L'Eure Agricole Et Rurale 27 mars 2013 à 15h02 | Par F.carbonell

Mobilisation - Les éleveurs ovins haut normands se mobilisent pour défendre les prix

Le mouton de Nouvelle-Zélande a réapparu sur les étals des grandes surfaces de l’hexagone à des prix défiant toute concurrence. Les éleveurs haut normands ne vont pas en rester là.

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 (© Benoit Delabre)  © B. Delabre  © B. Delabre
A l’approche de Pâques, les éleveurs ovins se mobilisent pour un prix de l’agneau rémunérateur. Normal : c’est l’une des périodes traditionnellement favorables à la commercialisation de l’agneau.La Fédération nationale ovine l’a bien compris en engageant, dès la semaine dernière, des actions de communication en grande distribution.
“Si les prix connaissent un léger rebond actuellement, ce n’est pas le cas partout et nous ne voyons encore des baisses dans certains endroits.Et si l’on parle ici de rebond, il est loin, bien loin de compenser la chute des dernières semaines” rappellent les responsables de la filière. De fait,  le début d’année a été marqué par une sévère dégradation du marché, avec des prix en chute de 13 % quand les coûts de production ne cessent d’augmenter. Cette dégradation du prix s’explique notamment par l’arrivée de gros volumes d’agneaux en provenance d’Outre Manche et de Nouvelle-Zélande.
“Ces agneaux néo-zélandais envahissent les étals à Pâques, explique Christian Courtemanche, l’un des responsables de la section ovine de l’Eure à la FDSEA.Et ils affichent des prix cassés qui pèsent sur le marché français et empêchent la remontée traditionnelle des prix. Des agneaux qui sont loin d’apporter les mêmes garanties de traçabilité, de fraîcheur et de qualité, que les agneaux français…”
Ainsi donc, la FNO a incité les producteurs ovins, par grande région, à intervenir dans les GMS de plusieurs grandes villes françaises pour faire passer le message aux consommateurs. Marseille, Lyon, Toulouse, Poitiers, Valence, Dijon, Montargis mais aussi Rouen, et plus précisément au  Carrefour de Tourville-la-Rivière samedi matin.

Notre combat : le revenu des éleveurs
“Nous nous sommes retrouvés avec nos collègues de Seine Maritime. La rencontre avec les responsables de la grande surface a été plutôt courtoise. L’échange qui s’est instauré a surtout porté sur la promotion faite sur la promotion de l’agneau de Nouvelle Zélande et de son prix incroyablement bas. C’est ce qu’on dénonce car aucun éleveur ne peut tenir à ce niveau de prix pratiqué...” Le paradoxe, dans le cas précis de cette enseigne, c’est qu’elle contractualise à longueur d’années avec les producteurs normands en communiquant, dans leurs étals, sur la qualité du produit... “En fait, cet agneau de Nouvelle-Zélande est uniquement un produit d’appel mais il nous fait vraiment du mal, surtout à cette période...”
Pour Christian Courtemanche et Philippe Dubuisson, tous deux présents ce samedi, “notre seule motivation, c’est celle du combat pour le revenu des éleveurs. Et ce qui nous fait le plus mal, dans la situation du moment, c’est que nous constatons depuis plusieurs mois déjà que la demande est  plus importante que l’offre.Bref, nous avons un marché qui ne demande qu’à s’accroître.Mais pas à n’importe quel prix.Toute la difficulté est là.” Des producteurs particulièrement bien accueillis des consommateurs  dans leur démarche de communication.“Face à la demande du marché,  dans la filière ovine, tout le monde est prêt à y répondre et à soutenir les jeunes pour qu’ils s’installent dans cette production.Seulement, la clé, c’est le prix. Et il faut que tous les acteurs de cette filière le comprennent car sinon, nos élevages vont s’éteindre un à un...”
Retrouvez la rencontre régionale entre les éleveurs et les représentants de la grande distribution à Caen, lundi dernier dans l'Eure Agricole du 28/03/13, page 04.

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la phrase de la semaine

Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon.

Léon Tolstoï

Le chiffre de la semaine
15
15 millions d’euros d’aides européennes sont disponibles pour la France pour le programme Fruits et Légumes à l’école, a rappelé Légumes de France le 3 avril. Malheureusement, les responsables de la filière craignent que les lourdeurs administratives ne rebutent les opérateurs pour utiliser ce dispositif.

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