L'Eure Agricole Et Rurale 12 juillet 2021 a 08h00 | Par Propos recueillis par D. Briand

Jean-Charles DESCHAMPS, président de NatUp

« L’objectif est de produire 250 t de fil/an, ce qui représente 500 ha de lin »

Abonnez-vous Reagir Imprimer
La première machine de la filature a été livrée sur le site de Saint-Martin-du-Tilleul dans l’Eure.
La première machine de la filature a été livrée sur le site de Saint-Martin-du-Tilleul dans l’Eure. - © DR.

Quel est le rôle de la coopérative NatUp dans la filière lin ?

Au sein de son pôle fibre, NatUp transforme des fibres naturelles achetées auprès des teilleurs. Les fibres courtes du lin, associées à du polypropylène, sont utilisées en équipement automobile. Les fibres longues, après peignage dans l’usine de Saint-Martin-du-Tilleul, ont deux débouchés principaux : le textile traditionnel essentiellement en Inde et au Bangladesh et le composite haute performance dans la fabrication d’équipements de sport et loisir. Par ailleurs, l’usine de peignage exporte aussi des rubans destinés à l’industrie textile vers la Chine, l’Europe de l’est, l’Inde et le Bangladesh. Enfin, NatUp Fibres s’est étoffé l’an dernier avec une activité de tissage à Halluin (59) avec la société Lemaitre Demeestere.

 

Où en est la construction de la première filature normande ?

Elle se monte dans un entrepôt de l’usine de peignage qui était vide. La première machine est livrée, les autres sont en cours d’acheminement depuis la Chine. Elle sera opérationnelle tout début 2022. La filature, au mouillé, permettra à nos clients de réaliser des vêtements en lin. L’objectif est de produire 250 t de fil/an, ce qui représente 500 ha de lin ou encore 1 250 000 chemises.

 

Quels seront les débouchés ?

Nos clients seront des tisseurs et même des tricoteurs puisque la filature au mouillé nous permet de réaliser des fils très fins. Saint James, le Slip français, Petit bateau sont à la recherche de fils de lin français.

 

Pour quelles raisons le groupe a-t-il voulu créer une filature ?

Nous avons appelé notre projet Le chaînon manquant : on vient combler un manque et apporter une technologie absente du territoire national pour proposer des vêtements à faible impact environnemental et 100 % made in France. La France est le premier producteur de lin au monde et, demain, nous serons capables d’avoir des vêtements fabriqués en France de A à Z. C’est une grande fierté. Le projet n’est pas de réduire l’export vers la Chine, puisque nous ne transformerons que 500 ha, mais de proposer un produit et une histoire différente. Ce projet a une portée collective au travers de ses trois volets : la filature permettra de développer la production, un laboratoire de caractérisation de la fibre se mettra au service de l’ensemble de la filière et, enfin, une plateforme collaborative sera créée pour partager les travaux de recherche sur l’amélioration de la valorisation d’un tissu de lin 100 % made in France.

 

Outre les trois projets en Alsace, dans le Pas-de-Calais et dans l’Eure, d’autres projets de filature se montent. Pensez-vous qu’il puisse y avoir de la place pour tous ces acteurs ?

Le marché du lin 100 % made in France n’existe pas aujourd’hui, il est à créer. C’est une niche dont la croissance dépendra plus de la demande et de l’appétence des consommateurs pour l’histoire, la traçabilité, l’impact environnemental et social que de la capacité installée.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions emises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Eure Agricole et Rurale se reserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et reglements en vigueur, et decline toute responsabilite quant aux opinions emises,

la phrase de la semaine

L'EURE AGRICOLE ET RURALE VOUS INFORME Votre journal vous sera normalement adressé comme à l’habitude aujourd'hui. En tant qu’abonné, vous pouvez aussi le consulter en version numérique. Pour y accéder rien de plus facile, cliquez sur l'article ci-dessous

L'équipe de L'Eure Agricole et Rurale

Le chiffre de la semaine
02 32 28 55 55
C'est votre contact pour vous abonner au journal numérique