L'Eure Agricole Et Rurale 24 janvier 2008 à 13h38 | Par F.Carbonell

Grandes cultures - Grenelle de l’environnement et évolutions des marchés

Des dossiers particulièrement consistants ont été discutés en présence de nombreux agriculteurs lors de cette nouvelle journée euroise des scopeurs.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Tous les dossiers brûlants concernant les grandes cultures ont fait l’objet de débats ouverts et intéressants lors de cette journée du scopeur.
Tous les dossiers brûlants concernant les grandes cultures ont fait l’objet de débats ouverts et intéressants lors de cette journée du scopeur. - © DR
P as loin de 150 agriculteurs de l’Eure ont participé, jeudi, à la journée du Scopeur au siège de la FDSEA à Guichainville. Une réunion construite autour des dossiers qui font l’actualité aujourd’hui : le Grenelle de l’environnement, les perspectives et évolutions des marchés, la Pac et Orama. Des sujets préparés par la section grandes cultures et son président  Régis Chopin qui fut un animateur avisé et efficace de cette journée professionnelle.

Un long fleuve pas si tranquille...
La matinée a donc été consacrée aux enjeux et conséquences du Grenelle de l’environnement. Alix D’Armaillé, de l’AGPM, a rappelé les conditions de la mise en place et du déroulement de ce Grenelle. L’occasion d’abord de préciser le travail réalisé en amont de ce “rendez-vous historique” par Orama et ses trois présidents qui rencontrèrent le ministre de l’environnement Jean-Louis Borloo. 
Au coeur de cette entrevue effectuée dans le cadre du Salon du végétal, le contenu enfin découvert des mesures avancées dans ce grand ring de discussions : le retrait des molécules (30 d’ici fin 2008), la diminution si possible de 50 % de l’usage des phytosanitaires ou encore un travail de contrôle sur la qualité des eaux... Cette première entame fit la part belle aux méandres des discussions engagées pendant ces derniers mois entre les différents acteurs professionnels et les autres... Pas facile de rapprocher des points de vue autour de ce “rendez-vous historique” (et si médiatisé) du Grenelle de l’environnement qui n’a d’ailleurs pas encore délivré toutes ses avancées ou ses reculades...
A l’heure de la discussion qui allait suivre, il fut d’abord question de la situation des marchés. “Malgré les prix, malgré le manque de production, la France n’exporte pas et on reconstitue des stocks” souligne Jean-François Isembert, l’un des administrateurs d’Orama. “Si la production remonte, comme c’est le cas en Australie après six ans de manque et si l’Europe de l’Est produit également, nous allons nous retrouver avec des stocks en juin et des cours en baisse. Dans ces conditions, comment allons-nous pouvoir négocier auprès de Bruxelles ?”

Une guerre économique à dessein
Une question qui en appelle bien d’autres. Mais le professionnel fait état aussi des “contradictions” liées à la consommation animale. Explications. “Ainsi, on nous parle de filière mais rien n’empêche aujourd’hui  l’Europe d’importer des viandes hors de l’Union européenne. Dans ce cas, c’est une perte de compétitivité vis à vis de nos clients. Et l’on voit ainsi disparaître notre clientèle porcs et volailles avec, il faut le dire aussi, une perte sèche à l’export...” Des inquiétudes exprimées aussi autour d’une parité euro-dollar “qui joue contre nous”. Et l’on parle alors de “guerre économique à dessein” où les USA évoquent la possibilité de produire et alimenter le marché européen si l’agriculture du vieux continent n’est pas compétitive...Une position assez provocante confortée aussi, dans un passé pas si lointain, par les dires de certains ministres français qui expliquaient “que la France n’avait plus vocation à exporter” rappelle fort justement Philippe Auguste d’Orama.
Parmi les autres discussions et débats animés du jour, il fut également  question de l’approche diester et du retour “toujours attendu” des royalties... Une question récurente à laquelle Jacques Siret ne s’est pas dérobé... “Chacun peut voir son intérêt particulier mais si nous cessons d’alimenter notre marché, nous pouvons le perdre” rappelle le responsable d’Orama.  “Les royalties sont parties soit pour financer les producteurs, soit pour financer de nouvelles usines...”

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Eure Agricole et Rurale se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

la phrase de la semaine

Toutes les familles heureuses le sont de la même manière, les familles malheureuses le sont chacune à leur façon.

Léon Tolstoï

Le chiffre de la semaine
15
15 millions d’euros d’aides européennes sont disponibles pour la France pour le programme Fruits et Légumes à l’école, a rappelé Légumes de France le 3 avril. Malheureusement, les responsables de la filière craignent que les lourdeurs administratives ne rebutent les opérateurs pour utiliser ce dispositif.

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui