L'Eure Agricole Et Rurale 08 octobre 2014 à 08h00 | Par Propos recueillis par F.Carbonell

« Devant l’inacceptable, agissons ensemble ! »

Régis Chopin, président de la FNSEA 27, revient sur les décisions prises par le conseil fédéral de la FNSEA le 25 septembre dernier.Il répond à nos questions.

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Lors du conseil fédéral  de la FNSEA du 25 septembre dernier, Xavier Beulin est intervenu pour dénoncer une crise non seulement économique mais morale. Que retenez-vous de cette analyse ?
La FNSEA a tenu un conseil fédéral le 25 septembre dernier, au cours duquel toutes les régions de France ont exprimé leur désarroi et leurs attentes. Deux faits majeurs ont marqué ce temps fort : le premier étant le retournement du contexte général des prix à la production, le second, l’embargo russe sur les produits français.
L’impression générale qui s’est dégagée met en lumière les niveaux de prix insuffisants pour un grand nombre de productions, fruitières et légumières, face à une grande distribution sourde et entêtée. De même, la baisse importante des prix des grandes productions de masse (céréales, protéines, viandes, sucre... etc) provoque une alerte générale et une tension brutale des trésoreries d’exploitation sur cette fin d’année. 
Quand à l’embargo russe, il crée un engorgement de certaines productions (porcs, lait, fruits)             qui pèse sur les prix à la production. De nouveaux débouchés s’imposent ; ou encore, à l’exemple de la Pologne, incitons la restauration et les ménages à consommer français. Cette baisse générale des prix place l’agriculture française dans la même situation de crise qu’en 2009 : envolée des charges, addition de contraintes nouvelles, perte de compétitivité sur les marchés exports, d’où le doute qui s’installe chez de nombreux agriculteurs.

Le président de la FNSEA  est allé au-delà du seul constat en proposant, le 5 novembre prochain, une journée nationale d’actions avec une orientation vers les consommateurs. Pourquoi ce choix ?En effet, le président Xavier Beulin à clôturé ce conseil fédéral national sur une posture syndicale claire. Face aux membres d’un gouvernement sourds aux revendications du monde agricole depuis plusieurs semaines mais aussi face au ministre de l’Agriculture qui évite les rencontres avec les élus des fédérations départementales, la FNSE  - devant ce constat inacceptable - a décidé de cesser toute concertation, de refuser toute nouvelle réglementation ou contrainte, contribuant à dégrader la compétitivité de nos exploitations.
Pour cela, huit points « durs » ont été clairement identifiés, dont le soutien sans retenue à la consommation française de produits alimentaires fabriqués ou produits en France. Un appel est d’ailleurs lancé à la restauration hors foyer :  « deux repas sur trois à base de produits français». Cette démarche a pour but de compenser les effets néfastes de l’embargo russe et, surtout, de relancer la consommation citoyenne de produits agricoles locaux de qualité.  Ce que l’on peut résumer par « manger français pour produire français ». Le mois d’octobre nous laisse quatre semaines pour porter ce message citoyen auprès des  collectivités disposant d’un service restauration, mais également auprès des consommateurs.          
La journée d’action nationale, prévue le 5 novembre, ponctuera ces démarches d’incitation et permettra d’afficher nos attentes vis à vis de nos administrations et ministères.

« Manger français » dans les cantines scolaires et autres  lieux publics est plus que souhaité par Xavier Beulin. Comment traduire cette volonté dans les faits ?
Il nous faut convaincre les collectivités territoriales (conseil Général, conseil Régional, agglomérations) pour que, dans les collèges, les lycées, les cuisines centrales, les administrations, les hôpitaux, les maisons de retraite, cet appel soit entendu de tous, même si, parfois, des notions budgétaires viennent interférer. Il y va de l’avenir de nos productions agricoles, qui, sans ce nouvel élan, risquent de disparaître de notre assiette. C’est un réflexe citoyen que nous espérons. Et à ceux qui nous diraient que l’offre est insuffisante,  nous leur répondons  « essayons ». Évidemment, nous attendons une réaction de la grande distribution qui doit accepter de mieux rémunérer les producteurs pour la fourniture locale de produits frais de qualité, sans quoi, elle devra chercher plus loin et plus cher.


(...)


La suite de cet interview dans l'Eure Agricole et Rurale du 09/10/14, page 04

FNSEA et JA : huit revendications avant l’action



1 - La répartition économique de l’embargo, à savoir sur d’autres fonds que ceux de la Pac.

2 - Deux plats sur trois d’origine française dans la restauration hors domicile ;pour les GMS, honorer les promesses de l’ancien ministre Arnaud Montebourg faites  en juillet (parution des décrets de la loi Hamon) et concrétiser les contrôles et sanctions annoncés.

3 - Non au péage de transit ; non également à la hausse de taxes : énergie, phytosanitaires, eau.

4 -Abandonner l’application du compte pénibilité à l’agriculture ; et lever les contraintes qui empêchent l’apprentissage des mineurs. Baisse immédiate du coût du travail par la  suppression des cotisations « famille et maladie » compensée par une TVA sociale. Et maintenir les dispositifs existant d’exonérations de charges sociales sur les saisonniers.

5 - Versement par anticipation des aides Pac au 16 octobre pour tous ; augmenter les enveloppes de prise en charge des cotisations sociales et d’étalement sans pénalité de cotisations. En assurance, mettre en place une couverture de base pour toutes les exploitations et toutes les productions, disposer d’un dispositif d’épargne défiscalisée, la déduction pour aléas, adapté à chaque entreprise, plus simple et plus souple.

6 - Une année blanche sur les contrôles verdissement-Pac. Des MAEC accessibles et applicables, en particulier en zones intermédiaires et en polyculture-élevage.

7 - Directives nitrates, non au zonage tel qu’il est annoncé, l’Etat et les Régions doivent financer la mise aux normes avec un plan ambitieux de modernisation des élevages, autoriser l’entretien efficace des cours d’eau, réduire par deux les délais d’instruction et de recours sur les projets d’investissement (ICPE, méthanisation, stockage eau...)

8 - Loups et sangliers, des battues pour une obligation de résultat.

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