L'Eure Agricole Et Rurale 07 septembre 2018 à 11h00 | Par L'Eure Agricole

Prix du blé, les yeux tournés vers la Russie

Les cours du blé montent. Est-ce durable, n'est-ce qu'un début ? Yannick Carel, économiste chez Arvalis, analyse ce début de campagne prometteur.

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Pourquoi le prix des céréales est-il orienté à la hausse ?

Le marché réagit à des fondamentaux importants. Le premier élément moteur, c'est un ensemble de prévisions de récolte à la baisse en Europe et en mer Noire. L'an dernier, la Russie a eu une récolte record à 85 Mt en blé tendre. Cette année, elle sera autour de 67 Mt. L'Ukraine fera elle aussi moins bien (-7%) que l'an passé.

En Europe, la baisse de production pourrait atteindre 9 Mt par rapport à l'an dernier : l'Allemagne, la Pologne et les Etats baltes annoncent de petites récoltes. Quant à la France, sa production se situerait entre 33 et 36 Mt pour une moyenne de 36 Mt sur les cinq dernières années. Avec une consommation mondiale qui devrait continuer à progresser, les stocks mondiaux de blé vont partir à la baisse pour la première fois depuis 2012. Toutes les prévisions pour la campagne 2018-19 annoncent une baisse des stocks, que ce soit en maïs, en blé ou en orge à l'échelle mondiale.

A cela s'ajoute une parité euro/dollar en notre faveur. 1 euro valait 1,23 dollars mi-avril contre 1,17 dollars actuellement : en trois mois, le blé français a regagné 8-9 EUR/t de compétitivité grâce au taux de change.

Comment vont s'orienter les cours dans les prochaines semaines ?

La période de juillet-août a souvent été un point haut sur les dernières campagnes. C'est la période où tout le monde fait des conjectures sur l'état des récoltes (quantité et qualité) et où les prix sont très volatils. L'an dernier, le blé Euronext atteignait 185 EUR/t autour du 14 juillet, soit proche du niveau actuel. On n'a jamais retrouvé un tel prix ensuite mais la situation est différente. L'an passé, la question était « jusqu'où vont monter les Russes ? ».

Cette année, on est plutôt à se demander de combien la production russe va baisser. Ces prix devraient être plus durables que l'an passé mais je ne pense pas qu'on atteindra des plafonds, à moins que la Russie ne dépasse pas 55 Mt !

Faut-il engager sa récole maintenant ?

Il ne faut pas que les gens se trompent : 2018 n'est pas 2012. Certes, les Russes connaissent à nouveau une mauvaise récolte mais en 2012, ils étaient à 38 Mt. Pour 2018, les prévisions sont à 67 Mt. Les producteurs doivent comparer les prix actuels à leurs seuils de commercialisation. Si la différence est positive, il faut accompagner le marché et se positionner sur une fraction de la récolte. Cela permettra de sécuriser leurs revenus.

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