L'Eure Agricole Et Rurale 11 mai 2017 à 14h00 | Par L'Eure Agricole

La délégation en élevage bovin : une solution simple pour gagner du temps

ÉLEVAGE La simplification du travail en élevage bovin passe par plusieurs voies comme la rationalisation des équipements ou la simplification des itinéraires. Une autre possibilité existe.

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L'externalisation de l'élevage des génisses est une option à envisager.
L'externalisation de l'élevage des génisses est une option à envisager. - © Pixabay

La chambre régionale d'Agriculture de Normandie conduit un projet sur la simplification du travail en élevage bovin. Elle étudie les trois voies de simplification : l'équipement, les itinéraires techniques et la délégation. Quels sont les gains possibles en déléguant une partie de ses travaux ? Zoom sur cette pratique. La délégation a du mal à s'imposer dans certaines exploitations. En cause, le coût qui est souvent mal appréhendé et des problèmes organisationnels qui empêchent de répartir les tâches sur d'autres travailleurs. Pourtant, déléguer une partie des travaux à une Cuma, un prestataire externe ou à un salarié permet de se concentrer pleinement sur son coeur de métier et de privilégier le domaine sur lequel on dégage le plus de valeur ajoutée.

De façon optimale

La délégation permet ainsi de se libérer du temps pouvant être réinvesti sur d'autres activités plus rémunératrices ou simplement pour gagner en qualité de vie et profiter de temps libre pour ses activités familiales. Pour que cette collaboration fonctionne de manière optimale et réellement gagner du temps et de l'argent, il faut prendre le temps d'analyser les tâches pouvant être déléguées et structurer l'organisation autour de cette délégation (consignes, roulement, sécurité, accès...). Plusieurs repères permettent d'appréhender les tâches qui peuvent être déléguées sur une exploitation de polyculture élevage.

Déléguer les cultures de vente et fourragères

Réaliser les travaux de cultures de vente et fourrages par une entreprise ou une Cuma permet en moyenne de gagner entre un jour et un jour et demi par hectare et par an sur les cultures de vente et entre quatre heure et onze heures quarante par hectare sur les cultures fourragères. Les Cuma de désilage avec chauffeur sont de plus en plus fréquentes dans nos campagnes. La performance du matériel des Cuma ou des ETA et l'absence d'investissement pour l'éleveur a fini par en convaincre plus d'un.

Déléguer l'alimentation du troupeau, efficace si...

Les Cuma de désilage avec chauffeur sont de plus en plus fréquentes dans nos campagnes. Les avantages sont multiples : l'investissement dans du matériel de distribution performant est allégé pour l'exploitation, l'exploitant gagne entre 45 minutes et 1 h 30 de temps de travail d'astreinte par jour et il est serein en cas d'absence (maladie, congé...). Contrairement à ce que l'on pour-rait imaginer, cette solution n'est pas exclusivement réservée aux élevages laitiers. Jean-Michel Leroy, éleveur de tau-rillons dans le Calvados, explique sa démarche. Selon lui, les conditions de réussite reposent sur trois principes : « Il faut bien s'organiser pour que la désileuse passe le moins de temps possible sur l'exploitation. Pour cela faut aménager un circuit sur l'exploitation, sans de demi-tour, avec un espace propre et rangé, des indications claires pour les rations. Le respect du règlement intérieur de la Cuma est indispensable, tout comme avoir une cohésion de groupe et faire confiance au chauffeur. Autre point important : optimiser les coûts et le temps passé sur la route (densité d'exploitation importante pour optimiser les tournées) ».

L'élevage des génisses, plusieurs options à étudier

Une dernière possibilité concerne l'externalisation de l'élevage des génisses. En comptant en moyenne dix-huit heures de travail par génisse et par an, les faire élever par un prestataire permet de gagner entre une et deux heures de travail par jour ! Cette solution peut également répondre à des besoins de bâtiment, de surface ou d'autonomie alimentaire.Son coût varie de
1 000 à 1 500 euros par génisse élevée entre 8 jours et 2 ans, mais sa charge réelle est difficile à estimer tant elle dépend de la structure initiale de l'exploitation (optimisation ou non des bâtiments, type d'alimentation donné, frais vétérinaire habituels,...) et du type de contrat avec le prestataire. Deux possibilités existent, avec leurs avantages et inconvénients : la mise en pension, où le naisseur reste propriétaire de l'animal, et la vente, où le naisseur vend l'animal au prestataire et lui rachète au moment décidé. Si le prestataire n'est pas adhérent à un organisme, il est primordial que les deux parties rédigent ensemble un contrat clair et détaillé (règles sanitaires, âge à l'arrivée/à la sortie, alimentation, contrôle, engagement,...). N'hésitez pas à vous faire aider par l'un de vos conseillers.

 

Claire Gigot - Céline Marochin - Catherine Bausson

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