Aller au contenu principal

270 millions d’euros pour la filière porcine.

Le ministre de l’Agriculture a dévoilé le 31 janvier dans une conférence de presse le plan de soutien du Gouvernement à la filière porcine.

© REUSSIR

« C’est une crise inédite », pour le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie. « C’est une situation catastrophique que même les plus anciens n’ont pas connue », a ajouté François Valy, président de la Fédération nationale porcine. Avec des cours au plus bas et des perspectives peu réjouissantes, le Gouvernement a décidé d’engager un plan d’urgence en cinq points. Le ministère va tout d’abord débloquer une enveloppe globale de 270 millions d’euros (M€) répartie en trois aides. Une première aide d’urgence de 75 M€ sera versée entre le 15 et le 20 février, pour venir en aide aux producteurs en difficulté, notamment aux jeunes agriculteurs installés dans cette production. Une autre enveloppe de 175 M€ est prévue « dans les prochains mois », car intervenant directement sur les marchés, elle devra préalablement être soumise à l’approbation de la Commission européenne. Une troisième enveloppe de 20 M€ est débloquée pour l’exonération de charges sociales, en lien avec la Mutualité sociale agricole.

 

« Irresponsables »

Le deuxième volet de cette feuille de route consistera en la mise en place de loi Egalim 2. Sur ce point, Julien Denormandie a exprimé toute sa « fermeté » n’hésitant pas à traiter ceux qui ne jouent pas le jeu d’« irresponsables » et d’« antidémocrates ». « Je serai d’une sévérité totale. Tolérance zéro », a-t-il martelé. En guise de troisième volet, le ministre entend réguler le marché européen et profiter de la présidence française de l’Union européenne pour « créer un consensus » sur le sujet. Quatrième axe de cette feuille de route : le recours aux banques et notamment rendre les Prêts garantis de l’Etat (PGE) aux agriculteurs. Bien qu’il soit conscient que ce n’est pas toujours une solution, il sait compter sur « la Fédération française des banques qui a pris des engagements en ce sens ». Enfin dernier axe de ce plan de soutien : le développement de la demande auprès des consommateurs. Il va notamment solliciter FranceAgriMer pour abonder à hauteur de 100 000 euros, les campagnes de promotion du porc.


« Aucune visibilité »

Le ministre a justifié l’ampleur de cette aide par la possibilité de perdre environ 30 % des éleveurs de porcs dans les 12 à 18 mois « si on ne fait rien. Ils cesseraient leur activité. Or c’est un des maillons stratégiques de la souveraineté alimentaire », a-t-il affirmé. François Valy, a renchéri : « Un élevage français moyen est constitué d’environ 250 truies. Sur les six mois qui viennent, c’est 80 000 Ä de pertes assurées. Sur un an, nous n’avons aucune visibilité ». La FNP et l’interprofession réclamaient 440 MÄ d’aide. Elles saluent néanmoins « cet engagement significatif du ministre, même s’il ne comblera pas intégralement le trou des trésoreries », a indiqué la FNP dans un communiqué. L’actuelle crise porcine combine de nombreux facteurs défavorables : une hausse des charges de production, la réduction importante des importations par la Chine, la peste porcine africaine en Allemagne et en Italie qui, étant interdits d’exporter sur les marchés tiers, mettent leur production en vente sur le marché européen créant une surproduction et faisant chuter les cours. « Un effet ciseaux des prix d’une ampleur et d’une durée inédites », a souligné la FNP. Le ministre et l’ensemble des acteurs de l’interprofession ont convenu de se retrouver vers le 15 février pour faire un point d’étape, en particulier sur le volet européen de l’aide (175 M€).

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Eure Agricole.

Les plus lus

Pour le moment, l'offre mondiale de grains reste abondante, justifiant le maintien des cours à un niveau relativement bas.
Le marché des céréales dans l'expectative pour la prochaine campagne.
La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d'Ormuz, par où transitent d'importantes quantités de fertilisants et de…
La mise à disposition d'un logement permet de stabiliser les équipes saison après saison.
Logement des saisonniers : pas une obligation, mais une solution.
Pour beaucoup d'employeurs agricoles, le logement du salarié saisonnier est perçu comme une contrainte imposée. En réalité, la…
Viande bovine : la Normandie face aux mutations de la filière.
Au Salon de l'agriculture 2026, les allées réservées aux bovins étaient plus vides que jamais. Entre épidémies à répétition (MHE…
Evolution des stades du lin fibre d'hiver (semaine 12 : 17 mars à la semaine 14: 31 mars).
Le Bulletin de santé du végétal.

L'avancée des stades de céréales suit son cours grâce aux bonnes conditions météorologiques des dernières semaines. Les…

L'Assemblée générale s'est tenue au centre de formation de Canappeville.
De grosses structures à soutenir, "c'est nouveau de notre côté".
Jeudi 2 avril, l'association Solidarité Paysans a tenu son Assemblée générale au centre de formation de Canappeville.
Des normes strictes s'appliqueront aux produits importés d'Inde.
L'accord de libre-échange UE-Inde : ce n'est pas le Mercosur.
Le 27 janvier 2026, l'Union européenne et l'Inde ont officiellement conclu un accord de libre-échange historique. Après des…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 185€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site l'Eure Agricole
Consultez le journal l'Eure Agricole au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters du journal de l'Eure Agricole