L'Eure Agricole Et Rurale 21 mai 2014 à 15h05 | Par F. Carbonell

Ovins - Les acteurs du territoire prennent leur avenir en main

La production ovine dans le département de l’Eure s’apprête à franchir une étape importante avec le partenariat en cours d’élaboration entre les coopératives Cap Seine et Ovins 27.Explications.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © JC Gutner

« La situation de l’élevage ovin dans notre région est contrastée. D’un côté un marché qui va bien, la demande est forte, l’aval est demandeur, les filières qualité ont le vent en poupe. Les prix payés aux producteurs sont bons (ils n’ont que rarement été aussi élevés). Et alors que, historiquement, la demande en viande ovine était saisonnière, elle est désormais soutenue toute l’année. De l’autre côté, la région compte de moins en moins d’élevages et la baisse du cheptel soucie fortement les organisations professionnelles. Dans cette conjoncture Ovins 27, principale organisation de producteurs du territoire rencontrait quelques difficultés et avait besoin d’un partenaire solide pour  redynamiser la filière. Cap Seine a, de longue date, inscrit dans son projet qu’elle voulait participer au  développement de toutes les productions du territoire pour y fixer la valeur ajoutée, la filière ovine  a largement sa place ». Voilà comment Jean-Jacques Prévost, président de Cap Seine, évoque la situation de l’élevage ovin en Haute-Normandie.

Du côté d’Ovins 27, on constate en effet que des ressources trop légères ne permettaient pas une présence terrain suffisante. Ce qui limitait fortement la dynamique d’accompagnement et de conseil. Une situation qui provoquait une érosion des volumes livrés au groupement. D’autre part le manque de structuration de la filière se traduisait par un rapport de force récurrent entre l’amont et l’aval.

Une prochaine assemblée
« Des discussions avec la coopérative Cap Seine ont démarré il y a quelques semaines et cette opportunité a été présentée à nos adhérents en avril dernier. Nous avons besoin d’être épaulés pour présenter un projet durable à nos adhérents et pensons que Cap Seine est aujourd’hui un acteur reconnu sur notre région pour sa capacité à structurer les filières. Elle dispose d’un réseau de conseillers capable d’assurer un accompagnement de qualité et de proximité. Sa solidité financière est indéniable et ses partenariats avec l’aval lui permettent de discuter avec les structures d’abattage.» explique Pierre Bignaux, président d’Ovins 27.
Une prochaine assemblée générale du groupement doit avoir lieu pour définir les modalités précises de ce partenariat. D’ici là, le groupement s’organise avec l’appui de Cap Seine :  l’administratif (pour la comptabilité, le secrétariat et les ressources humaines) d’une part, et la logistique pour la commercialisation, l’organisation des ventes et le règlements des éleveurs d’autre part.

Dans un courrier adressé à ses adhérents en début de semaine, le conseil d’administration d’Ovins 27 rassure ses éleveurs : « La situation financière d’Ovins 27 est à ce jour tout à fait apte à faire face à ses obligations malgré la baisse des volumes, il nous faut maintenir l'équilibre grâce à la mutualisation des services. Cette collaboration permettra de réaliser des économies au niveau des charges fixes et réduira de fait, les frais de fonctionnement de la coopérative. Guillaume Pinel, ancien technicien d’Ovins 27 aujourd’hui agent spécialisé élevages ruminants chez Cap Seine assurera la transition vers une organisation durable ».
L’essentiel de ce partenariat est surtout de redonner confiance et visibilité aux producteurs et aux transformateurs, pour construire un projet durable et structurant. « Nous voulons accompagner les éleveurs pour la rentabilité de leur atelier ovin ; tendre vers un accroissement du cheptel régional afin de supporter les charges fixes d’une organisation de producteurs dont la finalité est d’accompagner techniquement et commercialement les éleveurs et enfin et surtout renforcer le dialogue avec l’aval » insiste Pierre Bignaux. « Soyez persuadés du bénéfice de cette formule qui pourra donner des atouts techniques aux éleveurs et permettra d’assurer la pérennité de notre organisation sur notre territoire. Tout en donnant des perspectives de redéploiement de la filière ovine régionale. »

Pour Jean-Jacques Prévost, un tel partenariat est indispensable si l’on veut que les éleveurs de notre territoire soient acteurs et décideurs de la filière ovine demain : « Cap Seine mettra tout en œuvre pour accompagner Ovins 27 dans cette réorganisation. Il en va du service de proximité tant sur le conseil, l’approvisionnement en aliments et l’abattage. Et nos relations avec l’aval, déjà performantes dans la filière bovine, nous permettront d’aboutir. »


Retouvez le témoignage de Guillaume Métayer, éleveur ovins dans l'Eure, et la réaction de Régis Chopin, président de la FNSEA 27 dans l'Eure Ahgricole et Rurale du 22/05/14, page 4.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Eure Agricole et Rurale se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

la phrase de la semaine

Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon.

Léon Tolstoï

Le chiffre de la semaine
15
15 millions d’euros d’aides européennes sont disponibles pour la France pour le programme Fruits et Légumes à l’école, a rappelé Légumes de France le 3 avril. Malheureusement, les responsables de la filière craignent que les lourdeurs administratives ne rebutent les opérateurs pour utiliser ce dispositif.

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui