L'Eure Agricole Et Rurale 31 octobre 2014 à 08h00 | Par L'Eure Agricole

La mobilisation, c’est maintenant !

A une semaine du mouvement national orchestré par la FNSEA et relayé par les départements, Régis Chopin le président de FNSEA 27 en explique les enjeux.

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“Oui, nous sommes en colère pour plusieurs raisons, car, non seulement les ministères ne nous écoutent plus, mais surtout parce que la concertation avec la profession n’est plus de mise dans les négociations” regrette Régis Chopin, le président de la FNSEA 27.
“Oui, nous sommes en colère pour plusieurs raisons, car, non seulement les ministères ne nous écoutent plus, mais surtout parce que la concertation avec la profession n’est plus de mise dans les négociations” regrette Régis Chopin, le président de la FNSEA 27. - © DR/DR

Le compte à rebours est lancé avec cette action du 5 novembre. Dans quel état d’esprit abordez-vous cette perspective ?
Effectivement, nous sommes à une semaine de cette journée nationale d’actions. Tous les départements de France y participeront à leur façon, en mettant en avant les nombreux obstacles qui gênent leur  agriculture. C’est une opportunité, pour tous les agriculteurs de l’Eure, de s’associer à un tel mouvement national de revendication.Il s’agit pour nous de nous mobiliser massivement sur les problèmes que nous rencontrons et qui entravent notre compétitivité chaque jour un peu plus. Nous sommes parvenus à un tel niveau de réglementations que notre agriculture y perd sa compétitivité, ses capacités d’innovation et de modernisation, ses emplois et pour finir, sa motivation. Finalement, c’est tout un secteur économique  que le Gouvernement met en danger.
Changer les règles pour simplifier ? Oui ! Mais changer les règles pour mieux contrôler et condamner ? Non !
Nous avons besoin de moderniser, d’innover, de retrouver des marges de manœuvre, de produire tout simplement, mais la réalité est toute autre : l’Europe condamne, la France paie, les pouvoirs publics durcissent les règlements et les contrôles, les paysans trinquent !  

En parlant perspective, justement, plusieurs sujets de mécontentement et de colère animent l’agriculture. A commencer par la fameuse directive nitrates. Un commentaire ?
Oui, nous sommes en colère pour plusieurs raisons, car, non seulement les ministères ne nous écoutent plus, mais surtout parce que la concertation avec la profession n’est plus de mise dans les négociations. Pire encore, le sens pragmatique des agriculteurs (le bon sens paysan) n’est plus entendu,  notamment sur le dossier « directive nitrates ». On ne peut accepter la méthode du « percentile 90  », qui consiste à ne retenir que la deuxième valeur haute parmi dix mesures d’analyses de nitrates dans l’eau. On ne peut accepter le choix arbitraire de fixer à 18 mg/litre le seuil de nitrates dans les eaux superficielles pour classer les zones vulnérables. D’ailleurs, ce seuil ne repose sur aucun fondement scientifique.On ne peut demander aux  éleveurs d’accroître leur stockage d’effluents organiques si peu de temps  après avoir terminé leurs mises aux normes. Ils doivent encore rembourser plusieurs annuités de prêts antérieurs.


(...)


Autant d’aspects qui donnent « de l’eau au moulin » de la mobilisation du 5 novembre. Qu’attendez-vous de cette mobilisation ?
Nous avons connu un contexte similaire en octobre 2009, mais depuis la pression s’est accentuée.Pour ce  5 novembre, je recommande à tous les agriculteurs, éleveurs et polyculteurs, de se joindre à nous  pour dire stop à tout ce qui pourrait anéantir notre agriculture, qui, rappelons-le, est le deuxième secteur d’activité national.Montrons nous en nombre, dans tous les départements, mais à Evreux  particulièrement, pour crier que nous n’en pouvons plus et qu’il faut ménager son agriculture, dans une telle période où rien ne va plus, plutôt que l’administrer à outrance.

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