L'Eure Agricole Et Rurale 24 novembre 2021 a 08h00 | Par PIERRE GLERANT

La filière légumes s’engage dans la transition agroécologique.

Les producteurs légumiers des Organisations de Producteurs Normandes s’engagent dans la certification Haute Valeur Environnementale pour leurs pratiques sur les thèmes fertilisation, phytosanitaire, biodiversité et eau.

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Les organisations de producteurs de légumes, Agrial filière légumes et GPLM, ont décidé dès l’année 2019 de disposer d’une gamme complète de légumes certifiés Haute Valeur Environnementale. Poireaux, carottes, navets, choux, céleris, persil, salades sont au cœur de cette gamme régionale. Les services techniques et les services qualités des deux OP se sont mobilisés et organisés pour préparer leurs adhérents à obtenir la certification depuis maintenant 2 années.

Sept exploitations pionnières l’ont obtenue en 2020. En 2021, 47 exploitations légumières normandes sont en passe d’être certifiées ou déjà certifiées. Deux responsables de la certification des OP et deux producteurs témoignent de l’organisation et de l’obtention de leur certification.

Rencontre avec ces producteurs engagés.

 

Jessica et Philippe, service technique de l’OP GPLM

C’est en 2019 que l’OP a commencé à préparer la certification de ses adhérents pour répondre aux besoins et attentes des clients et des évolutions générales des marchés sur les exigences environnementales. Après une phase de préparation engagée en 2020, plus de 100 adhérents ont été ciblés en 2021 pour mettre en œuvre le dispositif d’accompagnement individuel du service technique de l’OP. A l’issue des audits internes (remplissage des différents indicateurs de la grille HVE) réalisés auprès des producteurs, 11 seront audités en octobre 2021, dont 3 pour le renouvellement du certificat acquis l’année passée.

Jessica, investie pour appuyer les producteurs dans leur démarche, souligne que deux documents sont déterminants pour faire aboutir l’audit interne : la disponibilité d’une déclaration PAC en particulier pour l’évaluation de la biodiversité sur les exploitations, et la traçabilité complète pour l’ensemble des parcelles et des cultures pour finaliser la complétude de la grille d’indicateurs. Cette grille, conçue en viticulture et transposée en grandes cultures, nécessiterait quelques adaptations pour répondre pleinement aux caractéristiques d’exploitations légumières de plein champ, précise Philippe.

Les itinéraires techniques céréales ne sont pas assez optimisés sur ces exploitations spécialisées légumes pour valider les points liés à l’IFT. Les efforts de fertilisation à base de matières organiques ne sont pas reconnus puisque le bilan global azoté est déséquilibré en situation de faibles exportations par les cultures légumières. L’OP poursuit son engagement pour accompagner les producteurs afin que la totalité des 100 producteurs demandeurs à ce stade obtienne sa certification en 2023.

 

Stéphane, responsable qualité amont Agrial OP légumes

L’OP a décidé de répondre aux demandes des clients fin 2019. Le projet a été exposé aux adhérents à l’occasion des différentes assemblées de bassin de l’automne. Le dispositif de certification a été évalué en 2020, avant de caler une stratégie et une organisation pour les années 2021 à 2023, à l’issue de laquelle la totalité des exploitations aura été auditée. Les cinquante premières exploitations ont été priorisées en concertation avec Priméale, la structure d’expédition de l’OP. Dès la mi-janvier 2021, une organisation mobilisant Agrial services et le service qualité de l’OP a permis à chaque exploitant de valider la certification de niveau 1 et de remplir les quatre items d’indicateurs de la grille. Un premier groupe de 36 producteurs a été audité de juin à septembre 2021. A noter que 3 de ces producteurs étaient ceux certifiés en 2020 : c’est le même audit en première demande et en suivi de certification. Une centaine d’exploitations nouvelles prépareront entre novembre 2021 et juin 2022 les audits de l’année prochaine.

A l’issue de cette première phase, Stéphane note que les IFT (grandes cultures et pommes de terre) et le Bilan Azoté Global d’exploitation peuvent être limitants pour l’obtention de la certification. Le service agronomie d’Agrial a été sollicité afin que les Référents Technico Economiques adaptent les recommandations pour la conduite des grandes cultures sous les références IFT régionales. Les stratégies de fertilisation ont également été revues, mais restent dans certains cas, un vrai point de blocage lorsque les exploitants ont recours à de la matière organique (fumiers, composts).

 

Bruno, producteur de légumes sur la Côte-Ouest de la Manche

J’ai été certifié en juin 2021. La certification répond à la demande de nos services commerciaux pour lesquels HVE facilite l’accès aux commandes des clients. La formation et le remplissage de la grille d’indicateur HVE se sont passés facilement : « nous avons l’habitude avec les services qualité », depuis Global Gap et les différents cahiers des charges comme Reflets de France, Label rouge carotte des sables ou Nos régions ont du talent, pour lesquels je suis certifié depuis longtemps. L’organisation de mon exploitation se prête bien au dispositif HVE car j’ai beaucoup de haies et des prairies. Les pommes de terre primeur que j’ai livrées en août et les carottes que je récolte actuellement peuvent bénéficier de la certification.

 

William, producteur de légumes dans le Val-de-Saire

A l’issue des réunions d’informations organisées par l’OP en 2019, j’ai accepté de faire partie des premières exploitations présentées pour l’audit à l’organisme de contrôle. J’ai confirmé ma volonté de m’engager dans la démarche HVE : c’est une attente commerciale à laquelle il faut s’adapter, autant être dans les premiers. L’audit s’est accompagné d’une visite de l’exploitation et d’un entretien avec les auditeurs. La préparation faite en amont par les services techniques de mon OP a facilité énormément cette visite de contrôle.

Depuis la validation de ma certification le 30 juillet 2020, plusieurs expéditeurs achètent régulièrement mes productions et je peux bénéficier d’une plus-value convenue entre l’OP et nos expéditeurs. Le développement de la certification et sa ‘banalisation’ au rayon me font craindre que cette petite incitation ne durera pas. J’ai également reçu les courriers annonçant la mise en œuvre du crédit d’impôt accordé aux exploitations certifiées, c’est un retour positif.

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