L'Eure Agricole Et Rurale 10 janvier 2019 à 09h00 | Par L'Eure Agricole

Pour Christiane Lambert, Emmanuel Macron manque d'écoute

Pour sa première interview de l'année, sur BFM Business, la présidente de la FNSEA est revenue sur les sujets d'actualité pour le secteur agricole - agribashing, charges trop élevées, fiscalité punitive - et a incité le président de la République à écouter davantage les corps intermédiaires.

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Selon Christiane Lambert, « c’est une crise de la non-écoute que vivent les agriculteurs.
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Selon Christiane Lambert, « c’est une crise de la non-écoute que vivent les agriculteurs. » - © GUILLAUME PERRIN

Intervenant le 2 janvier sur BFM Business, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a souhaité que l'année 2019 soit « une meilleure année, avec des revenus tirés vers le haut » pour les agriculteurs trop souvent « brocardé, caricaturés ». « L'agriculture est une force pour notre pays », a-t-elle rappelé, déplorant la place trop importante que prennent les militants de certaines ONG dans les médias, entretenant une tendance négative à l'agribashing. Alors que « à l'autre bout du monde, partout où vous allez, l'agriculture française est portée aux nues », que ce soit pour ses pratiques vertueuses que pour la qualité gustative de ses produits, a souligné la présidente de la FNSEA. Christiane Lambert a ainsi insisté sur l'importance de montrer l'agriculture telle qu'elle est aujourd'hui : si l'imaginaire collectif a tendance à en conserver une image d'Epinal, bucolique, l'agriculture a bénéficié, comme les autres secteurs, d'un progrès technique et technologique qui améliore les conditions de travail des producteurs tout en étant en phase avec les attentes sociétales.

UNE CRISE DE LA « NON-ÉCOUTE »

Du point de vue de la protection environnementale, « il y a des résultats », rappelle Christiane Lambert, même si ces derniers ne semblent pas assez rapides. « Parfois le climat nous joue des tours, mais l'agriculture est source de solution, notamment pour l'énergie, nous avons également réussi à réduire de 36 % l'usage des antibiotiques sur nos animaux d'élevage en cinq ans, alors que le ministre Le Foll avait fixé un objectif de - 25 % », détaille la présidente de la FNSEA. L'agriculture peut réussir cette transition, mais c'est une question de rythme. Or, « un mauvais choix du gouvernement en fin d'année a été de choisir l'écologie punitive », dénonce Christiane Lambert, en référence à la hausse de la redevance pour pollution diffuse (RPD) dans le cadre du projet de loi de finances pour 2019. Votée le 19 décembre par l'Assemblée nationale, cette hausse relève, dès le 1er janvier de plus de 100 millions d'euros par an les barèmes RPD des différentes catégories de produits phytosanitaires, ce qui s'ajoutera aux 144 millions d'euros déjà payés annuellement par la profession agricole, estime la FNSEA. Un signal négatif pour les agriculteurs qui doivent supporter des charges nouvelles, qui les rendent moins compétitifs que leurs voisins européens. Une fiscalité inadaptée d'autant plus lourde à supporter que la France applique également de façon beaucoup plus stricte les normes environnementales, pointe une étude de l'OCDE. Par exemple, les betteraviers français sont privés des néonicotinoï des sans avoir d'alternative pour lutter contre la jaunisse de la betterave, tandis que bon nombre d'autres pays européens ont adopté ou étudient la possibilité d'adopter des dérogations pour leurs producteurs. Pour Christiane Lambert, « le président de la République n'écoute pas les professionnels en charge des dossiers. A trop vouloir passer en force, il met en péril tout un secteur économique, c'est une crise de la non-écoute que nous vivons », regrette Christiane Lambert, qui appellele chef de l’Etat à écouter davantage les corps intermédiaires. « L’exécutif n’a pas la conscience de la richesse de l’agriculture française, alors qu’elle a l’avantage de tenir les territoires, contrairement à l’aéronautique», autre fleuron de l’économie mais dont l’activité reste concentrée dans certaines grandes villes, explique encore la présidente de la FNSEA. « L’export de céréales, c’est 52 Airbus A320 par an, rappelle-t-elle, nous devons rester un secteur économique solide ! ».

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