L'Eure Agricole Et Rurale 18 septembre 2013 à 15h06 | Par F. Carbonell

Parlementaires - La surprime des 50 premiers hectares monopolise les débats

C’est un rendez-vous désormais habituel entre les parlementaires et la FDSEA de l’Eure. L’occasion de présenter les dossiers brûlants du moment. Avec la Pac et ses changements...

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- © FC/Eure Agricole

Les principaux parlementaires eurois étaient présents, ce lundi matin au siège de la FDSEA à Guichainville, pour une nouvelle rencontre autour des dossiers importants concernant l’avenir de l’agriculture. Au programme : la réforme de la Pac (le bilan pour l’agriculture euroise des décisions de l’UE, les propositions du ministre Le Foll), les retraites en agriculture, la directive nitrates et diverses communications...  
Bref, un programme très complet, trop complet sans doute car l’essentiel de cette matinée s’est exclusivement focalisé sur les conséquences de la réforme de la Pac. Pas surprenant au regard des enjeux pour l’agriculture départementale.        
Ainsi, Régis Chopin, le président de la FDSEA, s’est voulu très didactique pour détailler les impacts de cette réforme dont l’axe majeur est son verdissement. L’analyse budgétaire passée, ce fut le temps des projections , en y intégrant notamment celle de la surprime des 50 premiers ha proposée par Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture. Parmi les arguments avancés contre cette surprime, il a été soulevé le risque de distorsions de concurrence. “En prélevant pour redistribuer cette surprime” explique Régis Chopin, “le risque de distorsion peut dépasser les 150 €/ha, soit un avantage donné aux allemands de plus de 20 €/t en céréales”. En fait, le président de la FDSEA estime nécessaire que “le verdissement voulu dans le cadre de cette réforme soit supportable et n’entame pas l’économie agricole en tant que telle.Il faut donc arriver à une convergence progressive (nous demandons d’ailleurs qu’elle soit partielle) et chercher, dans le même temps, à limiter les distorsions de concurrence avec nos partenaires européens. Sur ce dossier, notre ministre a toutes les clés en main...”
Cette analyse a été suivie et confortée, naturellement, par plusieurs interventions de responsables professionnels agricoles.
Mais des éclairages différents ont également été apportés par les parlementaires présents. Morceaux choisis... “Vous nous faites part de l’approche nationale de votre syndicat   en vous adressant à des parlementaires nationaux, c’est bien...Mais nous sommes d’abord des élus eurois qui avons besoin de mesurer exactement l’impact de cette réforme sur notre département.Et de savoir précisément ce qui est bon pour nous ou ce qui est inquiétant...” explique le sénateur Ladislas Poniatowski. Un recadrage que Joël Bourdin, autre sénateur a également souhaité. “Vous avez un peu surfé sur cette proposition de surprime des 50 premiers ha” relance Jean-Louis Destans, le député de l’Eure et président du conseil Général. “Mais quelles sont, précisément, les positions de la FNSEA et de la FDSEA?” 

Un statut unique d’agriculteur ?
“Pour la ferme Eure, la profession agricole est majoritairement contre cette proposition... répond aussitôt Régis Chopin. Et d’expliquer pourquoi. Je citerai deux exemples : si on “surprime” jusqu’à 50 ha,  on surprime ainsi tous les petits agriculteurs double-actifs qui ont, ici et là,  4, 5, 6 hectares. De même, cette surprime ne risque-t-elle pas d’encourager les prorpiétaires à reprendre leurs terres et à les exploiter par prestataires interposés ? L’idée du ministre, avec cette redistribution, c’est de redynamiser les petites exploitations et leur permettre de faire de la valeur ajoutée. Mais est-ce seulement les petites exploitations qui font de la valeur ajoutée ? De nombreuses exploitations, supérieures à 50 ha mais pas beaucoup plus grandes pour autant, font aussi de la diversification pour dégager du revenu.  La valeur ajoutée et l’emploi ne sont pas uniquement dans les exploitations de moins de 50 ha. C’est aussi l’une des raisons pour laquelle la FNSEA ne suit pas la proposition du ministre...”

Retrouvez la suite de cet article dans l'Eure Agricole du 19/09/13, page 04

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