L'Eure Agricole Et Rurale 19 avril 2021 a 08h00 | Par Thierry Guillemot

Météo : bilan à chaud d’une sueur froide.

La plaine et le verger départementaux n’ont pas été épargnés par le coup de froid. Mais au lendemain de deux nuits où les températures ont plongés à -6/-7oC, le pire n’est pas certain.

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Isabelle Barreix : « il suffit d’ouvrir la fleur pour voir si c’est noir ».
Isabelle Barreix : « il suffit d’ouvrir la fleur pour voir si c’est noir ». - © TG

« Il est un peu tôt pour dresser un premier bilan. S’il y a des dégâts, on le constatera dans 7 à 10 jours ». Pour Emilie Leconte, ATE (Agent Technico Economique) Natup sur le secteur d’Etrepagny, la prudence restait de mise au matin du 8 avril. Bien sûr, les cultures de printemps ne sont pas armées pour supporter des températures aussi basses, mais il s’agit de températures enregistrées vers 4/5 heures du matin. L’épisode n’a pas duré toute la nuit. « On peut encore avoir de bonnes surprises ». Le colza, en début de floraison, semble plutôt épargné. A contrario, betteraves et lins déjà levés ont souffert, mais cela ne concernerait qu’aux alentours de 10 % de la sole annuelle. « Heureusement, nous avons eu un vrai hiver, explique Emilie. Désormais, tout dépendra de la météo dans les jours à venir ». Reste cependant le problème de la disponibilité en semences pour ceux qui auraient à casser leurs cultures de printemps.

 

Peur sous le verger

« J’ai eu très peur avec le moral au bas des chaussettes au petit matin du premier gel ». Isabelle Barreix est à la tête d’un verger de 10 ha de pommes à couteaux au Mesnil-Jourdain. Avec Bruno Corroyer, son conseiller arboricole, elle a fait le tour de ses parcelles. « Quand on ouvre la fleur, on voit tout de suite si c’est noir », indique-t-elle. Comme en plaine, il est encore trop tôt pour faire un bilan exhaustif. « Pas de catastrophisme, mais il faut rester vigilant ». Les variétés les plus précoces sont les plus impactées, mais peut-être ne le seront-elles qu’au niveau d’un simple éclaircissage mécanique. « Tout cela pourrait se traduire au final par une récolte correcte même si, localement, les dégâts sont sérieux à sévères », synthétise Bruno Corroyer qui indique qu’aucune région de Normandie n’a été épargnée par ce phénomène.

Un peu rassurée, Isabelle Barreix tire cependant quelque plan sur la comète. « Pourquoi pas un dispositif antigel », s’interroge-t-elle à haute voix. Et pour cause, cela fait plusieurs années consécutives que la météo lui joue de mauvais tours. « Jusqu’à 60 % de perte de récolte », précise-t-elle. Pendant ce temps, la planète se réchauffe !

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