L'Eure Agricole Et Rurale 04 février 2021 a 08h00 | Par Cyril Cabrol

La mobilisation se poursuit en préfecture.

Après plusieurs actions dans les grandes surfaces du département de l’Eure la semaine précédente, une délégation FNSEA 27, JA 27 et chambre d’agriculture 27 est partie le 1er février 2021 à la rencontre du préfet avec en ligne de mire la lutte contre les distorsions de concurrence et la préservation des moyens de production.

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De gauche à doitre : Gilles Lievens, président de la chambre d’agriculture de l’Eure, Victor Delavoipière, coprésident des JA de l’Eure, Fabrice Moulard, président de la FNSEA 27 et Amaury Levesque,
secrétaire général de la FNSEA 27.
De gauche à doitre : Gilles Lievens, président de la chambre d’agriculture de l’Eure, Victor Delavoipière, coprésident des JA de l’Eure, Fabrice Moulard, président de la FNSEA 27 et Amaury Levesque, secrétaire général de la FNSEA 27. - © DR.

Le préfet de l’Eure, Jérôme Filippini, assisté du directeur de la DDTM, Laurent Tessier, a reçu une délégation d’agriculteurs venue porter les revendications de la profession en matière de préservation des moyens de production, de lutte contre les distorsions de concurrence et d’attente de mise en oeuvre concrètes des engagements de la loi Egalim. C’est d’ailleurs par ce sujet qu’a débuté Fabrice Moulard en rappelant l’action coordonnée FNSEA / JA la semaine précédente dans les grandes surfaces du département pour rappeler la nécessité de construire les prix en marche en avant, en intégrant notamment les coûts de production dans l’élaboration desdits prix, le tout dans un esprit de transparence qui fait défaut aujourd’hui.

La souveraineté alimentaire voulue par le président Macron ne peut s’obtenir qu’à ce prix.

 

UNE QUESTION PHYTOSANITAIRE EMBLÉMATIQUE

Amaury Levesque a enchaîné sur la question phytosanitaire qui est emblématique. Les agriculteurs ont besoin de protéger leurs cultures pour continuer à produire, tout en faisant face à un rejet grandissant de l’utilisation de produits phytosanitaires, à des réglementations de plus en plus strictes (par exemple : les ZNT) et à un accompagnement financier public qui n’est pas à la hauteur des enjeux et des efforts demandés aux agriculteurs. Fabrice Moulard reconnaît l’ouverture importante sur les néonicotinoïdes mais regrette le manque de justesse dans les contreparties exigées (avec un retour de succession des cultures jusqu’à N+3 pour une plante attractive pour les abeilles).

Gilles Lievens renchérit sur les efforts déjà avancés par la profession (baisse dosage, bandes fleuries…) et souligne le risque d’aller vers un choix d’assolement anti agronomique et non pertinent en matière de diversification de l’agriculture voire risqué pour la maintien des filières. Il explique aussi que les recherches laissent augurer des perspectives d’amélioration mais ce sera un ensemble de solutionsqui seront plus complexes à mettre en oeuvre que les néonicotinoïdes.

Le préfet rappelle que des contreparties à la dérogation néonicotinoïdes étaient imposés en conseil d’état mais qu’il parait nécessaire d’affiner les connaissances sur les cultures concernées par les rotations.

Amaury Levesque s’inquiète de la situation des ZNT pour lesquelles aucune indemnisation n’est proposée à ce stade.

Le directeur de la DDTM concède que l’Anses n’a pas encore rendu ses conclusions et qu’à ce stade, les buses anti dérives sont le seul moyen de réduire les ZNT.

 

INTERROGATIONS AUTOUR DES ZNT

Amaury Levesque s’interroge sur la politique de contrôle des ZNT. Le préfet explique que les contrôles seront diligentés par la DDTM, se voudront raisonnables et pédagogiques sauf abus manifeste constaté. Victor Delavoipière est intervenu pour alerter de manière préventive sur certains dossiers en « cours ». Il faut être vigilant sur le projet d’arrêté visant à uniformiser en un seul texte les prescriptions d’épandage et destockage des matières issues d’ICPE et destinées à un retour au sol. Cet arrêté aurait des conséquences techniques et économiques sur les élevages et la gestion de leurs effluents sans réelle plus-value environnementale. Il a aussi évoqué le travail de révision du plan d’action nitrates a été lancé et les agriculteurs seront vigilants sur le sujet.

Quant au projet de loi sur la taxation rapide des engrais azotés, Victor Delavoipière rappelle la ferme opposition des agriculteurs à une nouvelle taxe franco-française. Enfin, compte tenu de la montée des eaux de la Seine notamment, la réunion a été conclue sur le sujet des débordements potentiels et ses conséquences pour les parcelles agricoles qui la bordent. A cet égard, le préfet a rappelé la création récente du syndicat mixte de gestion de la Seine Normande qu’il conviendrait de rencontrer avec VNF.

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