L'Eure Agricole Et Rurale 21 février 2008 à 10h51 | Par L' Eure Agricole

Pratiques culturales - Agriculture intégrée : l’essayer, c’est l’adopter

Antoine Lambert s’est converti à l’agriculture intégrée depuis deux ans déjà. Il explique les raisons de son choix.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Blé, colza, orge de printemps, betteraves, féverole, pois… Antoine Lambert conduit désormais toutes ses cultures en itinéraire intégré.
Blé, colza, orge de printemps, betteraves, féverole, pois… Antoine Lambert conduit désormais toutes ses cultures en itinéraire intégré. - © chambre d'agriculture de l'Eure
Installé dans le Vexin bossu depuis 1994, Antoine Lambert a choisi de passer à l’agriculture intégrée depuis 2 récoltes déjà. Blé, colza, orge de printemps, betteraves, féverole, pois… Il conduit désormais toutes ses cultures en itinéraire intégré. Il fait partie du groupe de référence “agriculture intégrée” de l’Eure, animé par l ‘équipe de la chambre d’Agriculture. Gros plan sur les raisons qui l’ont poussé à adopter cette démarche.

Pourquoi êtes-vous passé à l’agriculture intégrée ?
J’avais de gros soucis de résistance sur certaines de mes parcelles, notamment avec des vulpins. Même en investissant dans des désherbants, je n’avais pas de résultats concluants. Résistance au vulpin, mélighète, septoriose… tous ces phénomènes poussent à remettre en question nos pratiques. Comme la chimie ne suffisait plus, j’ai décidé de m’orienter vers l’agriculture intégrée pour trouver des solutions efficaces.
Avant d’être en agriculture intégrée, j’étais dans un itinéraire technique “allégé”. Comme mes terres ont des potentiels moyens, ce n’était pas la peine de rajouter des intrants car je m’en sortais plus ou moins avec le même rendement. Ce qui fait que dès le début, j’étais dans une logique de marge et pas dans une logique de rendement.

Qu’est-ce que l’agriculture intégrée a changé dans votre façon de travailler ?
Avec l’agriculture intégrée, on gagne en coût et en efficacité. On remet l’agronomie au centre de nos pratiques au lieu d’utiliser la chimie dans tous les sens. Quand on y réfléchit après, on se rend compte que les principes de l’agriculture intégrée sont essentiellement basés sur l’agronomie et le bon sens. Il faut prendre le temps de penser autrement que dans un dans système conventionnel. Mais il ne faut pas oublier que ce système ne peut marcher vraiment que si on le prend dans sa globalité. Depuis 2 ans, je travaille aussi à la modification de mon système de culture pluriannuel, mes rotations pour consolider ma démarche.

Justement, quels sont les avantages de l’agriculture intégrée par rapport à une pratique conventionnelle ?
Il y a un avantage économique certain puisqu’il y a une réduction des dépenses, comme j’utilise moins d’intrants. Mon temps et mon organisation de travail ont aussi évolué. Comme j’effectue moins de passages, j’ai plus de temps pour d‘autres activités. Cette pratique est d’autant plus intéressante pour des éleveurs qui ont peu de temps a consacrer à la plaine. Par ailleurs, je suis moins exposé aux produits phytosanitaires. Je suis aussi moins dépendant des “phytos” et moins concerné par le retrait de certaines molécules prévu par le “Grenelle”. Grâce à l’agronomie et à l’ensemble des pratiques de l’agriculture intégrée, je peux trouver des solutions alternatives. Ça tombe bien puisque les attentes sociétales par rapport à l’agriculture ont évolué. On ne peut plus continuer à cultiver de la même façon. Dans 5 à 10 ans les pratiques auront changé. C’est une hérésie de croire qu’on peut continuer dans des pratiques intensives. La pression sociétale ou la conditionnalité nous imposeront ces changements.

Y a-t-il des contraintes liées à cette pratique ?
Je crois que la plus grosse contrainte quand on veut faire de l’agriculture intégrée, c’est le changement. Quand on est habitué à son système, on croit que le changement est impossible. C’est difficile d’imaginer que ça pourrait marcher autrement. Décaler ses dates de semis n’est pas toujours très simple au début. Mais finalement j’ai vu que c’était efficace. J’ai gardé quasiment le même matériel qu’avant et même en travaillant seul, je m’en sors avec des semis tardifs.
Par ailleurs, on entend souvent dire que l’agriculture intégrée fait baisser le rendement. Je pense qu’il faut relativiser sur ce point. Rendement ne veut pas forcément dire revenu. Il faut prendre en compte d’autres facteurs comme la marge, le temps de travail et les attentes de la société. On ne peut plus seulement produire pour produire. Nous avons des exploitations économiques à faire vivre en conciliant tous ces facteurs.

Contact
Pour plus d’informations sur l’agriculture intégrée, contactez la chambre d’Agriculture de l’Eure – Fabienne Mérieau au  02 32 78 80 40 ou consultez le site internet www.agri-eure.com.
 
Retrouvez plus d'informations sur l'agriculture intégrée
dans notre édition papier
de l'Eure Agricole du 21/02/2008 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Eure Agricole et Rurale se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

la phrase de la semaine

Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon.

Léon Tolstoï

Le chiffre de la semaine
15
15 millions d’euros d’aides européennes sont disponibles pour la France pour le programme Fruits et Légumes à l’école, a rappelé Légumes de France le 3 avril. Malheureusement, les responsables de la filière craignent que les lourdeurs administratives ne rebutent les opérateurs pour utiliser ce dispositif.

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui