L'Eure Agricole Et Rurale 20 juin 2012 à 11h48 | Par F.Carbonell

Elevage - Quand la race normande prend des formes, les éleveurs ont vraiment "Envies" de réussir !

La race normande est connue pour produire du lait. Mais elle est aussi très intéressante pour la viande. Des éleveurs normands l'ont bien compris. Témoignages.

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Faire des bêtes normandes de forme, c'est possible. Ainsi, une vingtaine d'éleveurs de la grande Normandie se sont réunis au sein de l'association ENVIES. Et ils ont décidé, depuis plusieurs années, de partager leur savoir-faire pour avancer sur cette "niche" de production qui, économiquement, fonctionne bien. Mais, pour y arriver, la technicité, la patience et la passion sont autant de qualités indispensables pour conduire un pareil troupeau à maturité.



Une passion, une rencontre, un déclic

Tout est parti d'un homme. Il s'appelle Raymond Dupont, il est technicien au centre d'insémination de l'Aigle. Son "truc" à lui, ce sont les bêtes de forme... Pas n'importe lesquelles : celles de la race normande. "Le départ de l'association Envies, c'est justement la connaissance que j'avais de quelques éleveurs qui présentaient des animaux de type musculeux de race normande dans différents concours viande..." explique -t-il. Ainsi, d'une année sur l'autre, il les rencontre durant les concours. Le temps de créer des passerelles, d'échanger. Et puis, ce sont les premières visites de troupeaux chez les éleveurs. "Je suis allé de la Sarthe à la Mayenne en passant par la Manche, le Calvados et l'Eure. Si j'ai eu beaucoup de satisfaction à les rencontrer de la sorte, j'ai aussi constaté avec regret, au fil des visites, que l'origine des reproducteurs était souvent méconnue...() Il y avait nécessité de travailler sur cet aspect mais comment ? Le déclic est venu à l'occasion de notre rencontre avec Didier Caillouel, un éleveur de l'Eure. Il était beaucoup plus avancer sur ce travail, notamment autour de la transplantation embryonnaire..."

A ses côtés, pour la visite de ce jeudi de son troupeau au Bec Hellouin, Didier Caillouel confirme. Et explique sa démarche initiale... "A l'origine, j'avais un élevage laitier mais j'ai toujours aimé les bêtes de forme. Ainsi, j'avais acheté des Blanc/bleu. Seulement, au "moment des hormones", j'ai voulu vraiment passer à autre chose. Ce que j'ai fais en achetant deux vaches normandes un peu formées avec un taureau..."

Une "niche" intéressante

Faisant aussi "en absorption" sur les blancs/bleu, le temps d'une transition, Didier Caillouel décide aussitôt de faire de la transplantation embryonnaire. "Je l'ai fait systématiquement  sur mes deux vaches, tous les deux mois, pendant deux ans. Je posais ainsi mes embryons sur mes vaches laitières. Cela s'est mis à fonctionner et, maintenant, j'ai quasiment un pourcentage de 99 % de veaux de forme sur mes vaches. J'essaie maintenant d'éliminer progressivement les tares..."

"Didier fut vraiment le déclic sur ce créneau des bêtes de forme de race normande. L'association pouvait alors voir le jour..." précise Raymond Dupont. Depuis, les quelques vingt éleveurs normands partagent leur expérience et des rencontres, comme au Bec Hellouin chez Didier Caillouel, permettent de faire avancer les choses. "Concernant les débouchés, cette production  de bêtes de forme est une niche mais une niche économiquement très intéressante, explique sans détour Didier Caillouel. Ainsi, ma commercialisation s'effectue par un seul boucher qui me prend l'essentiel de mes bêtes...()" Et d'ajouter  avec autant de réalisme que d'humour  : "Sans doute est-ce un peu risqué d'avoir une seule filière de commercialisation mais, heureusement, mon boucher est plus jeune que moi. Je peux donc espérer que cela dure". Tout  en souriant, l'éleveur eurois n'en demeure pas moins persuadé de l'importance d'une association comme ENVIES. "Au-delà de la seule conduite de l'élevage et des échanges d'expériences avec les autres éleveurs, l'association  doit nous permettre  d'assurer la filière de commercialisation dans le temps et surtout une régularité d'approvisionnement..."

Retrouvez cet article dans l'Eure Agricole du 21 juin 2012, page 7



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