L'Eure Agricole Et Rurale 03 septembre 2019 à 08h00 | Par CYRIL CABROL

Pourquoi la FNSEA et JA appellent à manifester.

La FNSEA et JA de l’Eure organisent le 06 Novembre une manifestation à Evreux, en raison des menaces qui pèsent sur la profession agricole.

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La FNSEA 27 et les JA 27 appellent à une grande manifestation le 06 Novembre à Evreux.
La FNSEA 27 et les JA 27 appellent à une grande manifestation le 06 Novembre à Evreux. - © ©DR
La semaine dernière, Fabrice Moulard, président de la FNSEA 27, et Pïerre-Yves Lenormand, président de JA 27, cosignaient une tribune dans l’Eure Agricole et Rurale sur l’indispensable mobilisation à venir des agriculteurs face aux menaces qui se profilent. Les deux syndicats appellent à une grande manifestationle 06 novembre à Evreux. Dans l’attente, focus sur les menaces induites parle développement d’accords multilatéraux entre la France, l’Europe et d’autres pays. Les accords en cours de validation avec le Ceta pour le Canada et à venir pour le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay) interpellent les filières agricoles du département.
1 Filière avicole
Francois Verdier, agriculteur à Sainte Marguerite de l’Autel, s’inquiète particulièrement d’un accord avec le Mercosur : « Au Canada, la production avicole est très réglementée et le pays est en situation d’autoconsommation. Je n’envisage pas de risque majeur pour notre filière. En revanche, un éventuel accord avec le Mercosur pose beaucoup de questions autour de la biosécurité, de la traçabilité, de l’usage des antibiotiques… Je n’oublie pas bien sûr les conditions de production socio-économiques avec une main d’oeuvre beaucoup moins chère, des obligations très faibles en matière de bâtiments… Bref, nous allons subir, en cas d’accord, d’importantes distorsions de concurrence et le risque sanitaire est réel pour les consommateurs français. Je souhaitais aussi que nous pensions aux conséquences éventuelles du Brexit car les accords internationaux prévoient aujourd’hui des quotas d’importation de viande. Qu’en sera-t-il si demain, la Grande-Bretagne sort sans accord ? Faudra-t-il répartir le quota britannique sur le territoire européen et donc en partie en France ? »
2 Grandes cultures
Régis Chopin, co-président de la section grandes cultures de la FNSEA 27, nous livre ses impressions : « Distorsion de concurrence et risque sanitaire sont au menu. Le Canada permet l’utilisation de produits phytosanitaires non autorisés en France, comme l’Atrazine interdite totalement chez nous depuis 2001. Je rappelle aussi que la culture de plantes OGM est permise au Canada et pas en France. »
3 Filière lait
Laurent Duclos, président de la section lait de la FNSEA 27, réagit : « Le prix du lait est plus cher au Canada qu’en France, on pourrait y voir une opportunité et des débouchés supplémentaires pour les fromages. Mais nous sommes concernés, comme les éleveurs de bovins allaitants, par la viande qui va arriver du Canada : quel avenir pour nos vaches de réforme ?Je profite d’être interrogé pour rappeler que nous devons veiller aussi à la bonne mise en pratique de la loi EGA, c’est pour cela que nous avons pratiqué des relevés de prix dans plus d’une vingtaine de grandes surfaces de l’Eure pendant l’été, et j’invite les éleveurs à le faire plus souvent et à nous remonter toutes irrégularités d’étiquetages ainsi que de prix abusivement bas. Il faut que nos coûts de production qui vont significativement augmenter suite à la sécheresse est ivale soit réintégrés dans le prix final, ce qui représente en réalité quelques centimes d’euros pour les ménagères pour un produit de qualité made in France et une agriculture française qui, depuis 3 ans, est reconnue internationalement la plus durable. »
4 Filière bovine
Philippe Sellier, président de la section bovine de la FNSEA 27, rappelle la position de la fédération nationale bovine : « La viande bovine sert de monnaie d’échange dans ces traités. Elle ne doit en aucun être intégrée dans des traités bilatéraux globaux ; elle doit faire l’objet de négociations spécifiques. A savoir que la commission européenne accorde d’office un quota supplémentaire de 70 000 tonnes au Canada (par exemple) parce qu’ils s’engagent à ce que la viande soit sans hormones. Nous dénonçons fortement cette pratique dont personne ne parle. »

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