L'Eure Agricole Et Rurale 20 avril 2017 à 14h00 | Par L'Eure Agricole

Le fret fluvial recule en 2016

ÉCONOMIE Le transport fluvial de marchandises enregistre une baisse de 8,5% en tonnes-kilomètre, due principalement à la mauvaise récolte de céréales.

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Impactés par la forte baisse de l'activité céréalière en 2016 raison d’une moisson catastrophique, Voies navigables de France (VNF) a annoncé des trafics fluviaux en recul de 8,5 %par rapport à 2015, avec 6,8 milliards de tonnes-kilomètre (t-km). Après les excès d’eau et le manque d’ensoleillement de la mi-2016, la sécheresse de l’été a stoppé la croissance des cultures de céréales. Cette baisse conjoncturelle, qui a débuté au troisième trimestre, aura égale-ment des conséquences sur le premier semestre 2017.

Baisse de 19 % en t-km sur le secteur agricole

Le secteur agricole représente 30 % du trafic global fluvial et a enregistré une baisse de 19 % en tonne par kilomètre. L’ensemble des bassins a été touché : la Seine, le Rhône tournés vers la grande exportation, et les bassins du Nord, du Rhin et de la Moselle, orientés sur les expéditions directes vers l’Europe. Si le système de navigation avait été conçu pour l’industrie lourde, le commerce de produits agricoles a directement profité du potentiel de ces aménagements. Le trafic de céréales joue de plus un rôle clé pour l’équilibre économique des investissements fluviaux récents.

La compétitivité de la voie d’eau passe par la performance des installations. Or, lors d’une mauvaise année comme 2016, le blé déclassé en aliment fourrager est expédié par trains complets en Bretagne.

Contraction du fret de la fillière énergie

Avec une contraction de 13,6 %, la filière énergie participe également au recul global du trafic fluvial. Les fermetures des centrales à charbon, particulière-ment celle de Vitry-sur- Seine, induisent une évolution structurelle de l’activité de la filière tandis que la diminution des flux de produits pétroliers est un phénomène beaucoup plus conjoncturel.

Recul de la filière métallurgique

Le recul de la filière métallurgique (-10,4 %) a particulière-ment touché le bassin de la Moselle. Ce dernier connaît une baisse de trafic de 11,9 % en t-km, en partie due au repli sur les approvisionnements en fer-raille (-16,2 %). Toutefois, la hausse concernant les trafics d’agrégats (+ 65 %), essentielle-ment les sables et graviers sur le canal des Vosges, tempère la baisse du trafic sur la Moselle.

Hausse pour la filière matériaux de construction

La filière matériaux de construction connaît une augmentation de 5,4 %. La hausse de l’activité dans le secteur des travaux publics entraîne un accroisse-ment de 2,5 % sur la Seine. Le bassin rhénan enregistre une hausse de 23,5 % principale-ment en raison de la reprise des exportations de sable et de gravier au départ des ports français.

Filière engrais chimie

Les résultats des prestations réalisées sur la filière engrais-chimie restent stables (- 0,5 %) avec une évolution un peu plus favorable concernant la chimie (+ 0,4 %).

Deux bassins bénéficient de cette croissance : le Rhin :

+ 11,9 % et la Seine

+ 1,6 %. Le trafic de conteneurs affiche une hausse globale de 1,5 % en nombre d’EVP1 sur les neuf mois premiers mois de l’an-née 2016. Si le couloir rhoda-nien enregistre une baisse sen-sible (- 8,5 %) due princi-palement au recul des conte-neurs vides, la Seine, avec une hausse de 7,7 %, affiche une croissance dynamique du transport de conteneurs. De même, le réseau Nord affiche une hausse de 4,9 %, sur la même période.

Laurence Geffroy

8 500 kilomètres navigables

Le transport fluvial en France est un mode de transport de marchandises et de passagers qui utilise le réseau de canaux et de rivières navigables situés sur le territoire national. Le trafic est réparti entre cinq bassins fluviaux : Seine, Rhin, Nord, Moselle et Rhône-Saône qui représentent 8 500 kilomètres de voies d’eau navigables, le premier en Europe par sa longueur. Mais seuls 4 100 kilomètres sont affectés au trafic marchandises et 2 000 kilomètres sont adaptés par leur gabarit à une exploitation commerciale moderne.

Plus de 50 % de ce trafic est concentré sur le bassin de la Seine qui met en relation deux ports importants, Rouen et Le Havre avec une zone de consommation importante, l’Île-de-France, et une région de production céréalière de premier plan.

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