L'Eure Agricole Et Rurale 16 février 2017 à 08h00 | Par L'Eure Agricole

Adhérer à l'ADAPFR pour défendre le monde rural

FONCIER Les agriculteurs, les propriétaires fonciers et de la ruralité se sont regroupés pour défendre leurs intérêts face au projet de la Ligne Nouvelle Paris Normandie.

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Les trois tracés en vert, rouge et orange retenus par SNCF-Réseau pour le tronçon Mantes-Evreux.
Les trois tracés en vert, rouge et orange retenus par SNCF-Réseau pour le tronçon Mantes-Evreux. - © ADPFR

Plus de 50 adhérents de l'association de défense des agriculteurs, des propriétaires fonciers et de la ruralité (ADAPFR) se sont réunis le 7 février à Guichainville. L'occasion de tirer le bilan d'une année de fonctionnement.

Stop au gaspillage

Créée en mai 2016, l'ADAPFR a pour objectif de défendre les intérêts de ses membres face au projet de la Ligne Nouvelle Paris Normandie (LNPN) qui consommera du foncier agricole, sans pour autant améliorer réelle-ment les conditions de voyage des usagers. Stop au gaspillage de foncier agricole, voilà le leitmotiv des membres de l'ADAPFR.

Au terme d'une année, 170 adhérents essentiellement regroupés sur le projet de tronçon entre Mantes et Évreux ont rejoint l'as-sociation. Des représentants des Yvelines rejoignent petit à petit l'ADAPFR, car c'est bien le projet dans son ensemble qui doit être étudié. Pour cette première année de fonctionnement, le bureau de l'association s'est réuni à une fréquence mensuelle afin de préparer les réunions qui se sont déroulées en préfecture, au conseil départemental ou lors des ateliers de concertation avec SNCF-Réseau.

Les membres du bureau de l'ADAPFR, ayant également des casquettes d'élus locaux ont pu participer à ces réunions et obtenir des avancées. En effet, lors de la commission de consultation à la préfecture de l'Eure du 5 juillet dernier, la garante de la concertation a décidé de la mise en place d'une expertise indépendante sur la faisabilité d'un aménagement de la ligne actuelle. « Nous sommes opposés au projet qui est proposé actuellement. Nous souhaitons avant tout que le projet s'appuie sur l'a-ménagement de la ligne actuelle. La ligne sur la ligne, voilà ce que nous proposons » prévient Fabrice Moulard, président de l'association. De même, « nous voulons que le projet nous soit présenté dans sa globalité, pour envisager l'impact total du projet ».

Les tracés se précisent

Aujourd'hui, la mobilisation de l'association a permis d'obtenir une expertise indépendante sur la faisabilité de l'aménagement de la ligne actuelle. Il faut poursuivre cette mobilisation pour faire entendre la voix de la raison vis-à-vis d'un projet coûteux, démesuré pour un gain de temps minime entre Paris et Evreux. Luc Hebert, vice-président de l'association, ayant participé aux derniers ateliers de concertation a pu présenter les évolutions concernant les tracés. « Tout ce qui est présenté aujourd'hui doit être pris au conditionnel, car ce que présente SNCF-Réseau reste parfois flou, mais, au fur et à mesure des réunions, des hypo-thèses sont peu à peu abandonnées. » Aujourd'hui, il semble que les tracés sud soient privilégiés. De même, concernant les projets d'une nouvelle gare à proximité d'Evreux, les projets de Gravigny, Caillouët et Sassey seraient abandonnés. Seuls les projets du Coudray, de Nétreville et du sud de la Base Aérienne 105 persis-teraient. « Même si l'ensemble de ces don-nées ne sont jamais totalement arrêtés, il ne faut pas se laisser endormir, nous devons nous mobiliser » conclut Jean Bieuville, vice-président de l'ADAPFR. Il est donc important que les adhésions se poursuivent pour que l'association soit recon-nue par les porteurs du projet.

Cyril Cornille

Sur le tronçon Mantes-Evreux, trois tracés ont été retenus par SNCF-Réseau pour les zones de passage de la future LNPN. La ferme des Sablons sera impactée, quel que soit le scénario retenu. Au Plessis-Hébert, c'est l'indignation. Sandra et David Buisson, deux jeunes agriculteurs, montrent la nouvelle stabulation qu'ils viennent tout juste de faire construire, à l'écart des habitations, pour leurs vaches laitières. La ligne nouvelle Paris-Normandie passera juste derrière, morcelant leurs parcelles et rendant l'accès au bâtiment difficile pour leurs animaux qu'ils souhaitent voir pâturer davantage. Ils ont en effet un projet de transformation lopper la vente directe. « Il reste trois tracés et nous sommes impactés sur les trois scénarios. Cela concerne 20 hectares. Or, nous avons placé notre bâtiment à cet endroit pour développer le pâturage. » Pour accéder aux prairies qui seraient situées de l'autre côté de la ligne, il faudrait faire un détour de 20 kilomètres. « Pas très écologique », souligne David Buisson. « Il y a deux ans, quand nous avons décidé la construction, nous n'avions pas entendu parler de ce projet. Nous avons eu du mal à obtenir le permis de construire car cela mangeait des terres agricoles. Bien moins pourtant que ce projet de ligne », explique ils ont appris que le projet avançait, ils sont allés voir sur le site de SNCF-Réseau et ont rejoint l'association ADAPFR il y a sept mois. Son objectif est d'encourager la prise en compte de l'ancienne ligne, présente mais qui aurait besoin d'être rénovée. « Il y aurait quand même moins d'impact sur l'emprise des terres agricoles », confirme la jeune agricultrice.
Dans leur canton, il ne reste que deux éleveurs. « On vient de s'installer (novembre 2014 pour David et novembre 2016 pour Sandra NDLR) et on nous coupe l'herbe sous le pied. David a récupéré 70 hectares d'un ancien agriculteur qui voulait un JA sur de réunion publique pour informer les riverains et les agriculteurs, seule une consultation par le biais d'internet, carticipe.lnpn.fr, mais qui d'entrée a éliminé ceux qui n'ont pas d'accès internet. « Quand on leur en a parlé, nos voisins n'étaient pas au courant, on dirait qu'ils font cela en silence pour ne pas être embêtés », se demande Sandra. Les jeunes agriculteurs déplorent qu'il n'y ait pas de prise en compte sur le terrain, alors qu'il existe un impact social, économique et environnemental non négligeable.

L.G.

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