L'Eure Agricole Et Rurale 27 novembre 2013 à 08h00 | Par propos recueillis par F. Carbonell

Congrès des Safer - Des types de propriétés à suivre de près

A quelques heures de l’ouverture officielle du congrès national de la Safer à Evreux, son président Emmanuel Hyest répond à nos questions.

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"La réalité c’est que, quel que soit le lieu, un hectare de terre agri-cole qui disparait, c’est un hec- tare qui manque."
"La réalité c’est que, quel que soit le lieu, un hectare de terre agri-cole qui disparait, c’est un hec- tare qui manque." - © FC

"Le thème de ce congrès « les différents types de propriétés »propriétés » va être au cœur de vos travaux. Qu’est-ce qui vous a incité à le choisir ?"

Il faut d’abord rappeler qu’historiquement la propriété était privée et individuelle. Cette situation est en train d’évoluer très vite. Et les Safer sont au premier plan pour s’en rendre compte par leur rôle d’observateur du marché. Nous avons aujourd’hui différents types de propriétés. D’abord, des propriétés que je qualifierai, entre guillemets, de collectives. A savoir celles qui appartiennent aux collectivités territoriales ou encore au conser- vatoire du littoral, aux parcs natu- rels. Il y a également des formes de propriétés appartenant à dif- férentes fondations.

Après, il y a les fonds d’investissement qui ne sont plus des propriétaires privés individuels. C’est un phénomène complètement nouveau qui peut banaliser la propriété. Enfin, autre phénomène très récent, la propriété sous forme de part sociale. Dans ce cas précis, on dilue la propriété foncière dans des parts sociales. Nous sommes là, à l’antithèse de ce que devrait être la propriété foncière. Une « formule » qui est d’ailleurs souvent, très souvent, loin de ce que souhaite la majo- rité des propriétaires.

Bref, avec toutes ces formes de propriétés, et si nous voulons faire un peu de prospective, il est essentiel de nous poser les bonnes questions.

Et au regard de l’ampleur du sujet, cela méritait d’y consacrer du temps dans le cadre de ce congrès. Ce sera l’occasion de la présentation d’une étude mettant en lumière l’ampleur de cette évo- lution de la propriété. Avec plusieurs pistes de réflexion appor- tées par cette étude qui, j’en suis sûr, ouvriront parfaitement le débat.



La consommation excessive du foncier agricole demeure l’une des problématiques les plus importantes auxquelles vous avez à faire face depuis plusieurs années. Y-a-t-il aujourd’hui une vraie « prise de conscience » des acteurs concernés par ce sujet ?

Elle est et demeure la principale problématique à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés en France mais aussi en Europe et dans le monde.

Même si aujourd’hui il y a une vraie prise de conscience, elle n’est malheureusement pas vrai- ment suivie d’effets. Il y a beau-

coup d’élus locaux qui se disent qu’il faut préserver le foncier agri- cole. Mais nombre d’entre eux estiment trop souvent que c’est chez le voisin que cela doit être fait car, chez eux, il n’y a pas de problème.

La réalité c’est que, quel que soit le lieu, un hectare de terre agri-cole qui disparait, c’est un hec- tare qui manque. A la fois pour la production alimentaire, pour la production énergétique mais, au-delà, pour la production de biomasse.

(...)

- © EAR

 


Retrouvez un dossier spécial
sur le congrès Safer dans l'Eure Agricole et Rurale du 28/11/13,
pages 01-02-35 et 36,
avec des interviews de Jean-Louis Destans,  président du conseil Général, Michel Champredon, président du GEA.

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