L'Eure Agricole Et Rurale 05 mars 2020 à 08h00 | Par MATHIEU ROBERT, IVAN LOGVENOFF

Ce qu'il faut retenir de la visite de Macron au SIA.

Retraites, taxe Airbus, plan protéine, mal-être agricole. Ce qu'il faut retenir de la visite du président de la République au Salon de l'agriculture.

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Le président a été accueilli par les leaders syndicaux FNSEA et JA qui l'ont questionné sur les principaux sujets
sensibles: les distorsions de concurrence, l'application des ZNT, celle de la loi Egalim, entre autres
Le président a été accueilli par les leaders syndicaux FNSEA et JA qui l'ont questionné sur les principaux sujets sensibles: les distorsions de concurrence, l'application des ZNT, celle de la loi Egalim, entre autres - © LA MARNE AGRICOLE

Tout portait à anticiper une courte visite.

L'Elysée avait prévenu que la venue d'Emmanuel Macron pourrait être plus rapide que lors de la précédente édition, au cours de laquelle il avait battu un record de durée. Pas non plus de discours formel prévu, contrairement à l'an passé. Et son ministre de l'Agriculture Didier Guillaume avait dévoilé la veille que le président pourrait même ne pas inaugurer le salon si les négociations à Bruxelles sur le projet budget européen, qui avaient débuté le 20 février, venaient à s'éterniser jusqu'au 22, jour d'ouverture du Parc Expo.

Les discussions budgétaires ont finalement achoppé, Emmanuel Macron était bien vers 8 heures Porte de Versailles, où il resta bien après la fermeture, jusque vers 21 heures, pour une visite qui se déroulera dans une ambiance globalement calme.

 

RECENTRAGE SUR L'EXPORT ET LA COMPÉTITIVITÉ

Plusieurs fois au cours de la journée, le président de la République est revenu sur la demande du syndicalisme agricole d'étendre aux agriculteurs actuellement retraités le bénéfice d'une pension plancher à 85 % du Smic. « Tous ceux qui rentreront dans le nouveau système, contrairement à l'ancien, auront une garantie de retraite minimum. Est-ce que je peux vous dire : tous les (agriculteurs) retraités d'aujourd'hui peuvent rentrer ? C'est impossible. C'est impossible, parce que c'est (un coût de) 1,1 milliard», a répondu Emmanuel Macron. Ce chiffre de 1,1 milliard correspondrait à une revalorisation des pensions des retraités actuels et de leurs conjoints, a précisé le chef de l'État, interrogé par l'AFP. « Si je dis ça pour les agriculteurs, qu'est-ce que je dis aux commerçants, aux artisans, aux indépendants qui sont exactement dans la même situation ? », a-t-il ajouté.

Selon le cabinet du ministre de l'Agriculture, l'Elysée reste ouvert à une revalorisation pour les retraités actuels ; mais elle ne se ferait pas dans le cadre des projets de loi retraites en cours d'examen. Elle pourrait intervenir dans le cadre du « projet de loi de finances 2021 », à condition qu'une proposition « financée » lui soit faite. Les discussions pourraient débuter en juin 2020, ajoute-t-on. À l'occasion de son déjeuner avec les présidents des interprofessions, le président de la République a largement évoqué les problématiques de compétitivité et d'export, à la satisfaction de plusieurs professionnels présents. « Il a compris nos préoccupations, rapporte Guillaume Roué, président de l'interprofession porcine. La compétitivité est placée au centre, même si les considérations environnementales sont une épée de Damoclès ». Plusieurs professionnels rapportent qu'Emmanuel Macron a insisté sur le fait que d'autres pays européens étaient également sous pression sur les questions environnementales.

Le président aurait évoqué des objectifs à l'export : rouvrir le marché russe, continuer la dynamique en Chine et rebondir en Afrique. Le Pacte productifa également été abordé; lesecteur agricole devrait êtreconsulté prochainement afinde faire des propositionssur la manière dont il souhaite être soutenu, auraitannoncé le président. « Cette fois-ci, il ne nous a pas tiré les oreilles », conclut en souriant Guillaume Roué, probablement en référence au discours de Rungis d'Emmanuel Macron au cours du duquel il avait été très critique des stratégies à l'export de certaines filières.

 

UNE COMPENSATION ATTENDUE POUR LE PRINTEMPS PAR LES VITICULTEURS

Face à la décision américaine de maintenir à 25 % les droits de douane additionnels sur leurs produits, le président de la République « a pris l'engagement qu'il allait porter la demande d'un fonds de compensation auprès de l'Union européenne » dans le cadre du contentieux aéronautique américano-européen et qu'il allait « faire en sorte que d'ici le printemps ce fonds de compensation puisse se mettre en place », a déclaré Jerôme Despey, viticulteur et secrétaire général de la FNSEA, à l'issue de l'entretien de la profession avec Emmanuel Macron. « Nous avons dit au président que la viticulture subissait les représailles d'un conflit qui n'est pas le nôtre, avec un chiffre d'affaires de 300 à 400 millions d'euros de moins » pour la filière française sur le marché américain, a-t-il ajouté.

Lors de sa rencontre avec des représentants des productions grandes cultures, le président de la République aurait annoncé le projet en cours de nommer un délégué interministériel dédié à la sortie de crise de la filière sucrière, rapporte le président de la CGB (betteraviers), Franck Sander. Emmanuel Macron aurait précisé que ce délégué aurait un accès au Premier ministre, précise-t-il. « Le président a pris conscience de la situation », se félicite le betteravier. Une annonce a également été faite à destination des oléoprotéagineux.

Le président de la République aurait évoqué une piste de financement « hors Pac » de 50 millions d'euros pour abonder le prochain plan protéine, rapporte le présidentde la Fop (oléo-protéagineux), Arnaud Rousseau. Ces fonds seraient issus du Green Deal, la nouvelle politique d'investissement présentée en décembre par la Commission européenne. Emmanuel Macron aurait par ailleurs « reconnu que le travail n'avançait pas assez vite » sur ce dossier.

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