L'Eure Agricole Et Rurale 03 juillet 2014 à 16h13 | Par F. Carbonell

 L’ empilement des contraintes et des réglementations, un fléau pour l’agriculture

Le 24 juin, au petit matin, plusieurs centaines d’agriculteurs de la FNSEA 27 ont occupé le pavé des sous-préfectures et de la préfecture de l’Eure. Et ce n’est sans doute qu’un début…

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Devant la préfecture de l’Eure, ce 24 juin, les agriculteurs ne décolèrent pas. (© (F.Carbonell)) Les Andelys © DR/DR Les Andelys © DR/DR Les Andelys © DR/DR

Un projet de loi interdisant l’épandage de pesticides à moins de 200 mètres des habitations a été « la goutte d’eau » qui a fait déborder la colère de plus de 15 000 agriculteurs dans toute la France ce mardi 24 juin. Depuis plusieurs mois déjà, la profession agricole toute entière dénonce « l’incroyable empilement des contraintes, des réglementations et des normes qui menace directement l’économie du secteur agricole… » Dès le 21 février au cours des Etats généraux de l’Agriculture, la FNSEA avait reçu les décideurs pour évoquer l’emploi, la modernisation et la simplification. Une volonté « de construire ensemble » marquée d’ailleurs par un certain nombre d’engagements pris par les uns et les autres. « Seulement, voilà, quatre mois plus tard, les agriculteurs continuent de voir la pression s’accentuer sur leur métier ». Et les agriculteurs n’en peuvent plus. « Un jour, c’est un agriculteur qui est sanctionné parce qu’il moissonne l’été alors qu’il fait chaud », « une autre fois, on voudrait nous interdire de travailler durant la journée pour protéger ceux qui vivent le jour… », « Un autre jour encore, malgré les efforts et les engagements pris, avec des résultats à la clé, sur la réduction du taux de nitrates, on veut accentuer les mesures de restriction de la fertilisation ou les surfaces concernées… »

Une exaspération contenue jusqu’à maintenant, mais…

Les exemples défilent et les agriculteurs enragent de toutes ces « dérives qui vont à l’encontre même de l’économie de notre pays, puisque nous sommes l’un des rares secteurs d’activités qui permet à notre balance commerciale de ne pas sombrer ! » Dans les rangs des agriculteurs eurois présents dès 7 heures, ce 24 juin, sur le pavé des sous préfectures et de la préfecture, le ras-le-bol est total. « Qu’ils se méfient, quand même, parce que nous n’allons pas nous laisser marcher dessus comme cela bien longtemps » souffle, exaspéré, un éleveur. 
« Mais qu’ils viennent donc tous ces décideurs, voir comment nous travaillons… Seulement, c’est plus facile de répondre aux lobbies d’associations écolos qui ne dépassent pas le périphérique parisien que de s’intéresser à l’économie agricole, de la soutenir et de lui permettre de tenir son rang à l’échelle européenne et mondiale. Mais, de tout cela, ils s’en foutent ! » enrage un autre agriculteur qui s’est déplacé en tracteur ce mardi. Pour les responsables de la FNSEA, « les décisions contre l’agriculture s’accumulent et, face à cela, on ne pourra pas longtemps contenir cette exaspération… » De fait, l’ambiance est lourde, très lourde. C’est pourquoi, la centrale syndicale conduite par Xavier Beulin entend se battre sur chaque dossier.


(...)


la suite dans l'Eure Agricole et rurale du 03/07/14, pages 4 et 5

- © FC

 

Une mobilisation payante


Le matin même de la mobilisation, Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, au micro de RTL réfutait déjà la fameuse disposition interdisant l’épandage de pesticides à moins de 200 mètres des habitations mais évoquant plutôt la mise en place « de mesures de protection adaptée… » Une première « reculade » confirmée par des amendements déposés autour de quelques dossiers essentiels de la loi d’avenir arrivée en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale.


(...)


Enfin, le gouvernement a déposé un amendement sur l’article 23 relatif à l’utilisation des phytosanitaires dans lequel il est précisé que l’interdiction de l’utilisation des phytos autour des zones bâties est exclue ; que leur utilisation est interdite dans l’enceinte des lieux publics.
Enfin, et c’est le point le plus important, l’amendement prévoit qu’à proximité des lieux publics (écoles, crèches, garderies, centres de loisirs, aires de jeux, centres de soin, hôpitaux  et maisons de retraite) il convient de mettre en œuvre des mesures qui empêchent la dérive des produits, telles que haies, buses anti-dérives ou dates et horaires de traitement. C’est seulement dans le cas où ces mesures ne seraient pas mises en œuvre que les préfets pourraient définir une distance minimale à respecter… « Nous sommes fiers de ce succès mais  nous devons continuer le travail » expliquent, conjointement dans un communiqué, les secrétaires généraux de la FNSEA et des JA Dominique Barrau et Florent Dormier. « Ce travail,  c’est de valoriser ses bonnes pratiques – en agriculteurs responsables que nous sommes – et poursuivre le dialogue constructif engagé avec les maires tout en discutant avec les préfets des mesures les plus adaptées aux contextes locaux. »


FC

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