L'Eure Agricole Et Rurale 13 avril 2017 à 13h00 | Par L'Eure Agricole

"Grâce à l'Atex, je peux à nouveau investir"

ACCOMPAGNEMENT Benoît, éleveur eurois, a connu des difficultés économiques. L'Atex l'a aidé à trouver des solutions.

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« L’Atex n’est pas une fin en soit, c’est juste de l’huile dans les rouages, c'est un travail efficace avec les partenaires de l'agriculteur, dans son intérêt. Mais autant l’acte de candidature est compliqué, autant les agriculteurs suivis, rassurés, ne veulent pas en sortir rapidement », constate Eric Taburet.
« L’Atex n’est pas une fin en soit, c’est juste de l’huile dans les rouages, c'est un travail efficace avec les partenaires de l'agriculteur, dans son intérêt. Mais autant l’acte de candidature est compliqué, autant les agriculteurs suivis, rassurés, ne veulent pas en sortir rapidement », constate Eric Taburet. - © - D.R

L’association pour l’appui technique et économique aux exploitations agricoles (Atex) accompagne les agriculteurs en difficulté passagère depuis plus de trente ans dans l’Eure. Pour y parvenir, elle compte de nombreux partenaires et c’est ce réseau qui permet aux agriculteurs de remonter la pente. Benoît* est éleveur laitier dans le département. Il s’est installé en 1999 sur 117 hectares, dont 30 hectares de maïs, avec 53 vaches Prim’holstein, dont le lait est livré à Lactalis.

Des difficultés sanitaires

Il part dès le départ avec un handicap, car ses terres sont peu labourables, elles sont humides, avec une forte pression parasitaire. Néanmoins, tant que le prix du lait est à un certain niveau, il s’en sort. « Le début des années 2010 ont été bonnes mais en 2013, le prix du lait a chuté à 21 centimes le litre et c’était mon seul revenu. En même temps, le maïs était très sec et j’ai dû augmenter l’utilisation de concentrés », se rappelle l’exploitant. Il connaît alors de graves difficultés sanitaires sur son cheptel, avec une mortalité des veaux qui s’élève à 80 en seulement trois ans. Les charges alimentaires sont élevées, il éprouve des difficultés à vendre son foin et il n’atteint pas son quota laitier. Le lait est sa seule production, donc il est entraîné dans un cercle vicieux.

En 2014, son banquier lui propose un suivi par l’Atex. « Il fallait trouver une solution, mais rejoindre l’Atex, j’étais réticent au départ car je voyais cela comme un échec. » Son dossier passe en commission en mars 2014. Le conseiller de l’association, Eric Taburet, intervient rapidement pour lui proposer aussi bien des solutions techniques que financières. Ainsi, il suggère de mieux valoriser les prairies, de baisser l’achat des concentrés pour gagner en autonomie alimentaire et augmenter la marge brute du lait. Benoît adhère un service de suivi technique lait pour avoir un conseil individuel neutre. Il résout le problème sanitaire en vaccinant ses animaux contre le rotavirus.

Une dette effacée en trois ans

Côté finances, l’Atex établit un plan d’adaptation en juin 2014, soit trois mois après le passage en commission. La trésorerie est regardée de plus près pour éviter les dérapages. Un prévisionnel est établi pour les douze mois à venir. L’éleveur commence à être rassuré. « J’avais à l’époque envisagé de laisser tomber l’agriculture pour faire un autre métier », avoue-t-il aujourd’hui. Pourtant, trois ans plus tard, il a quasiment effacé sa dette avec son fournisseur négociant en aliment, il a augmenté son quota de 50 000 litres par le bassin laitier et de 125 000 litres dans le cadre de l'installation de sa femme, il a repris 30 hectares en herbe et sa femme s’est installée avec lui en Gaec en 2016.

Le travail en réseau a bien fonctionné. Avec le conseiller Atex, il a rencontré sa banque, son centre de gestion, les conseillers de la chambre d’agriculture, son fournisseur, la MSA. Avec la restructuration bancaire proposée, les mensualités ont baissé, la dette du fournisseur d’aliment est passée de 120 000 euros à 10 000 euros en trois ans. Ce der-nier a fait un gros effort sur les agios puisqu’il les a effacés, soit une somme de 13 000 euros.

Des rendez-vous espacés

Dès 2015, les rendez-vous avec le conseiller Atex se sont espacés. Petit à petit, il est à nouveau possible pour l’éleveur d’envisager des investissements, les charges ayant fortement baissé. Le trac-teur en location coûte deux fois moins cher que celui qu’il avait en 2014. Il investit dans un distributeur d’aliment concentré, il modernise sa salle de traite avec des compteurs à lait et réalise en autoconstruction un hangar de stockage. Il souscrit des mesures agro-environnementales et cli-matiques (MAEC) mais regrette tout de même de n’avoir touché jusqu’à présent que 7 000 euros sur les 32 000 euros prévus. Cerise sur le gâteau, il arrive à mettre chaque mois 500 euros de coté, ce qui lui était inenvisageable avant. Mais son inquiétude demeure sur le prix du lait. « Je réfléchis à passer en bio car il est payé 450 à 500 euros les mille litres et techniquement j’y suis presque, avec un système herbager », estime Benoît.

Laurence Geffroy

*Le prénom a été changé

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