L'Eure Agricole Et Rurale 08 janvier 2014 à 08h00 | Par F. Carbonell

Interview - La production porcine a besoin de rebondir rapidement, sinon...

Joël Blaisot, le président de la section porcine de la FDSEA, s’apprête à passer la main. Mais, avant cela, il fait une analyse sans concession de la filière porcine et de ses enjeux à moyen terme.

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- © DR/ Reussir

Comment appréhendez- vous aujourd’hui l’avenir de la production porcine ?
Il faut d’abord le resituer dans son contexte. L’épisode 2007/2008 de la flambée des matières premières aura été lourd de conséquence pour les éleveurs. A commencer par le fait qu’ils étaient dans l’impossibilité de répercuter la hausse des coûts avec un cadran se situant autour de 1,10 € et un prix moyen de l’aliment à 2 080 € la tonne. Bon nombre de difficultés ont démarré à partir de ce moment avec cet effet ciseaux important.

Et quelle est la situation aujourd’hui ?
Le manque d’investissement se fait cruellement sentir.
Nous avons un parc bâtiment vieillis sant. Nous sommes moins performants techniquement, sanitairement mais aussi dans l’organisation du travail. Parallèlement, la législation est toujours de plus en plus exi-geante : au-delà de 2 000 places PC ou 750 truies, la classification ICPE a changé. Et, de ce fait, 50 % des éle- vages français sont concernés. Ce qui est sûr et incontournable, c’est que nous devrons nous mettre en permanence en conformité avec les
nouvelles techniques retenues par l’Europe.

Vous semblez dire que la filière est malade...
Malheureusement, c’est cela. Notre filière est malade et, plus globale- ment, c’est la traduction même de ce qui se passe pour l’ensemble de l’élevage français : les volumes bais- sent et nous sommes de moins en moins compétitifs, notamment de par le coût de la main d’oeuvre. La production porcine a besoin de rebondir rapidement, faute de quoi elle s’affaiblira. Avec, à la clé, la dispa- rition d’ateliers. Prenons l’exemple de notre département : les mises aux normes « bien être des truies » vont se traduire par 500 reproduc- teurs en moins.

Mais alors, comment faire face ?
D’abord, je le rappelle encore, la charge principale dans cette production, c’est l’alimentation. Les éle- vagesproduisant leur aliment (de plus de 80 % de leurs besoins en céréa- les), lissent mieux les amplitudes de prix par rapport à l’éleveur qui achète.

(...)

 


Retrouvez la suite de cet entretien dans l'Eure Agricoel et Rurale du 09/01/14, page 4.

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