L'Eure Agricole Et Rurale 12 mars 2015 à 08h00 | Par F. Carbonell

« Notre avenir en dépend »

RB* est producteur de lait dans l’Eure. Il fait partie de ceux qui soutiennent le recours contre Lactalis car il estime « que l’entreprise n’a pas respecté ses engagements ». Explications.

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- © Jérôme Chabanne

Il a préféré garder l’anonymat. « On ne sait jamais… » explique le producteur eurois. Son inquiétude n’est pas feinte. Pourtant, il espère que le recours posé contre Lactalis va aider les producteurs      à retrouver leur place dans une négociation « qui est aujourd’hui tronquée…  »

« Tout est parti des 20,20 euros pour 1000 l qui nous manquent sur 2014,  rappelle RB. Et non seulement on les perd en 2014 mais il faut savoir que le prix de base 2015 est toujours fixé par rapport à N-1 » La double peine, en quelque sorte ?
« C’est cela. Comment pouvons-nous accepter de ne pas être payés le prix prévu par rapport aux ventes de Lactalis autour des produits habituels ( poudre, pâtes molles …etc). Et quand Lactalis  prétend qu’il a  respecté son contrat, c’est n’importe quoi. »

Le producteur fait alors ses comptes : « sur une exploitation laitière comme la mienne avec un quota de 500 000 litres, le manque à gagner c’est quasiment 10 000 euros à l’année. Croyez-vous que c’est tenable ? »Le recours posé par l’Organisation de producteurs dont fait parti RB suffira-t-il pourtant ?  « Lactalis a reçu un courrier envoyé il y a un maintenant un mois » rappelle le producteur eurois. « Il lui était formulé la volonté de notre OP d’engager une négociation à l’amiable pour  rectifier le tir concernant ces 20,20 euros. Lactalis a répondu, qu’à partir de la collecte 2015, il appliquera le contrat mais qu’il allait supprimer les primes de saisonnalité. Cette prime de saisonnalité est, normalement, de 15 euros sur le lait d’été. Et comme Lactalis ne voulait pas que ce lait d’été soit plus cher que le lait d’hiver, il a glissé les 15 euros sur les douze mois de l’année. Aujourd’hui, sur le prix de base, nous aurons le même prix que les autres producteurs mais il sera lissé sur l’année. Et, ce sera zéro pour tout le monde en fin d’année. »
Dépité, RB estime que « non seulement Lactalis ne répond pas à notre demande, mais il met une pression supplémentaire sur les producteurs concernés pour contrecarrer le travail de l’ OPNC. Lactalis veut nous punir comme si nous étions les mauvais élèves de la classe. »


(...)


*Ndlr : afin de préserver totalement l’anonymat du producteur, les initiales employées dans l’article sont fictives.

 

La suite de cet article dans l'Eure Agricole et Rurale du 12/03/15

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