L'Eure Agricole Et Rurale 25 avril 2012 à 09h48 | Par F.Carbonell

L'actualité des JA - Je savais ce que je voulais faire et je l’ai fait tout simplement

Antoine Maupoint voulait devenir agriculteur. Il le disait quand il était petit, il l’a fait quand il a fini ses études... agricoles ! Et, tout cela, hors cadre familial. Passion quand tu nous tiens...

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A Toutainville, depuis plus  d’un an et demi, le village compte un agriculteur de plus.Il s’agit d’Antoine Maupoint.A 25 ans, ce jeune a réalisé ce qu’il voulait : devenir agriculteur. “Depuis tout gamin, il ne pense qu’à cela” explique son père. Il y a de la fierté dans la manière de le dire.Normal. Antoine Maupoint a réalisé son projet “à la force du poignet” car il est de ces jeunes agriculteurs installés “hors cadre familial”. Une formule loin d’être neutre quand il s’agit “de faire le métier qu’on aime quand on est  pas du milieu”.

Pourtant, Antoine ne s’est pas posé de question existentielle. Il savait qu’il n’allait pas lutter pour des hectares mais pour un projet “à sa main”. Celui-ci s’est construit à la faveur des rencontres réalisées dans le cadre de sa formation et de ses stages.


Un stage, un déclic

"Le système habituel de scolarité ne me convenait pas vraiment” commente, le sourire aux lèvres, Antoine Maupoint. Du coup, il prend la voie des maisons familiales et rurales avec un passage 4e/3e classiques et un BEP agricole en production animale à Blangy.Il enchaîne ensuite avec un Bac professionnel à Maltot. Une formation accompagnée de stages en exploitation : d’abord à la ferme Jérôme Jacques au Bois Hellain, en polyculture élevage. Puis, pour le Bac pro, deux années de stage au Gaec Desvaux dont les productions sont alors le lait et la volaille avec transformation et commercialisation.

C’est là que j’ai découvert la filière volaille et sa commercialisation” souligne le jeune agriculteur. “C’est une exploitation voisine où je connaissais Jean-Baptiste qui s’était ainsi installé avec ses parents en Gaec. Une rencontre et un stage qui furent déterminants par la suite...” Cela dit, une fois sa formation acquise, Antoine Maupoint va travailler dans une exploitation en grandes cultures et vaches allaitantes du Marais Vernier pendant 2 ans et demi. Une période durant laquelle il mûrit son projet d’installation.

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Le principe du parrainage

Antoine Maupoint construit donc son projet autour de la production, de la transformation et de la commercialisation de volailles. Mais il ne part pas de rien. Explications. “En fait, j’ai repris l’activité des parents deJean-Baptiste Desvaux qu’ils avaient mis en place depuis des années. Ils avaient leur organisation et leur clientèle. Cela fonctionnait bien.” Une reprise inscrite et financée naturellement dans le cadre du projet d’installation. Mais, au-delà des formalités de reprise, ce qui a compté le plus aux yeux d’Antoine Maupoint, c’est l’accompagnement qui lui a été proposé. “En quelque sorte, j’ai été parrainé par les parents Desvaux qui m’ont laissé ainsi leurs installations pendant un an, le temps que je construise les miennes...”

Un “tuilage” très intéressant pour le jeune agriculteur qui a ainsi bénéficié de l’expérience des éleverus et assimilé totalement le fonctionnement de l’atelier et de toute l’approche commerciale, notamment avec la reprise des marchés (du Havre et de Pont Audemer).“Ce fut une transition vraiment idéale pour moi-même si, sur les derniers mois, c’était un peu compliqué dans la mesure où il fallait aussi que j’assure l’avancée des travaux afin de respecter mon engagement de départ...” Si la construction du poulailler  n’a pas posé de problème majeur (le bâtiment neuf de 120 m2 a été réalisé par un spécialiste avec système d’alimentation adapté), c’est plutôt du côté de la création du hangar avec son laboratoire et ses équipements de transformation que tout ne fut pas simple...

“C’est surtout le décalage qu’il y a entre ce que l’on prévoit au départ et ce que vous réalisez à la fin” souffle Antoine.Ainsi, quand il imagine son projet, il le prévoit en bord de route.Seulement, la proximité de maisons d’habitation n’est pas idéale.Du coup, le projet est reculé sur la parcelle avec un chemin d’accès à créer. “Et bien, ce genre de détail, cela coûte toujours plus cher que prévu...() De même, le choix des matériaux pour réaliser le hangar, les règles sanitaires à respecter, les équipements sont autant de points difficiles à estimer à l’origine. Cela dit, comme j’ai fait pas mal de choses par moi-même, les coûts de réalisation sont restés raisonnables au final...” L’investissement global tourne autour des 100 000 euros. Face à cela, des subventions du Département, de la Région et la dotation JA contribuent à équilibrer le projet.

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Un troisième marché

Même si tout n’est pas achevé, l’outil fonctionne déjà à plein régime. “Les périodes de gavage et de commercialisation de fin d’année sont toujours un peu compliquées en termes de temps mais j’y arrive.Côté clientèle, la transition s’est faite en douceur.Elle est restée fidèle.Je me suis aussi décidé à réaliser un troisième marché (aux halles du Havre).Il a  bien démarré...”

Côté administratif et gestion, son épouse assure l’essentiel. “Elle travaille à l’extérieur mais réalise la facturation et la gestion courante.” Après une année d’exercice complète, Antoine Maupoint se dit satisfait. “J’ai atteint les objectifs que je me suis fixés dans mon projet. C’est bien même s’il y a encore beaucoup à faire...” Et notamment la création d’un lieu d’accueil et de commercialisation. “Tout est prévu et c’est ce que je vais réaliser dans les prochaines semaines.La clientèle apprécie d’être accueillie dans un lieu adapté et, pour moi, la présentation des produits transformés sur place sera un plus...”

Retrouvez toute l'actualité des Jeunes Agriculteurs de l'Eure

dans l'Eure Agricole du 26/04/12, pages 13, 14, 19 et 20 !

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