L'Eure Agricole Et Rurale 09 février 2017 à 11h00 | Par L'Eure Agricole

"La Normandie manque de projets de transformation"

VENTE DIRECTE A deux pas d'Evreux, la ferme de Gravigny propose un drive fermier et réconcilie les citadins avec les agriculteurs.

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Édouard Chedru, gérant et Marie, vendeuse, vous accueille dans le magasin et au drive.
Édouard Chedru, gérant et Marie, vendeuse, vous accueille dans le magasin et au drive. - © L.Geffroy

" Il faut écouter le consommateur". Edouard Chedru, gérantt de Fourche et Fourchette, a bien étudié sa clientèle. Du site internet avec livraison à domicile lancé il y a trois ans, il est passé au magasin à la ferme avec drive, pour toucher une clientèle citadine. A deux pas d'Évreux, depuis un an, la ferme de Gravigny ouvre le soir, du mercredi au samedi, pour permettre aux personnes qui travaillent de s'approvisionner facilement en produits locaux.

Trente-cinq producteurs, dont vingt-cinq de l'Eure, fournissent Fourche et Fourchette. Viande, fruits et légumes et produits lai-tiers proviennent d'agriculteurs déjà orientés vers les circuits courts et la vente à la ferme. « L'idée est de regrouper l'offre en un seul point pour éviter aux gens d'aller de ferme en ferme ». A Gravigny, l'exploitation de la famille Chedru est une ferme laitière. « Ce sont mon père et mon frère qui s'occupent de la partie agricole ». La famille possède également le site des Peupliers, à Flipou, qui dispose d'un deuxième magasin.

« Pour réussir en circuits courts, il faut du contact humain, ce qui manquait avec le site internet. Acheter sans voir, c'est compliqué. Nous n'avons pas voulu de boutique en ville ou dans un centre commercial, car nous pensons qu'il est important pour l'acheteur de visualiser la ferme. » Seul inconvénient, la visibilité. Il faut se faire connaitre pour que les clients fassent le déplacement, même si c'est à 10 minutes en voiture d'Évreux. La signalisation est un point sur lequel Fourche et Fourchette va devoir encore travailler. Mais le bouche à oreille devrait l'aider. « En revanche, au niveau des charges, être ici, c'est plus intéressant pour nous. Avoir une vitrine en ville coûte cher », explique Edouard Chedru.

200 clients par semaine

La vendeuse, Marie, n'est pas une simple caissière. Elle connait bien les produits et les producteurs et peut raconter leur histoire aux consommateurs. Là aussi, cela permet de créer du lien. Le magasin propose en plus une animation par mois en présence d'agriculteurs. « C'est cela le lien, il y a une dimension qualité mais aussi une dimension provenance. » Chaque semaine, le magasin accueille 200 clients, plus 70 commandes au drive fermier. « C'est un service apprécié, complémentaire, pour les gens pressés. Ils n'ont pas la main sur les produits mais ils nous font confiance ».

La force du concept est de pou-voir répondre aux attentes du marché. La sélection des pro-duits se fait sur plusieurs critères. La logistique, car il faut pou-voir produire en quantité suffisante, la qualité et la régularité. D'autres produits pour-raient bientôt rejoindre les étals, comme les fromages et des pro-duits d'épicerie. « En Normandie, on manque de projets de trans-formation, cela pourrait intéresser de jeunes agriculteurs pour ramener de la valeur ajoutée sur l'exploitation. Par exemple, je serai preneur de chips, de biscuits apéritifs, de pâtes, de limonade... », détaille Edouard Chedru. Évidemment, le prix doit rester raisonnable.

Car c'est là toute la difficulté, trouver le juste prix. Celui qui rémunère l'agriculteur et qui ne fera pas fuir le consommateur ! « Par exemple, sur le lait, on n'est pas aligné avec la grande surface évidemment, mais on n'affiche pas le double non plus. Pour la viande, c'est difficile d'être à l'équilibre. On achète la bête entière que l'on fait découper, il faut que chaque steak soit parfait sinon ça ne pardonne pas. »

Prochaine étape de Fourche et Fourchette, vendre le lait produit sur la ferme de Gravigny en direct, pour que les parents emmènent leurs enfants voir les vaches. De quoi faire remonter la cote des agriculteurs, du moins à Évreux.

Laurence Geffroy

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