L'Eure Agricole Et Rurale 25 février 2015 à 08h00 | Par F. Carbonell

L'élevage désormais à l'échelle du « 276 »

En mars 2014, les deux chambre d'Agriculture « 276 » avaient acté un rapprochement régional. Et, vendredi au Neubourg, c'était le lancement officiel du service élevage haut-normand.

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Les principaux acteurs de ce rapprochement « historique » (de gauche à droite) : Sébastien Windsor, Jean-Pierre Delaporte, Fabrice Esprit, Laurence Sellos, Bernard Gerlach.
Les principaux acteurs de ce rapprochement « historique » (de gauche à droite) : Sébastien Windsor, Jean-Pierre Delaporte, Fabrice Esprit, Laurence Sellos, Bernard Gerlach. - © (F.Carbonell)

Le cheminement vers un service élevage haut-normand a pu paraître long à se dessiner. Mais il n'a fallu, finalement, qu'une année pour que les chambres d'Agriculture de l'Eure et de Seine-Maritime réalisent ce projet. Une « première étape » car d'autres chantiers attendent les élus des deux chambres au cours de cet exercice 2015. On pense naturellement au rapprochement des offres de service et à la création d'un service commun cultures. De même, en parallèle, les responsables du « 276 » vont travailler encore sur l'articulation avec le projet normand. Vendredi au Neubourg, les acteurs de ce rapprochement ne cachaient pas leur satisfaction de voir aboutir ce projet « sans que les équilibres ne soient rompus entre les départements ». Les artisans de cette construction régionale haut normande commentent l'événement.

Fabrice Esprit : "C'est une démarche qui tient compte de toutes les spécificités"
Fabrice Esprit : "C'est une démarche qui tient compte de toutes les spécificités" - © FCarbonell

Fabrice Esprit,
membre de la chambre d'Agriculture de l'Eure, co-président du Codar*, président de la commission élevage Haute-Normandie :

Une démarche qui tient compte de toutes les spécificités

Avant toute chose, le travail avait été engagé lors des précédentes mandatures des chambres d'Agriculture haut-normandes. Et la mise en commun de services était déjà une réalité même si les deux chambres fonctionnaient séparément. Et tout cela dans un environnement, notamment celui de l'élevage, qui a lui aussi beaucoup évolué à l'instar de l'Aric HN dont l'organisation régionale existe depuis plus de trente ans.

Optimiser l'organisation des services
Avec cet engagement, il fallait tenir compte des spécificités.  La chambre de l'Eure, par exemple, gérait plutôt des services globaux à identité unique "Chambre". De son côté, la chambre d'Agriculture de Seine-Maritime avait plutôt un rôle d'animation et laissait la technique, au travers d'un partenariat, à Littoral Normand, le contrôle laitier de l'époque. D'ailleurs, cette gestion « grand ouest » par Littoral Normand a accéléré la volonté de la chambre d'Agriculture de Seine-Maritime d'assurer un fonctionnement global à l'image de sa voisine de l'Eure. Cette volonté d'agir ensemble s'explique aussi par l'optimisation des services, en évitant les doublons sur certains postes, plus particulièrement ceux relatifs au management. Dans la mesure où des échéances s'annonçaient, notamment avec le départ à la retraite d'Yves Malvoisin, c'était le moment d'y travailler. Vu l'effectif du cheptel beaucoup plus important en Seine-Maritime, il est apparu logique que l'organisation centrale des équipes demeure à Bois-Guillaume. Par contre, toutes les antennes locales resteront en place comme aujourd'hui sur les deux départements pour privilégier encore et toujours la proximité avec les éleveurs. De ce point de vue, il n'y aura pas de bouleversements car les techniciens resteront en poste là où ils sont actuellement. Mais cela n'empêchera pas une « transversalité » des interventions par les techniciens très spécialisés qui seront sur tout le territoire haut normand. Concernant la gouvernance, il a été décidé de manière très collégiale de faire une équipe équilibrée entre Seine-Maritime et Eure. Je serai le président de la commission élevage de Haute-Normandie, sachant que Laurence Sellos mon homologue de Seine-Maritime, occupe la présidence de la commission élevage Normandie. Bref, l'articulation à propos de cette gouvernance s'est organisée en parfaite entente avec un seul objectif : assurer le succès de cette régionalisation et permettre que nos spécificités haut normandes soient entendues à l'échelle de toute la Normandie.

* Comité d'orientation développement agricole et rural

Tous les élevages seront accompagnés.
Tous les élevages seront accompagnés. - © Stéphane LEITENBERGER

Jean-Pierre Delaporte,
président de la chambre d'Agriculture de l'Eure :


Avancer et engager l'avenir sereinement


Même si nous comptons de moins en moins d'éleveurs, il est essentiel que le conseil et l'accompagnement continuent à être à la hauteur des attentes, surtout si l'on veut maintenir cet élevage eurois. Et pour offrir une même qualité de service, l'union fait la force. Tous les types d'élevages seront ainsi suivis, même si nous sommes conscients que certaines filières seront difficiles à maintenir, faute de producteurs assez nombreux. Il s'est établi, entre l'Eure et la Seine-Maritime, un vrai climat de confiance sur ce sujet. Il n'y a pas de problème d'hommes. Cela nous permet d'avancer et d'engager l'avenir sereinement. C'est sans doute une évidence, mais à deux nous aurons beaucoup plus de possibilités pour l'élevage et son accompagnement plutôt que de travailler chacun de notre côté. 
Etre plus entendusEnfin, si l'on s'en tient à notre environnement proche (comme l'élevage de la Manche par exemple), notre département ne pèse presque plus rien dans des filières aussi importantes que le lait. En travaillant avec la Seine-Maritime, nous pouvons rétablir un équilibre que nous n'aurions jamais eu à cinq départements. Clairement, il s'agit d'être plus représentatifs et plus entendus aussi. C' est toujours compliqué de mettre en place une démarche de régionalisation parce qu'il faut, c'est une priorité, tenir compte des hommes qui sont concernés. Il a fallu un gros travail des équipes d'encadrants pour trouver une solution équilibrée et partagée par tous.

Les témoignages de


Sébastien Windsor président de la chambre d'Agriculture de Seine-Maritime


Laurence Sellos membre de la chambre d'Agriculture de la Seine-Maritime, présidente du Sydel et de la commission élevage normande


dans l'Eure Agricole et Rurale du 19/02/15, pages 4 et 5

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