14 septembre 2021 a 08h00 | Par LAURA BEHEULIERE

Circul’Egg, la bonne idée sortie de sa coquille.

Circul’Egg a pour objectif de valoriser les coquilles d’œufs et leur membrane intérieure en différents produits destinés à l’alimentation animale, à la nutrition et à la cosmétique. La toute jeune entreprise vient de rejoindre le Village by CA Nord de France.

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Aujourd’hui, la petite équipe souhaite passer du prototype au pilote, avant la phase d’industrialisation.
Aujourd’hui, la petite équipe souhaite passer du prototype au pilote, avant la phase d’industrialisation. - © DR.

Chaque année en France, les usines de transformation d’œufs produisent 40 000 tonnes de coquilles, notamment les casseries qui les transforment en ovoproduits destinés à l’agroalimentaire. 40 000 tonnes de coproduits aujourd’hui peu ou pas valorisées. C’est de ce constat qu’est née Cirul’Egg, sous la houlette de Yacine Kabeche, jeune ingénieur diplômé d’AgroParisTech.

 

Nouvel or blanc et brun

L’idée ? Utiliser ces coquilles, ainsi que leur membrane intérieure - toutes deux sources importantes de minéraux - pour créer de nouveaux produits. Yacine Kabeche a été rejoint par Idris Ben Saber, responsable industrialisation et process, puis l’équipe s’est étoffée. Elle est constituée aujourd’hui de cinq personnes. Sortie de sa coquille, l’idée a convaincu en haut lieu puisque l’entreprise vient de rejoindre le Village by CA Nord de France, qui se définit comme « accélérateur de start-up ».

Mais revenons aux débuts de Circul’Egg. Piqué d’intérêt par l’économie circulaire, qui consiste à produire des biens et services de manière durable en limitant le gaspillage, Yacine Kabeche contacte différents directeurs d’usines, s’intéresse à l’agroalimentaire, creuse le sujet. « J’ai compris qu’il y avait une brèche, explique-t-il. Qu’il y avait beaucoup de coproduits non valorisés, ou alors sous valorisés. J’ai notamment discuté avec le directeur bienveillant d’une casserie, et je me suis concentré sur les œufs. » Et plus précisément sur leurs coquilles.

 

Haute valeur ajoutée

Il se rend vite compte que le coproduit visé se compose de deux parties : la coquille externe et la membrane. « On a alors développé un procédé industriel pour séparer ces deux éléments », précise Yacine Kabeche. La coquille, riche en calcium, pourra être valorisée dans l’alimentation animale (animaux de compagnie, mais aussi animaux d’élevage comme les poules pondeuses, les porcs, les vaches...) ainsi que dans la fabrication de compléments alimentaires. « La membrane, quant à elle, est notre produit à haute valeur ajoutée, confie le jeune homme. Elle est riche en biomolécules d’intérêt ».

Le produit peut ainsi être « utilisé pour soutenir la fonction articulaire et pour des applications cosmétiques, peut-on lire sur le site de l’entreprise. [...] La membrane coquillière est le seul produit qui renferme une très grande diversité de molécules fonctionnelles comme l’acide hyaluronique, le collagène et la chondroïtine sulfate ». Cette matière première peut ainsi être utilisée dans l’alimentation animale, les compléments alimentaires ou la cosmétique.

 

Impliquer les éleveurs

Les acheteurs potentiels peuvent donc être nombreux et variés. Et l’entreprise compte bien fidéliser ses fournisseurs. « On souhaite reverser un pourcentage aux casseries, ainsi qu’aux éleveurs qui fournissent les œufs, pour pérenniser l’activité », souligne Yacine Kabeche.

Aujourd’hui, la petite équipe souhaite passer du prototype au pilote, avant la phase d’industrialisation. « Nous souhaitons commencer la commercialisation de nos produits à partir d’octobre grâce à notre usine pilote, précise le jeune directeur. Fin 2022, on pourrait traiter l’ensemble des coquilles d’une première casserie. » Ce premier partenariat devrait être situé soit en Bretagne soit dans le nord de la France. En attendant, l’intégration au Village by CA leur permet notamment de bénéficier d’un accompagnement personnalisé, et de rencontrer des professionnels.

Dans le même temps, l’équipe organise actuellement une levée de fonds « pour financer l’industrialisation du process. Notre besoin total est d’un million d’euros ». L’objectif, à terme : équiper un maximum de casseries en France (le fondateur de Circul’Egg en recense 53), puis en Europe.

L’équipe ambitionne ensuite de réitérer l’expérience avec d’autres coproduits industriels en mal de valorisation. Mais ça, ce sera quand leur premier projet aura totalement éclos et pris son envol.

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