L'Eure Agricole Et Rurale 27 avril 2017 à 16h00 | Par L'Eure Agricole

Lutte contre la septoriose : l'observation est la clé de la réussite !

BLÉ Avec l'approche du stade "dernière feuille pointante", il est temps de raisonner l'intervention fongicide pour lutter contre la septoriose.

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Tâches blanches allongées avec présence de pycnides.
Tâches blanches allongées avec présence de pycnides. - © Arvalis - Institut du végétal

Les blés ayant atteint le stade " 2 nœuds " et le stade " dernière feuille pointante " approchant, il est désormais temps de raisonner l’intervention fongicide pour lutter contre la septoriose. Les premières semaines d’avril ont été peu favorables à la progression de la maladie. En effet, l’absence de pluies significatives a empêché la montée de la maladie sur les étages foliaires supérieurs. Néanmoins, la prudence est de mise puisqu’un retour de la pluviométrie permettrait à l’inoculum présent sur les feuilles inférieures de nouvelles contaminations.

Deux champignons

La septoriose peut être causée par deux champignons, Septoria tritici et Stagonospora nodorum. Le plus rencontré sur le territoire français est Septoria tritici. La maladie provoque sur les feuilles des taches qui peu-vent être blanches et allongées ou bien brunes, de formes ovales ou rectangulaires, éparses et souvent délimitées d’un halo jaune. Ces symptômes sont visibles sur les feuilles de blé apparentes sur les deux faces du limbe. Au cours du temps, ces taches se rejoignent recouvrant la feuille de façon irrégulière. A ce stade, la septoriose se développe par voie asexuée via les pycnides, points noirs visibles dans les taches nécrosées. Les pycnides, sous l’effet de l’humidité ambiante ou de la pluie, se gorgent d’eau, gonflent puis expulsent les spores qu’elles renferment. Ces spores vont alors contaminer les étages foliaires supérieurs sains de la plante ainsi que le même étage foliaire d’autres plantes situées à proximité. Sur une même plante, la maladie progresse donc du bas vers le haut.

Éviter les situations à risque

Il est possible d’anticiper les situations à risque par la mise en œuvre de méthodes de lutte agronomiques. Les premiers leviers mobilisables sont le choix de la variété et la date de semis. Une variété tolérante à la septoriose (Boregar, Cellule, Fructidor, par exemples) permet d’abaisser la pression parasitaire et donc la maladie. Bien entendu, l’efficacité de ce levier n’est pas satisfaisante à elle-seule.En complément du choix variétal, il est préconisé de semer tardivement. En effet, la principale source d’inoculum primaire au cours de l’automne provient des ascospores. Elles sont libérées par les pseudothèces contenus dans les résidus de culture sous l’action de la pluie à la fin de l’été. En retardant la date de semis, la culture échappe aux premières contaminations par voie ascosporée. L’inoculum est par conséquent moins important en sortie hiver. Autres leviers mobilisables mais avec une efficacité relative, le travail du sol et la densité de semis. La présence de résidus de culture en surface favorise-rait le développement de la maladie. Néanmoins, la septoriose n’est pas une maladie à carac-tère parcellaire. Egalement, la pression de la maladie serait plus forte en présence de densités élevées et limitée avec des densités faibles. Il s’agit donc d’un compromis vis-à-vis du rendement visé.

Évaluer le risque avant toute intervention

Il est indispensable de suivre l’évolution de la septoriose dans le couvert par l’observation des parcelles pour décider ou non d’une intervention, surtout dans les cas de variétés sensibles. Le déclenchement d’un traitement repose sur l’observation de la feuille F4 définitive. Le but de la protection fongicide est en effet de protéger les trois dernières feuilles définitives. A partir du stade « 2 nœuds » : observez la F2 du moment (deuxième feuille déployée en partant du haut de la plante), qui correspond à la F4 définitive, sur une vingtaine de plan-tes. A partir du stade  "dernière feuille pointante" : observez la F3 déployée du moment (F4 définitive). La feuille pour apprécier la nuisibilité de la septoriose est la F4 définitive, elle est la clé de décision pour les interventions contre cette maladie en fonction de la sensibilité variétale : - pour les variétés sensibles (notes 4 à 6) : si plus de 20 %des feuilles observées (F4 définitive) présentent des taches de septoriose, il est recommandé de traiter avant les prochaines pluies. - Pour les variétés peu sensibles (notes 7) : le seuil de feuilles atteintes est modifié à 50 %. Pour vous aider à repérer les étages foliaires à observer pour la septoriose, consultez la vidéo sur www.arvalis-infos.fr « observer pour décider d’une intervention sur la septoriose ».

Elodie Quemener Jouanneau - Benjamin Pointereau et Cynthia Torrecillas

Tâches brunes rectangulaires ou ovales avec des pycnides.
Tâches brunes rectangulaires ou ovales avec des pycnides. - © Arvalis - Institut de végétal

BSV
Vous pouvez également suivre l’état sanitaire de vos cultures à travers la publication des bulletins de santé du végétal, consul-tables gratuitement sur les sites internet de la DRAAF, des partenaires techniques et des Cham-bres d’agriculture de Normandie.

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