L'Eure Agricole Et Rurale 13 mai 2020 à 07h00 | Par MATHILDE NOËL

La fertilisation des prairies pour gagner en productivité.

Sur les quatorze exploitations mesurées la semaine passée, la croissance moyenne était de 70 kg MS/ha/jour, une pousse légèrement inférieure à l’année dernière à la même date.

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Des vaches laitières en pâturage devant une entrée de
paddock.
Des vaches laitières en pâturage devant une entrée de paddock. - © VÉRONIQUE RYCHEMBUSCH

Côté météo, le soleil a rayonné sur l’ensemble de la Normandie avec des températures entre 20 et 25°C. Les nuits ont été marquées par des températures plus fraîches.

 

L’HERBE, UNE CULTURE COMME UNE AUTRE

La fertilisation des prairies doit permettre de couvrir les besoins des plantes et de maintenir la fertilité des sols, sans exagérer les apports. L’objectif est de produire un fourrage de qualité et en quantité suffisante pour répondre aux besoins du cheptel, sans nuire à l’environnement. Puisque l’herbe est une culture à part entière, celle-ci a besoin d’azote, de phosphore, de potasse, de magnésium, de soufre et d’oligo-éléments.

 

L’AZOTE : LE MOTEURDE LA CROISSANCE DE L’HERBE

Chez les graminées, l’engrais azoté augmente la précocité (production plus rapide en matière sèche) ainsi que la productivité (production totale plus importante par cycle végétatif). L’apport d’azote peut être réalisé dès les 200°C cumulés. Il est préférable de le réaliser lorsque les graminées sont capables de le valoriser, essentiellement au printemps. Les apports suivants peuvent se faire après un cycle de pâturage ou une fauche (dans les 10 jours qui suivent). Pour une bonne efficacité, une pluie de 15 à 20 mm dans les 15 jours suivant l’apport limite les pertes par volatilisation et favorise le transfert vers les racines. L’apport peut se faire sous forme de fertilisants minéraux ou organiques, mais aussi grâce aux légumineuses qui fixent l’azote aérien. Il est nécessaire de raisonner la fertilisation à l’année, en fonction de l’objectif de production, du chargement à l’hectare et du mode d’exploitation (pâture ou fauche). La fourniture d’azote du sol et la part de légumineuses dans la prairie sont également à prendre en compte. Si nous raisonnons par cycle, les apports d’azote varient souvent entre 20-50 kg N (pâturage au printemps) et 60-80 kg N (pour les prairies de fauche). Attention : un excès d’azote peut conduire à la disparition des légumineuses. La fertilisation phospho-potassique : indispensable pour la croissance, le développement des racines et la reproduction des plantes !

Dans les prairies pâturées, les déjections animales peuvent restituer une partie du phosphore et de la potasse ingérés. Par contre, dans les prairies destinées à la fauche, la disponibilité en P et K peut diminuer rapidement à cause des exportations importantes. Des apports sont nécessaires pour combler ces exportations et maintenir la fertilité. Pour déterminer les besoins des prairies en P et en K, il est conseillé de réaliser une analyse d’échantillons d’herbe tous les 3 à 5 ans. Comparé à l’azote, le besoin en phosphore est plus faible, mais il ne doit pas être limitant pour valoriser l’azote !

 

A NE PAS OUBLIER

De nombreux outils ont été créés pour calculer la dose d’azote à apporter (méthode COMIFER par exemple). Il est préférable de fertiliser en fonction des besoins du troupeau et du rendement attendu plutôt que de maximiser la production, au risque de polluer l’environnement. Il faut s’adapter à la parcelle : sol, potentiel de production en fonction des conditions météorologiques. L’équilibre entre les légumineuses et les autres espèces est incontournable pour optimiser la fixation atmosphérique. Cela réduit davantage les coûts de production. Enfin, n’oublions pas que les prairies jouent un rôle favorable au niveau de la biodiversité, un rôle paysagé, et un rôle sur la qualité des produits. Et d’autant plus lorsqu’elles sont exploitées dans de bonnes conditions.

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