L'Eure Agricole Et Rurale 02 mars 2017 à 15h00 | Par L'Eure Agricole

Le Cercle d'échange donne un coup de pouce aux jeunes

ORGANISATION DU TRAVAIL Lors de son assemblée générale, le 15 février dernier au Neubourg, le Cercle d'échanges a dressé un bilan positif de l'année écoulée.

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En 1989, un groupe d’agriculteurs souhaitait économiser sur ses charges de mécanisation et le Cercle d’échanges de l’Eure est né. Presque trente ans plus tard, l’organisation a grossi avec 569 adhérents pour le pôle machinisme et ses services se sont diversifiés, accueillant 155 autres agriculteurs intéressés par le pôle prévention et le pôle gestion des ressources humaines. « Notre métier, c’est la mise en relation, insiste André Terrier, président. Il repose sur de nouvelles formes d’organisation du travail ».

L’activité principale reste la moisson avec en 2016, une mobilisation des machines sur 6 180 hectares. L’activité prévention est en progression avec les vérifications périodiques des installations électriques. Quant à l’activité ressources humaines, elle a concerné 181 recrutements en 2016. « Le Cercle d’échange permet de fidéliser les bons salariés, comme les bons animaliers, ou les bons chauffeurs » explique André Terrier. L’agriculteur de Bouquetot pense qu’un bon salarié représente une vraie valeur ajoutée pour l’entreprise. « Ce n’est pas forcément là qu’il faut faire une économie ». La solution, partager le salarié, c’est ce que propose l’association.

Les jeunes ont besoin de faire des économies

Lors de son assemblée générale le 15 février, le président a signé avec le président du syndicat Jeunes Agriculteurs, Amaury Levesque, une convention. « Les jeunes qui s’installent ont besoin de faire des économies. La mécanisation est l’un des facteurs sur lesquels on peut agir plus rapide-ment. On leur offre la cotisation pendant deux ans, c’est un coup de pouce », explique André Terrier. Ils bénéficient également d’une remise de 30 % sur le service ressources humaines et de 10 % sur la prévention.

« La proximité et la connaissance des adhérents et de leurs attentes, c’est notre force », relate le président. C’est pour cela qu’il croit en l’avenir du Cercle d’échanges, malgré l’apparition de plateformes web qui pourraient proposer les mêmes services. L’assemblée générale a aussi été l’occasion d’organiser un débat avec l’intervention de François Jacques, agriculteur en Meur-the-et-Moselle. Installé sur des terres difficiles, il a expliqué qu’il récolte le colza début juillet et sème début août, ce qui lui laisse peu de temps de préparation. Pour éviter d’acheter du maté-riel, il s’est rapproché de son voisin. Il a calculé qu’il ne souhaitait pas dépenser plus d’une certaine somme en euros par tonne pour ses charges de mécanisation. Ce rapprochement lui a permis de libérer du temps pour faire autre chose.

« Je compte tout le temps mais je ne sais pas changer le fusible de ma radio, le voisin peut me dépanner. Il n’est pas question d‘argent mais d’échange en toute confiance » a-t-il expliqué.

Le second intervenant, Roger Le Guyen, est sociologue et professeur à l’ESA d’Angers. Ses propos étaient focalisés sur le big data, les systèmes d’information au centre d’une démarche collective. « Demain, l’agriculteur pilotera à distance », pense-t-il. Son travail consistera à analyser, observer avec une possibilité de déléguer des tâches. « On pourra suivre ses coûts en temps réel avec un accès en permanence aux informations. »

Laurence Geffroy

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