L'Eure Agricole Et Rurale 07 septembre 2018 à 11h00 | Par charles baudart

« Nous vendons une framboise locale et qui a du goût »

Laure Figeureu-Bidaud fait partie des nominés au concours Graines d’Agriculteurs pour sa diversification en vente directe de framboises.

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- © c.baudart

Elle est l’une des 10 finalistes du concours « Graines d’agriculteurs », un concours en ligne qui met en valeur les jeunes talents de l’agriculture (lire encadré). Et elle a toutes ses chances pour être lauréate. Car Laure Figeureu-Bidaud est de ces jeunes installées qui poussent les feux de la ferme familiale, avec une énergie étonnante et une audace certaine. Après avoir travaillé pour Limagrain à Clermont-Ferrand, la jeune femme, diplômée de l’ISA de Lille, a repris l’exploitation familiale d’Heuqueville, au coeur du Vexin normand.

« Je suis revenue sur la ferme en novembre 2015 avec le projet de monter une nouvelle activité sur l’exploitation », explique la jeune agricultrice, par ailleurs mariée et mère de deux enfants. La ferme valorisait 112 ha de grandes cultures et une production laitière. Désormais, elle compte aussi 3 ha de framboisiers. Pourquoi cette production ? « Les grandes cultures sont hyper dépendantes des aléas économiques et politiques. J’ai cherché une production qui me permettait de maîtriser mon revenu », explique-t-elle. « Je voulais une production en pleine terre, pas hors-sol. Notre territoire a des atouts, son sol et son climat, qu’il faut mettre en avant ».

La jeune agricultrice a baptisé son projet Les Jardins IDA. Elle a planté 3 hectares de framboisiers, en sélectionnant les variétés pour leurs qualités gustatives et leur précocité. En terme commercial, tout était à construire : portefeuille de clients, gamme, notoriété. « Nous vendons une framboise locale et qui a du goût. L’urgence était de se constituer un portefeuille client. » Elle cible les artisans et métiers de bouche et embauche un commercial. Car produire, c’est bien mais « derrière, il faut que ça se vende », rappelle-Laure Figeureu-Bidaud. En parallèle, elle monte une chambre froide, une chambre de surgélation et investit dans un véhicule frigorifique. Aujourd’hui, elle approvisionne pâtissiers, traiteurs et restaurants, de Rouen jusqu’à Paris.

Chaque matin, de juin à octobre, une équipe d’une vingtaine de personnes cueille les framboises. Sur l’année, la ferme emploie l’équivalent de six équivalents temps plein. Une vraie satisfaction pour l’agricultrice. Au plus fort de la production, entre juin et juillet, c’est quelque 200 kg de petits fruits qui sont récoltés chaque jour. La récolte quotidienne est conservée au frais puis livrée dans la foulée. « C’est une production extrêmement fragile, de la cueillette à la mise en marché », explique Laure Figeureu-Bidaud. Les idées de projets pour l’avenir ne manquent pas : elle est en phase de conversion bio et elle aimerait compléter sa gamme de fruits rouges. La plantation de mûres est à l’idée pour cet automne.•

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