Aller au contenu principal

Après « Nous paysans », ma lettre à Elise.

Benjamin Chamoy, polyculteur-éleveur à Romilly-la-Puthenaye (27) et son père, Didier, ont particulièrement apprécié le documentaire « Nous paysans », diffusé sur France 2 le 23 février dernier. Docu dans lequel ils figurent et où ils se sont reconnus. Et si c’était l’occasion d’écrire à Elise.

Benjamin Chamoy au centre entouré de son père Didier et de Thomas Beaumesnil, stagiaire en bac pro au lycée du Neubourg. Le téléphone a chauffé dès le lendemain de la diffusion. « J’ai reçu beaucoup de messages de soutien, ça fait chaud au cœur ».
Benjamin Chamoy au centre entouré de son père Didier et de Thomas Beaumesnil, stagiaire en bac pro au lycée du Neubourg. Le téléphone a chauffé dès le lendemain de la diffusion. « J’ai reçu beaucoup de messages de soutien, ça fait chaud au cœur ».
© TG

Ma tendre Elise, je sors de chez Benjamin Chamoy. Il est céréalier et éleveur à Romilly-la-Puthenaye dans l’Eure et est passé dans le documentaire « Nous paysans » diffusé sur France 2 le 23 février dernier. « C’est merveilleux cette communication positive, ça fait chaud au cœur. J’ai reçu plein de messages de sympathie après la diffusion », m’a-t-il confié.

 

Même pas peur

Même pas peur, Benjamin, et pourtant... La télévision française, et plus particulièrement France 2 à travers ses émissions anxiogènes comme « Cash Investigation » ou bien encore « Envoyé spécial », ne fait pas dans la dentelle quand elle traite d’agriculture. Elle utilise bien souvent des clichés préformatés non pas pour montrer une vérité, mais pour abonder le discours qui lui sied. Un discours basé sur le doute et la suspicion, voire la peur. Un discours bien souvent à charge et dans le sens du bien-pensant parisien qui veut toujours laver plus vert que vert. Les méchants sont toujours du même côté : celui du syndicalisme agricole majoritaire et de l’agriculture qualifiée de « productiviste » pour éviter d’utiliser le terme de « conventionnelle ». Je me souviens de Damien Lacombe (président de Sodiaal) jeté en pâture à la vindicte populaire dans « Cash Investigation » en janvier 2018. Un reportage où le fils de Raymond Lacombe (président de la Fnsea de 1986 à 1992 aujourd’hui décédé), et de Marie-Thérèse Lacombe, était filmé dans un bureau qui ne ressemblait en rien à son quotidien. Sa contradictrice avait été sous sa stabulation selon une mise en scène savamment orchestrée. Pan sur le bec des grosses coopératives. La proie du jour à abattre.

Rien de tout cela dans « Nous paysans ». Benjamin a été directement approché par Agnès Poirier, réalisatrice avec Fabien Béziat de ce documentaire. Elle cherchait une famille historiquement ancrée à un territoire. Ça tombe bien, « cela fait 5 générations que nous sommes là », commente Didier, le père de Benjamin.

 

Savoir rebondir

Le tournage s’est déroulé en octobre dernier. La matinée en extérieur consacrée aux plans de coupe. L’après-midi dans la salle à manger pour le son. « Nous avons reçu un lien pour visionner en avant-première le docu. Tout s’est déroulé dans la confiance et la transparence, aucune trahison, a apprécié notre agriculteur. La formidable évolution de l’agriculture avec ses enjeux majeurs a été mise en avant. Cela va nous aider à nous reconnecter avec la société. C’est un bon tremplin pour communiquer positivement sur les bases de notre métier ».

Personnellement, je n’ai pas trop apprécié la scène d’épandage de produits phytosanitaires, des « pesticides » préfères-tu Elise, par hélicoptère. Cela se pratique encore outre-Atlantique, mais ne l’a été qu’à la marge en France. Jamais vu les pales d’un « pulvhélicoptère » dans le ciel de Normandie. Mais même là-dessus, Benjamin ne trouve rien à redire. « Ce traitement dans les vignes sans aucune protection et cet arrosage par hélicoptère illustrent parfaitement tous les progrès et efforts que nous avons réalisés en la matière. Aujourd’hui, c’est du bas volume avec des buses anti-dérive, des coupures de tronçons grâce au GPS et dans des conditions météo contrôlées et contrôlables ».

Alors merci Agnès et Fabien pour ce formidable travail, sans compromis ni parti pris, qui réconcilie le monde paysan avec France 2. N’oublions pas non plus France 3 Normandie qui, en proximité, a également fait le job. Tu vois Elise, on peut parler d’agriculture sans se fâcher, en parler autrement, en parler justement sans remettre en cause sa déontologie journalistique. Confraternellement.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Vaccination généralisée, dépeuplement, transmission : le vrai/faux de la DNC pour être bien informé.

Les réponses à toutes les questions que vous vous posez sur à la DNC : vaccination généralisée, dépeuplement, soin des animaux…

10 000 agriculteurs européens à Bruxelles.

Jeudi 18 décembre, Bruxelles a été le théâtre d’une mobilisation inédite : 10 000 agriculteurs des 27 Etats membres de l’UE…

Un niveau de participation très satisfaisant pour un bel anniversaire. Il a fallu rajouter des chaises.
Sevépi : à 20 ans elle croque la qualité à pleines dents.
"20 ans de qualité". Tel était le titre du rapport d'activité de Sevépi qui a tenu son assemblée générale le 9 décembre…
Sébastien Lecornu, Premier ministre, s'adresse aux agriculteurs.
Lettre ouverte du Premier ministre aux agriculteurs de France.
Mesdames et Messieurs, Je ne vous écris pas pour vous rassurer, mais pour vous dire les choses clairement.
Quel matériel utiliser pour nettoyer et pailler les logettes ?

L’entretien quotidien des logettes est une opération indispensable pour assurer le confort et le bon état sanitaire des bovins…

Véritable succès pour les parades des tracteurs illuminés !

Afin de célébrer les fêtes de fin d’années, les jeunes agriculteurs de l’Eure ont paré leurs tracteurs de guirlandes…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole