréalière en grain avec des rendements de 20 à 30 qtx/ha et 3 à 4 t/ha de paille, avant une seconde fauche.

Cette récolte en grain serait difficilement réalisable dans nos régions où le niveau de pluviométrie favoriserait le développement des espèces prairiales.

 

Peu de référence sur la technique

La prairie céréalière n'a pas encore fait l'objet d'étude. A ce stade, nous ne pouvons donc que pointer les bénéfices ressentis par les éleveurs qui pratiquent cette technique. La Chambre d'agriculture du Cantal expérimente, par exemple, une technique assez proche : le semis direct de méteils fourragers et d'espèces prairiales dans les prairies vivantes. Les premiers résultats révèlent un gain de 35 à 50 % de rendement en première coupe et des valeurs alimentaires stables.

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