Aller au contenu principal

Céline et le coucou des enfants.

« Tout le monde se permet de nous donner des leçons alors, quand on me donne la parole, je la prends », s’amuse Céline Vannier. Peut-être même quand on ne lui donne pas. Ce qui lui plait aussi, du haut de son tracteur, c’est faire coucou aux enfants de l’école. Un curseur de bonne entente.

« Seul dans son coin, on ne pèse pas lourd. C’est collectivement que l’on s’en sortira ».
« Seul dans son coin, on ne pèse pas lourd. C’est collectivement que l’on s’en sortira ».
© TH

Ras-le-bol de la vie parisienne. Après avoir été directrice adjointe dans l’hôtellerie-restauration, Céline Vannier a finalement décidé de reprendre l’exploitation familiale située à Harcourt (27). C’était en 2015. Au volant de son tracteur 500 à 600 heures par an, il lui arrive de couper la radio « marre que tout le monde et n’importe qui se permettent de nous donner des leçons ». Une défense passive qui ne masque pas un activisme de communicante au service de la profession agricole. Il y a une dizaine de jours, elle a répondu à une interview d’une journaliste d’ARTE Radio. « Une émission sur la botanique. J’y ai parlé de la culture du lin ».

Moins prolixe sur la toile que certains de ses collègues de FranceAgriTwittos, Céline ne ménage pas pour autant sa peine. Elle assume des responsabilités au sein du bassin d’alimentation en eau, à la Chambre d’agriculture et au conseil municipal d’Harcourt dont elle est la seule représentante de la profession agricole.

 

Ne pas se laisser faire

« Je ne me laisse pas faire, alors ça se passe bien. Il y a un peu de tension, notamment à l’automne avec la circulation des camions de betterave, mais on arrive quand même à s’entendre ». Ce qui la rassure, ce sont les coucous qu’elle donne et reçoit du haut de son tracteur quand elle passe devant les murs de l’école et que les élèves sont en récréation. Ça lui rappelle aussi des souvenirs. Petite, elle faisait déjà coucou à son papa et ses collègues. Ce curseur de  bon voisinage n’a pas bougé.

Ce sont les adultes, souvent par méconnaissance, qui posent le plus de problèmes. Céline a d’ailleurs failli elle aussi tomber dans la marmite de précuisson de l’agribashing. « Je me souviens, dans ma vie d’avant, avoir demandé à mon père pourquoi il mettait tant de pesticides, tant d’engrais, reconnait-elle. Je ne savais pas. Le fait d’apprendre m’a fait changer de regard ». Et de comportement aussi, car attaquée, Céline Vannier sort les griffes, gentiment, mais fermement. « On ne fait pas n’importe quoi. Nous n’utilisons que des produits autorisés dans des conditions optimums ». Ces conditions, c’est par exemple l’autoguidage « avec une précision de 2 cm », illustre-t-elle au volant de son Case IH Puma 200 cv en préparant ses terres à betteraves. Et à propos de betteraves, justement, malgré la dérogation, elle a fait le choix de se passer des semences traitées aux néonicotinoïdes. Cela n’empêchera peut-être pas certains maires locaux virulents de la traiter de tueuse d’abeilles.  Alors elle sortira de nouveau les crocs. En attendant, et en complément, c’est à la défense collective qu’elle appelle à la mobilisation. « Tout seul dans son coin, on ne pèse pas lourd. Certains critiquent la fédé, mais c’est elle qui nous défend. Il est très important de pouvoir s’appuyer sur un syndicat le plus fort possible ».

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Christophe Guicheux, président GDS27
"Nous devons continuer à travailler sur la prévention, la surveillance et la maîtrise des maladies."

Christophe Guicheux, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis agriculteur à…

Le franc-parler de Joel Salatin lui vaut une réputation
de " fermier rebelle ".
Salatin, le " pousseur d'herbe ".
À l'occasion du 250e anniversaire de la création des États-Unis, notre journal brosse le portrait d'une personnalité américaine…
"La souveraineté alimentaire, ça se cultive."

Nous devrions être en période d'ensilages de maïs mais, cette année, les ensileuses sont rangées. Comment…

Éviter les semis trop précoces.

La campagne 2025-2026 a permis des bons créneaux d’implantations des céréales. La plupart des semis se sont déroulés dans de…

Bilan de la protection des busards dans l'Eure animé par Anthony Le Pennec de la DDTM de l'Eure.
Protection des busards dans l'Eure : un bilan 2026 encourageant
Le vendredi 9 octobre, pour la première fois dans l'Eure, une soirée dédiée à la protection des busards a réuni les acteurs…
La réussite d'un recrutement dépend aussi de la qualité de l'intégration du salarié dans l'entreprise.
Les FDSEA de Normandie lancent un service d'aide au recrutement.
Recruter est devenu un véritable défi pour de nombreuses entreprises agricoles. Entre le manque de candidats, les difficultés à…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole