L'Eure Agricole Et Rurale 04 décembre 2014 à 08h00 | Par F. Carbonell

Crimart : de nouveaux adhérents et de bons résultats

L’exercice 2012-2013 pour la coopérative légumière de Criquebeuf-sur-Seine n’avait pas été bon. Celui qui vient de se clore est beaucoup plus encourageant.

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- © F Carbonell

Le vendredi 25 novembre à Criquebeuf-sur-Seine s’est tenue l’assemblée générale annuelle de la coopérative légumière « Crimart ».  Forte d’une trentaine d’adhérents, cette coopérative résiste bien dans un contexte économique extrêmement tendu autour d’une production de légumes « où la concurrence vient de partout et les prix peinent à se maintenir ». 
Réalités quotidiennesA l’heure du bilan de l’année écoulée, le président M. Labiffe s’en est tenu aux réalités quotidiennes de la coopérative. « Nous avons un exercice positif et pas seulement sur le plan du bilan comptable » explique-t-il. « Le fait majeur de l’exercice tient surtout au renouvellement dans l’effectif adhérents. Nous restons sensiblement le même nombre mais les départs en retraite ont été compensés par l’arrivée de nouveaux adhérents. Il s’agit, pour la plupart, d’exploitations plus importantes. Enfin, quelques uns de ces nouveaux adhérents viennent de départements voisins comme le Calvados, de la région de Caen en particulier. »
Il faut souligner aussi que le secteur « traditionnel » des légumiers de la coopérative que représente le territoire de Criquebeuf-sur-Seine souffre aussi d’une pression foncière qui ne facilite pas vraiment la production légumière et les installations. L’activité de la coopérative s’est donc maintenue avec des débouchés assez classiques, entre deux centrales d’achat Lidl mais aussi au Min de Paris. Les produits essentiellement commercialisés ne changent guère d’une année à l’autre : salades, poireaux, radis, courgettes en saison et poireaux et choux l’hiver.

Quant aux prix payés aux producteurs, c’est loin d’être encourageant… « Ils n’évoluent pas. Par contre, les charges ne cessent de progresser. » D’ailleurs, l’un des adhérents présents ce vendredi soir rappelle « qu’en 1994, on facturait le chou fleur 47 francs le colis de 6 pièces. Aujourd’hui, nous sommes à peine 8 euros. Le prix est resté quasiment le même. Par contre, dès que l’on détaille nos charges, nous ne sommes plus du tout au même niveau ! Ce grand écart ne pourra durer éternellement. Surtout que le travail est aussi exigeant. »

Prudence et rigueur
A ce constat sans concession, les producteurs soulignent aussi les difficultés de recruter de la main d’œuvre. « Certes, le métier n’est pas facile mais quand même. Quand on voit le nombre de chômeurs en France et que nous ne pouvons trouver de main d’œuvre, c’est incompréhensible. » Et du côté de Pôle emploi, « nous avons de plus en plus de mal à trouver. » Finalement, seul le réseau des connaissances permet de trouver des salariés.


(...)


Côté bilan financier, maintenant : tous les indicateurs sont au vert. De la marge commerciale (314 767 euros contre 241 054 euros sur l’exercice précédent) en passant par un EBE positif de 19 234 euros contre – 5 582 euros. Enfin, le résultat de l’exercice  affiche un + 9 091 euros contre          - 7 619 euros sur l’exercice 2012-2013. Même si ces chiffres « n’affolent pas les compteurs », ils prouvent surtout la rigueur avec laquelle les responsables de la coopérative conduisent les affaires.

 

(...)

 


La suite de cet article dans l'Eure Agricole et Rurale du 04/12/14, page 05

Comme une parenthèse inattendue...


Ils étaient une vingtaine d’adhérents ce vendredi dans  la petite salle du Presbytère de Criquebeuf-sur-Seine. A la conclusion de l’assemblée, le débat pouvait s’engager. Simplement. Il n’y aura d’ailleurs pas de grandes envolées autour des difficultés rencontrées. Le quotidien des légumiers n’est pas facile mais ils n’ont pas l’habitude de se plaindre. Ils veulent vivre de leurs productions, c’est tout. Comme tous ceux qui vivent de la terre. Et même si les prix sont loin d’être satisfaisants actuellement, ce qui les insupportent aujourd’hui, c’est cet environnement contraint construit autour d’une sur-administration « délirante » et des charges en forte progression.
« Pourrons-nous encore tenir longtemps ? Je n’en suis pas sûr… » lance, sans élever le ton, l’un des adhérents. « Il n’y a pas un jour où nous ne sommes pas ponctionnés. Par contre, le travail reste le même, difficile… » Un constat qui ne surprend personne ce vendredi. Pour autant, il n’y aura pas de coup de gueule. Alors, résignés  les légumiers ? Sans doute. Mais pas seulement. Plutôt décontenancés par une société « qu’ils ne comprennent plus vraiment ». Comme une parenthèse inattendue, c’est à ce moment-là qu’un producteur d’une quarantaine d’années lance : « Avez-vous entendu le Pape à Strasbourg ? » La petite assemblée ne réagit pas. Comme si elle attendait la suite… qui est venue naturellement. «  Il a dit qu’il fallait remettre l’homme au cœur des préoccupations de notre société.  N’est-ce pas lui qui a raison ? »
FC

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Marielle Suire | 04 décembre 2014 à 15:32:51

Bonjour, Une grosse erreur sur le prix du chou-fleur : il s'agit du prix au colis de 6 pièces et non le prix au kg...

la rédaction | 04 décembre 2014 à 15:56:41

Bonjour, merci pour votre lecture attentive et votre réactivité. Effectivement entre les kilogrammes et les colis de 6 pièces, nous étions un peu "dans les choux". Nous avons corrigé cette erreur. Nous essayons d'être précis et exact dans nos écrits. Mais parfois, pressés par le temps et les assemblées générales qui se succèdent en fin d'année, nous laissons passer des coquilles. En espérant que nos lecteurs maraîchers ne nous en veulent pas trop. Cordialement, la rédaction

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